mardi 5 décembre 2017

Le mystère de Jérôme Bosch par Peter Dempf


Résumé :

2013 : Madrid. Le Prado. Le Jardin des délices, célèbre triptyque du peintre flamand Jérôme Bosch, a été vandalisé par un prêtre dominicain. Le religieux, convaincu que l'œuvre dissimule un dangereux secret susceptible de nuire à l'Église, a lancé du vitriol sur le tableau avant d'être maîtrisé par les gardiens du musée.
Restaurateur de tableaux, Michael Keie se voit confier la tâche délicate de remettre le triptyque en état. Très vite, il fait une découverte stupéfiante : à plusieurs endroits, les couches de peinture altérées laissent transparaître des symboles cachés. Avec l'aide de son collègue madrilène Antonio de Nebrija, un vieil érudit fantasque, Keie va tenter de déchiffrer ces signes étranges.
1510 : Petronius Oris arrive à Bois-le-Duc dans les Flandres pour travailler aux côtés de Jerôme Bosch. Alors que la cité est envahie par les sbires de l'Inquisition, Petronius découvre que Bosch, initié à un secret hérétique, travaille en secret à un mystérieux triptyque.

Avec ses deux enquêtes parallèles, l'une dans le présent, l'autre dans le passé, qui se font écho pour percer le secret du célèbre Jardin des délices, Peter Dempf fait preuve d'une incroyable érudition et nous offre un suspense magistral qui tient en haleine jusqu'à la dernière page.

Avis :

Deuxième livre que je lis dans le cadre de la Team Thriller des éditions du Cherche Midi.

Avant toutes choses, il faut parler de la couverture ! Voici un livre-objet comme j'aime. La jaquette donne un côté très mystérieux en ne dévoilant qu'une partie de l'image en dessous. Puis quand on l'enlève, on a le droit à un sublime tableau ! Il s'agit du panneau central du "Jardin des Délices" de Jérôme Bosch dont il est question dans ce livre.

La quatrième de couverture annonce la couleur. Nous avons ici un "thriller" historique. J'ai d'abord pensé à un livre à la "Da Vinci Code" à la lecture du résumé. Mais cela va un peu plus loin car on jongle entre deux époques différentes. Le point commun de ces deux époques est le tableau de Jérôme Bosch qui semble receler bien des secrets.

L'histoire se déroule donc entre passé et présent. Cependant le passé a une part beaucoup plus importante que le présent. C'est là que se trouvent toutes les réponses aux questions que suscite ce tableau. Le présent est là pour apporter aussi quelques respirations à l'histoire. Il sert aussi à prendre du recul sur ce passé pour mieux comprendre les enjeux derrière ce tableau. 
Alterner entre deux époques n'est pas un exercice facile pour un auteur car on peut très facilement perdre le lecteur.

Le passé est une période très riches en personnages et en actions. La plupart des personnages ont réellement existé. On les découvre à travers les yeux de Petronius Oris qui est là pour travailler avec Jérôme Bosch comme apprenti. Ce personnage va se retrouver en très peu de temps à toute une série d'événements un peu malgré lui. L'auteur nous décrit très bien l'époque et ceux qui ont vécus. J'ai trouvé cela très réaliste. On ressent bien que l'auteur a fait un très gros travail de recherche.
Dans le présent, il y a peu de choses à dire. On sent bien dès le début que le personnage du prêtre et celui de la psychologue cachent des choses. Cela nous parait évident assez vite mais pour le restaurateur (qui est le personnage que nous suivons dans le présent) cela ne parait pas aussi évident. Du coup j'ai trouvé ce personnage trop faible, trop crédule. Ce personnage est celui du livre qui est le moins bien réussi.

Ce livre est un bon page-turner. Il s'en est fallu de peu pour que je dise que c'est un coup de cœur. J'étais certaine déjà que j'allais aimer cette histoire. Le faite de baser l'histoire sur des faits historiques et d'y mettre un peu de mystère en disant qu'il referme un secret : c'est le genre de lecture que j'aime.
Je n'ai pas été perdu entre le changement d'époque. Les retours dans le présent arrivent au bon moment pour souffler et laisser un peu de suspense. Ce que j'ai trouvé intéressant car pas habituel, c'est le faite que l'on comprenne qu'entre chaque chapitre du passé ou du présent, il se passe du temps. Cela ne m'a cependant pas gêné dans ma lecture.

Au final, l'histoire se tient même si il est parfois difficile de suivre le raisonnement pour comprendre ce tableau. Il faut vraiment attendre la fin pour avoir toutes les clés pour comprendre ce qui se cache derrière ce tableau. L'auteur sait nous garder en haleine et presque nous faire croire que toute cette histoire est vraie.

Les passionnés d'art et d'histoire devraient y trouver leur compte dans ce livre. Pour ma part j'y ai trouvé exactement ce que je cherchais : du mystère, de l'action et quelques nouvelles connaissances.

Editions : Cherche Midi - Date de parution : 28 Septembre 2017 - 464 pages

mercredi 22 novembre 2017

Bronx la petite morgue par Laurent Guillaume


Résumé :

Mike Dolan sort de prison et se retrouve dans le New-York des années sombres. La grosse pomme à pourri, la ville est devenue un taudis à ciel ouvert où les cadavres se ramassent à la pelle. Entre flics véreux, truands pervers et femmes fatales, il va avoir fort à faire pour retrouver les assassins de son frère. Sa solution ? Faire exploser la ville. Mais survivra-t-il au raz de marée qu'il va provoquer ?

Avis :

Tout d'abord, je tiens à remercier Babelio et French Pulp pour m'avoir envoyé ce livre via la Masse Critique de Babelio.
Laurent Guillaume est un auteur que je connais car j'avais lu et chroniqué son livre Delta Charlie Delta. Le style de cet auteur est plutôt sombre mais il fait partie de ces auteurs de polars qui viennent du milieu de la police donc c'est un style aussi très réaliste. Le réel est aussi dans ses histoires.

Ici l'auteur s'essaye à quelque chose de nouveau. Une histoire d'une autre époque, celle des gangsters dans le Bronx dans les années 1930 (supposition). Cette époque il va la retranscrire à merveille. Dès le début on sent cette ambiance très sombre, froide, mystérieuse voir même plutôt dangereuse. On est plongé dans l'Amérique pauvre où se mélange différentes nationalités, couleur de peau et milieux sociaux.

On va suivre l'histoire de Mike Dolan. Il sort de prison après avoir été accusé entre autre de braquage. Il veut retrouver une vie normale pour pouvoir envisager un avenir meilleur. Mais son passé, avec son frère disparu, va lui revenir en pleine face assez vite. 
Dès que certains sont au courant de son retour, les ennuis vont commencer. Mike va avoir envie de savoir ce qui est réellement arrivé à son frère. Il va devoir pour cela aller voir certaines connaissances qui ne sont pas toutes amicales. De plus le "roi du Bronx", comme il se nomme, veut qu'il vienne travailler pour lui. On se doute dès le début que ce n'est pas sans arrière pensé.
Chaque personnage, dans ce livre, a une part d'ombre plus ou moins grande. La plupart des personnages sont très dangereux. Mais tous sont le reflet de l'époque : le besoin d'argent amène à faire des choses plus ou moins légales...

Mais malgré toute cette obscurité dans l'histoire, il y a quelques personnages qui amène de la lumière et qui pour Mike auront une grande importance. 
La première c'est Cora. C'est une prostituée avec qui Mika a une relation particulière. On comprend que ces deux là ont des sentiments l'un pour l'autre. Mais vu le contexte et ce qu'il va se passer, on se demande si ils vont pouvoir vivre leur histoire d'amour.
Puis il y a Madame Orchard. Sans elle Mike sera à la rue. Ce personnage de son passé va lui être presque vital. Elle va lui donner un toit. Mais leur relation va se révéler plutôt surprenante. C'est une gentille dame pleine de générosité. Elle forcerait presque l'admiration d'avoir accueilli Mike qui pourrait lui causer des ennuis de par ses activités.

L'histoire est assez rapide et j'ai eu peur qu'elle ne soit bâclée. Mais cela n'est pas le cas. La construction fait que l'on a assez d'éléments sans aller trop vite et en oubliant quelque chose. On ne se perd pas du tout. Plus arrive la fin plus les questions se bousculent. Mais même en faisant des suppositions, on est très loin d'imaginer ce qu'il va se passer et ce qui s'est passé pour le frère de Mike.

L'auteur a vraiment respecté l'époque : aussi bien côté dialogue que décor ou que personnage. On respecte vraiment le style du polar américain de l'époque. La violence est présente tout au long de l'histoire mais c'est une violence qui correspond au Bronx de l'époque. Les différents personnages présents (gangsters, flics véreux, prostituées ou drogués) renforcent ce côté sombre. L'auteur ne prend pas de pincette et il y va cache comme eux le faisaient à l'époque.

Je ne suis normalement pas une fan de ce genre de polar mais j'avoue que je me suis laissé prendre et que la lecture fut agréable. Quand arrive la fin, on en veut un peu à l'auteur au début. Mais avec du recul, on comprend que les choses ne pouvaient pas finir autrement. Malgré tout on garde espoir jusqu'à la dernière page.



Edition : French Pulp - Date de parution : 18 Avril 2017 - 264 pages

samedi 18 novembre 2017

Un funambule sur le sable par Gilles Marchand


Résumé :

Naître, grandir, aimer, enfanter : rencontrez Stradi, un jeune homme qui, malgré son handicap de naissance, mène sa vie avec un optimisme invincible.

Stradi naît avec un violon dans le crâne. Cette anomalie rare fait la joie des médecins, et la souffrance de ses parents. D'abord condamné à rester à la maison, il peut finalement aller à l'école et découvrir que les plus grandes peines de son handicap sont l'effet de la maladresse ou de l'ignorance des adultes et des enfants. Mais, à ces souffrances, il va opposer chaque jour son optimisme invincible, hérité de son père inventeur et de sa mère professeur. Et son violon, peu à peu, va se révéler être un atout qui, s'il l'empêche de se concentrer sur ses devoirs, lui permet toutes sortes d'autres choses : rêver, espérer... voire parler aux oiseaux. Un jour, il rencontre l'amour en Lélie, une jeune femme déterminée qui s'éprend de lui. Ils vont s'aimer, se quitter, se retrouver, et faire couple. Jusqu'au moment où cette fantaisie permanente de Stradi va se heurter aux nécessités de la vie adulte : avoir un travail, se tenir bien, attendre la mort dans l'ennui le plus total. Comment grandir sans se nier ? Comment s'adapter sans renoncer à soi ? Stradi devra découvrir qui il est, s'il est défini par son handicap, ou s'il peut lui échapper. Est-ce lui qui est inadapté, ou le monde qui est inadapté ? 

Avis :

Depuis son premier livre, Une bouche sans personne, j'entends beaucoup parler de Gilles Marchand. Les critiques sur ces livres sont toutes plus élogieuses les unes que les autres.
J'ai eu la chance de le rencontrer deux fois et c'est un auteur extrêmement gentil et très abordable. Mais je ne l'avais pas encore lu...Son dernier livre fait l'unanimité autour de moi. J'avais vraiment hâte de le lire mais j'ai préféré attendre un peu que les choses retombent autour de ce livre pour enfin m'y mettre.

Dans ce livre, nous suivons Stradi. Nous faisons sa connaissance à sa naissance et nous le suivons tout au long de sa vie. Mais Stradi n'est pas comme les autres, il a un violon dans la tête. Au début c'est un peu difficile à imaginer, ce qui est normal. Mais au fur et à mesure du livre, on s'y fait et il fait partie intégrante de l'histoire. Ce personnage nous émeut très rapidement. On s'y attache très vite. Son handicap le rend vulnérable mais c'est aussi un atout. Il a un regard dès son enfance, sur la vie qui est très intéressant et très mature.

La difficulté que va très vite rencontrer Stradi et qui sera présente pendant tout le livre, c'est de se faire accepter par les autres et de pouvoir vivre une vie normale ou presque. Le regard des autres est ce qui le préoccupe le plus. Mais par chance il ne sera pas le seule à être différent et cela va beaucoup l'aider pour mieux appréhender sa différence. Le regard des enfants est le plus souvent ce qu'il y a de plus difficile. Ici ce n'est pas le cas et c'est surprenant. Il n'y a pas de méchanceté trop forte. 

La relation avec les autres est ce qui va aider Stradi à grandir et à se construire. Il faut d'abord parler de celle avec sa famille. 
Avec son frère, ils ne sont pas très proches au début du livre. Ils ont une relation "normale" qui n'est ni trop proche ni difficile. Mais à la fin du livre ce lien va être être d'une grande importance pour Stradi. C'est ce qu'il y a de beau entre eux : pas besoin d'être fusionnel, ils s'aiment à leur manière avec de la bienveillance. 
Avec sa mère, la relation est celle d'une mère avec son fils : beaucoup de bienveillance, pas de jugement, juste de l'amour. 
Par contre celle avec son père est bien différente. Son père, déjà, n'est pas un père comme les autres. On le voit un peu comme un fou mais c'est quelqu'un qui vit dans son monde à lui. Il est difficile à comprendre et cerner. J'avoue que j'étais un peu perdue face à lui.
Stradi a peu d'ami mais Max est celui qui compte le plus pour lui. Max est comme Stradi il est différent. Ces deux là se comprennent et se soutiennent. Leur amitié est présente pendant tout le livre et on la suit avec plaisir. Max est un personnage plutôt attachant. C'est un fan de musique jusqu'à l’obsession. C'est une passion qui envahit sa vie et la dirige aussi. Quand il est adulte cela devient très étrange.
Et puis on ne peut pas ne pas parler de Lélie. Par contre je ne peux en dire trop sous peine de vous dévoiler une partie des événements. Lélie est le premier amour de Stradi. Cela va avoir une incidence importante pour lui car pour lui plaire il va vouloir cacher sa différence. Il va apprendre aussi à s'accepter un peu plus. Le début de cette relation est très belle et drôle, cela ressemble un peu au jeu du chat de la souris.

L'écriture de Gilles Marchand est belle, émouvante avec plein de moments très drôles et loufoques...voir un peu trop. Il y a peut être un peu de trop de situations loufoques, étranges dans la seconde partie du livre. Du coup j'ai trouvé que cela donne quelques longueurs. Mais il n'y a pas que cela. On n'est parfois un peu trop dans le descriptif de ce que ressent Stradi et du coup ça part un peu dans tous les sens. Ces deux éléments m'ont un peu perdu par moment et cassent un peu le rythme du livre.
Cependant ces moments "absurdes" m'ont un peu fait penser aux livres de Mathias Malzieu que j'aime beaucoup. Mais aussi ce côté de vouloir faire passer un message. Ici c'est sur la différence. Le thème est très bien traité. Le faite de suivre un personnage tout au long de sa vie montre bien que le regard que l'on pose sur soi évolue. 
La fin du livre est très touchante. On se doute un peu que Stradi sera confronté à un choix et qu'il ne pourra pas faire autrement. On garde espoir pour Stradi et son avenir.

Ce fut une lecture agréable et pas prise de tête. Mais contrairement à la plupart de mes copines blogueuses, ce n'est pas un coup de cœur. Il m'a manqué ce petit plus pour vraiment aimer et les quelques longueurs m'ont un peu gâché mon plaisir de lecture. Je comprends quand même ceux qui ont eu un coup de cœur avec ce livre. Je ne suis juste pas assez réceptive à ce genre de lecture.


Gilles Marchand est un auteur à suivre et je lirais avec plaisir, dès que possible, son précédent livre ;)

Édition : Aux Forges de Vulcain - Date de parution : 24 Août 2017 - 353 pages

vendredi 3 novembre 2017

Cher François par Louison

Résumé :

Ce livre est un hasard, ou presque. Mon idée de départ était d'assister à un miracle politique : celui d'une réélection que tous pensaient impossible mais à laquelle je croyais dur comme fer. J'avais tort, je n'étais peut-être pas la seule. Toujours est-il que j'ai finalement pu être le témoin, en dessin, de quelque chose de plus rare, d'un peu hors sol, et d'étonnamment plutôt joyeux malgré son nom : une fin de règne.

Avis :

Pour la première fois cette année, j'ai assisté au festival Quai des Bulles à Saint Malo. Je ne suis pas très familière du monde la BD mais en allant à ce festival je ne pouvais rêver mieux ! 

J'ai découvert Louison à travers Instagram. J'ai toujours beaucoup aimé ses dessins qui sont très percutants et toujours bien trouvé. Lors de la mort du petit Aylan, elle avait fait un dessin absolument magnifique et extrêmement émouvant.
Pour parler du style de Louison, il me fait un peu penser à celui de Mathou. Même si l'une fait de l'actu et l'autre est plus dans le quotidien, elles cherchent le plus souvent à faire rire. De plus leurs dessins sont très colorés. Tout est joyeux et lumineux !

Ce livre est le premier pour Louison. Elle parle de son expérience au sein de la Présidence de la République, sous François Hollande. Pendant son mandat elle a pu le suivre lors de plusieurs déplacements et passer des moments seule avec lui où ils ont pu échanger sur tout un tas de sujets.
On suit ce qu'elle a vécu depuis Janvier 2015 jusqu'à la fin du mandat de François Hollande. 

Elle raconte chaque déplacement auxquelles elle a pu participer en partant de son point de vue. Ce qui est le plus intéressant ce sont bien sûr les moments qu'elle passe avec le président. On voit naître entre eux une certaine complicité qui évolue au fur et à mesure des événements. Louison n'étant pas journaliste, elle ne pose pas les mêmes questions même si elle reste un peu curieuse. Elle n'est pas intrusive ou agressive comme le sont certains journalistes. Elle le respecte trop pour en arriver là. 
Elle raconte aussi comment est né ce livre qui à la base ne devait pas ressembler exactement à ça. 
Il y a à la fois de la joie et un peu de tristesse dans ce livre selon les événements. Certaines scènes sont vraiment très drôles comme celle où elle cherche sous quel pseudo enregistrer le numéro de portable de François Hollande.

Même si on n'est pas pour François Hollande, on ne peut pas s'empêcher de rire ou d'être touché par ce qu'elle nous raconte et surtout comment elle le raconte.

Avec Louison on voit un François Hollande complètement différent. Il devient plus humain, plus drôle. Le lien qui se crée entre eux est très intéressant. On sent un respect mutuel entre les deux.

Ce livre c'est donc un gros coup de cœur ! 

Pour un premier livre, c'est une réussite ! J'espère que nous aurons l’occasion de lire d'autres livres de cette jeune dessinatrice talentueuse et pétillante !!

Rencontre à Quai des Bulles 2017 avec Louison

(Moi, Bob Garcia et Louison)


Editions : Marabout "Marabulles" - Date de sortie : 18 Octobre 2017 - 144 pages

mercredi 1 novembre 2017

Une histoire des abeilles par Maja Lunde


Résumé

Un triptyque écologiste qui raconte l'amour filial à travers le destin des abeilles.
Angleterre, 1851. Père dépassé et époux frustré, William a remisé ses rêves de carrière scientifique. Cependant, la découverte de l'apiculture réveille son orgueil déchu : pour impressionner son fils, il se jure de concevoir une ruche révolutionnaire.
Ohio, 2007. George, apiculteur bourru, ne se remet pas de la nouvelle : son unique fils, converti au végétarisme, rêve de devenir écrivain. Qui va donc reprendre les rênes d'une exploitation menacée par l'inquiétante disparition des abeilles ?
Chine, 2098. Les insectes ont disparu. Comme tous ses compatriotes, Tao passe ses journées à polliniser la nature à la main. Pour son petit garçon, elle rêve d'un avenir meilleur. Mais, lorsque ce dernier est victime d'un accident, Tao doit se plonger dans les origines du plus grand désastre de l'humanité.

Avis :

La première chose qui m'a attirée vers ce livre, c'est sa couverture. Cette couleur et ce graphisme sont une vraie réussite.
C'est une lecture que j'ai eu la chance de faire grâce à NetGalley et aux Editions Les Presses de la Cité.

Dans ce livre nous avons trois histoires à trois périodes différentes. Ces périodes ont toutes un point commun : les abeilles.
A chaque période on suit un personnage différent. On alterne bien entre les différentes époques et personnages sans trop se perdre. Tout le rythme du livre est là. L'auteur arrive à tenir un certain suspense plus on avance dans l'histoire.

En 1851, en Angleterre, on suit William. Il est père de famille et tenait un magasin de semences. Avant cela il travaillait avec un professeur éminent mais pour subvenir aux besoins de sa famille il a du mettre cela de côté. Cela n'a pas été sans conséquence sur sa vie car il souhaitait avant tout devenir un grand scientifique. A cause de cela il tombe dans une profonde dépression et sa famille va en subir les conséquences. Mais un jour il retrouve goût à la vie grâce à l'apiculture.
Ce personnage est assez complexe. On le sent toujours fragile même quand il reprend goût à la vie. La relation qu'il a avec sa famille et surtout avec son fils est très instable.
Grâce à lui on découvre comment à l'époque les scientifiques ont travaillés pour comprendre les abeilles. 

En 2007, Ohio, on suit Georges. C'est un apiculteur de père en fils. Il vit avec sa femme dans une ferme. Son fils vient le voir de temps en temps. Son père espère qu'il deviendra lui aussi un apiculteur mais son fils a d'autres projets. La relation du père et du fils est au centre de cette histoire. Cela donne un caractère encore plus actuel à cette histoire. Cet homme est égoïste. Il ne vit que pour ses abeilles et espère que sa famille va le suivre. Il est donc très souvent agaçant dans ses réactions. Mais c'est un passionné, il n'a connu que cette vie avec les abeilles. On sent quand même qu'il peut évoluer car il prend conscience qu'il doit changer sa manière de faire.
Georges va être confronté aux premiers effets du changement climatique sur les abeilles. 

En 2098, en Chine, on suit Tao. Elle vit avec son mari et son fils. Ils travaillent tous les deux pour la pollinisation. Un jour lors d'une balade, son fils tombe malade. Tao et son mari ne savent pas ce qui arrive à leur fils ni où il est hospitalisé. Tao, qui rêvait d'une autre vie, va décider de tenter le tout pour le tout et partir à la recherche de son fils. En partant à la recherche de son fils, elle va découvrir ce qui arrive à son pays mais aussi comprendre pourquoi ils en sont arrivés là et par la même occasion comprendre ce qui est arrivé à son fils.
Ce personnage est celui que j'ai le plus apprécié. Malgré tout ce qui lui arrive, elle ne perd jamais espoir. Ce personnage force l'admiration.
Avec Tao, on voit les conséquences de la disparition des abeilles. Avec elle aussi, on fait un retour en arrière qui nous éclaire sur le passé et le présent qui nous sont racontés dans le livre. Elle fait le lien entre les différentes époques. L'époque de Tao est celle de la survie.

Ce livre est un conte philosophique. On suit à travers trois époques l'étude des abeilles puis les premiers effets du changement climatique sur les abeilles et enfin les conséquences direct/ la survie. Il est aussi question de la famille. A travers chaque époque on voit qu'elle est abordée de manière différente. Dans le passé et le présent, on voit qu'il est question de la succession alors que ce n'est absolument pas le cas dans le futur. Nos trois personnages sont soucieux du bien être de leur famille chacun à leur façon.
La lecture de ce livre est plutôt intéressante. Mais il y a cependant des longueurs. Les pensées des personnages sont très développées et donc leur histoire avance très lentement. Pendant une bonne partie du livre on ne sait pas trop où l'on va dans les différentes époques. Il faut de la patience pour comprendre qu'il y a des liens entre les époques.
Mais l'auteur arrive à garder notre intérêt car plus arrive la fin approche plus on comprend certaines choses qui relient les différentes époques. C'est assez surprenant mais cela donne un sens à ce livre.

Ce n'est pas un coup de cœur mais une lecture plutôt agréable avec un très beau message qui donne à réfléchir. Il plaira à ceux qui ont une sensibilité écologique et il poussera peut être certains à prendre conscience de ce qui pourrait nous arriver si on ne change pas notre comportement.

Edition : Les Presses de la Cité - Date de sortie : 17 Août 2017 - 400 pages

mardi 10 octobre 2017

Mon gamin par Pascal Voisine


Résumé :

Un presque enfant et un adulte pas comme les autres
Deux destins où dansent l’amitié et l’humanité.

Cet été 1977, un été de vinyles, de chaleur et de baignades, Thierry a 14 ans et découvre la musique, les premiers émois, les montagnes russes de l’adolescence où tout est à la fois morne et intense.
Il passe ses journées avec son meilleur ami, Francis, un handicapé mental qui vit à l’hôpital psychiatrique voisin depuis toujours. Le gentil Francis adorait la mère de Thierry, et va chaque semaine poser un petit caillou sur sa tombe. Il a vu naître Thierry, qu’il appelle «  mon gamin  », et lui voue une amitié joyeuse et entière.

Mais le destin s’appuie souvent sur pas grand-chose. Un infirmier tatoué fan d’Elvis, une belle-mère trop jeune et trop jolie, une guitare à deux manches, un chat bien curieux… Et tout bascule.

Quarante ans après ce mois d’août 1977, Thierry, devenu un chanteur à succès sous le nom de Marc Alder, va enfin découvrir la vérité sur les quelques jours qui ont changé toute sa vie.

Avis :

Avant de vous donner mon avis, je tiens à remercier Net Galley et les Éditions Calmann Lévy de m'avoir permis de lire ce livre.

La première chose qui m'a attirée vers ce livre est sa couverture. C'est quelque chose auquel je suis de plus en plus sensible. Le côté "tatouage" est ce qui m'a le plus plût. Le dessin a bien sûr un rapport avec l'histoire mais je ne vous le dirais pas ! 
Autre point non négligeable qui m'a amené à lire ce livre, c'est le faite qu'ils plaisent aux libraires et entre autre à la Librairie Port Maria. Les retours sur les réseaux sociaux ont été nombreux sur ce livre.

Dans ce livre, on effectue un retour dans le passé. Suite au décès de sa belle-mère, Thierry, devenu Marc Adler, retourne dans son village de naissance. Son village lui parait avoir changé. Les années ont passés depuis son départ mais il arrive à le reconnaître. En repartant d'un café, il se retrouve nez à nez avec une ancienne connaissance, "Mains de marteau". Il lui dit qu'il sait ce qu'il s'est passé lors de cet été 1977.
Pour Thierry c'est un retour dans le passé et sur cet été bien particulier qui a changé sa vie à jamais.

Ce récit est raconté à trois voix. 

Il y a le Thierry du présent. On voit que c'est un homme à qui il est arrivé beaucoup de choses dans sa vie et que maintenant il prend un certain recul. Mais on sent aussi que ses vieux démons du passé ne sont jamais loin. C'est un homme plus réfléchi, on le voit dans une scène en particulier avec une jeune fille dans sa voiture.

Et donc il y a le Thierry du passé, celui de l'été 1977. C'est un adolescent à cette époque. On le voit grandir et mûrir. Il est quand même assez mature pour son âge. Sa relation avec sa belle-mère est ce qui va le faire changer le plus. C'est une relation très étrange et perverse. On voit très vite que cela va prendre un côté malsain pour lui. L'influence de sa belle-mère aura des conséquences....mais je vais m'arrêter là.

Dans l'ensemble, je dirais que ce personnage est assez fascinant. On le voit changer et devenir quelqu'un d'autre. J'ai beaucoup aimé quand ado, il partage avec nous ses pensées assez drôles parfois. Le faite que ce soit lui qui nous raconte l'histoire, nous donne un point de vue intéressant sur cet été et aussi sur l'époque (musique, débat sur la peine de mort...). La psychologie de ce personnage est plutôt bien traitée.

Puis nous avons le point de vue d'un autre personnage : Francis. C'est un malade mentale qui habite dans l'asile psychiatrique du village. Il devient le meilleur ami de Thierry et lui donne ce surnom "mon gamin". Il va apporter un autre point de vue sur l'événement marquant de cet été 1977. Je l'ai trouvé très touchant. Il n'est pas méchant tant qu'on est gentil avec lui. Sa relation avec Thierry est vraiment très belle. La manière dont son point de vue est retranscrit m'a beaucoup plu. Le style utilisé est vraiment à l'image du personnage de Thierry.

Le but de ce retour dans le passé va être de découvrir l'événement qui a changé à jamais la vie de Thierry. Même si il y a un événement bien particulier, on se rend compte que c'est aussi la somme de plusieurs événements qui vont amener ce personnage là où il en est aujourd'hui.
Les allers retours entre le présent et le passé sont très menés. On ne se perd, cela permet une sorte de respiration au récit. Ils permettent aussi de prendre du recul aussi par rapport à la vie de Thierry dans ce village en 1977.
Ce village est aussi un élément très intéressant. Ce n'est pas un village comme les autres. Le faite que des malades mentaux côtoient les habitants amène quelque chose de particulier. La description du village et des habitants m'a fait penser à une sorte de huis clos. On ne quitte pas le village pendant une très grande partie du récit. On croise les mêmes personnages que l'on a l'impression de connaître presque par cœur à la fin. 

Du côté de l'écriture, je n'ai pas grand chose à redire. C'est simple et efficace. Je ne me suis pas ennuyé une seule seconde. J'ai même trouvé parfois qu'il y avait un petit côté thriller tellement on est dans le suspense pour savoir qu'elle est cette événement si important. 
Il n'y a qu'un seul passage qui m'a un peu ennuyé et que je n'ai pas compris. Un personnage nous parle de l'au delà...en dire plus est difficile car ce serait en dire trop sur l'histoire. J'ai trouvé ce passage assez bizarre et je ne comprends pas ce qu'il apporte à l'histoire.

La fin du livre quand elle m'a surprise et touché. J'étais triste mais aussi révolté. Nous sommes les seuls à connaître tous les détails de cette histoire.


Je suis ressortie de cette lecture assez émue. C'est un roman que je trouve très réussie. L'auteur a su m'embarquer dans cette histoire plutôt atypique.

Édition : Calmann Lévy - Date de parution : 16 Août 2017 - 248 pages

mercredi 4 octobre 2017

Entre deux mondes par Olivier Norek


Résumé :

Fuyant un régime sanguinaire et un pays en guerre, Adam a envoyé sa femme Nora et sa fille Maya à six mille kilomètres de là, dans un endroit où elles devraient l'attendre en sécurité. Il les rejoindra bientôt, et ils organiseront leur avenir.
Mais arrivé là-bas, il ne les trouve pas. Ce qu'il découvre, en revanche, c'est un monde entre deux mondes pour damnés de la Terre entre deux vies. Dans cet univers sans loi, aucune police n'ose mettre les pieds.
Un assassin va profiter de cette situation.
Dès le premier crime, Adam décide d'intervenir. Pourquoi ? Tout simplement parce qu'il est flic, et que face à l'espoir qui s'amenuise de revoir un jour Nora et Maya, cette enquête est le seul moyen pour lui de ne pas devenir fou.

Bastien est un policier français. Il connaît cette zone de non-droit et les terreurs qu'elle engendre. Mais lorsque Adam, ce flic étranger, lui demande son aide, le temps est venu pour lui d'ouvrir les yeux sur la réalité et de faire un choix, quitte à se mettre en danger. 

Avis :

Il y a des livres que l’on attend un peu comme on attend le Père Noël. Pour ma part j’attendais celui-ci depuis que j’ai su quel serait le thème et encore plus quand j’ai eu un résumé global. Mais je l’attendais aussi car il est écrit par un auteur que j’aime tout particulièrement (je dis ça pour ceux qui ne le saurait pas encore ^^).
Parler du sujet des migrants est plutôt épineux. Je ne pense pas que n’importe quel auteur aurait pu le faire et surtout pas de n’importe quel manière sans un minimum de recherche.

Le livre commence par deux très courts chapitres qui posent les bases.
Le premier nous montre une mère et sa fille qui en tant que migrantes vont faire la traversée en bateau pour rejoindre la France. Ce début m’a fait un choc car on m’a raconté une histoire similaire. Mais même sans cela on se prend une bonne claque d’entrée de jeu.
Le second est assez étrange. On comprend assez vite que nous sommes dans la Jungle lors de la démolition. Des corps sont retrouvés et un homme sort des bois et s’en approche. Le dialogue de fin entre policiers nous laisse sans voix mais montre la réalité.

Puis nous faisons la connaissance d’Adam, militaire de l’armée libre de Syrie. On rentre directement dans l’action avec lui pour le connaître. Il a le sens de l’engagement dans le sang. Mais c’est un homme qui aime profondément sa famille et qui est prêt à tout pour la retrouver.

Plus tard dans le livre on rencontre, en France, Bastien. Ce flic arrive de Bordeaux avec sa famille à Calais. Il vient pour diriger une équipe dans un commissariat. Sa vie familiale semble compliquée avec sa femme dépressive et une ado en pleine crise. De plus il comprend vite que son nouveau poste ne va pas être facile à cause de la Jungle. Il va devoir apprendre beaucoup de choses pour agir au mieux.

Ces deux personnages, je les ai beaucoup aimé. Ils sont dévoués à leur métier et surtout ils sont profondément humains. Ils viennent de deux pays différents mais ils se ressemblent beaucoup.

Un autre personnage est très marquant dans ce livre, il s’agit de Kilani. Sans en dire trop, ce jeune garçon m'a beaucoup ému. Son histoire est bouleversante et aborde un sujet très important .

Dans ce livre on va donc parler de la Jungle de Calais. L’auteur nous en parle dans les moindres détails. Tout est très documenté et précis. On sent que l’auteur a été sur place (il y a passé quelques semaines). En plus de nous parler des lieux, l’auteur nous parle des gens qui y vivent mais aussi de ceux qui sont à l’extérieur (habitants, policiers, associations…). Il n’y aucun parti pris dans ce livre. La situation nous est montrée dans sa globalité mais aussi dans sa complexité (la position difficile des policiers qui comprennent les migrants mais veulent aussi protéger leur ville).

L’histoire dans ce livre pourrait presque être secondaire. Elle mets du temps à démarrer mais c'est nécessaire pour bien poser le contexte. On sait que dans la Jungle il y a des meurtres non élucidés mais en parallèle il y a une histoire d’espionnage.
Voilà le seul point négatif de l’histoire selon moi. Je n’ai pas compris ce que venait faire là cette histoire d’espionnage. Elle aborde une thème très délicat qui aurait mérité soit d’être l’enquête principale ou alors abordé sur un peu plus de page.

On se prend beaucoup de claques dans ce livre, on remet en question pas mal de choses...bref on se prend la réalité en pleine face.

Ce livre a pour moi valeur de document historique sur la question des migrants. En 400 pages l’auteur nous dépeint parfaitement la réalité des migrants et des policiers. Son écriture, sa plume a encore évolué pour atteindre le niveau supérieur. Les dialogues sont, comme toujours, très justes et pertinents. Ce livre m’a profondément marqué et même plus que je ne le pensais. Malgré les moments difficiles, il y a toujours une lueur d’espoir auquel on s’accroche plus que jamais. 
La fin du livre m’a bouleversée au point d’en pleurer.

Si je dis que c’est l’un de mes plus gros coup de cœur de l’année je crois que personne ne sera surpris. Mais ce n’est pas que parce que c’est mon auteur « Chouchou », c’est aussi parce que ce livre est profondément humain et criant de vérité.


J’aurais encore bien des choses à vous dire pour vous convaincre d’aller chez votre libraire vous procurer un exemplaire….Mais sachez juste que vous feriez une erreur en passant à côté de ce livre….

Édition : Michel Lafon - Date de parution : 5 Octobre 2017 - 416 pages

mardi 3 octobre 2017

Le livre que je ne voulais pas écrire par Erwan Larher


Résumé

Je suis romancier. J'invente des histoires. Des intrigues. Des personnages. Et, je l'espère, une langue. Pour dire et questionner le monde, l'humain. Il m'est arrivé une mésaventure, qui est une tuile pour le romancier qui partage ma vie : je me suis trouvé un soir parisien de Novembre au mauvais endroit au mauvais moment ; donc lui aussi.

Avis

Voilà un livre que je ne voulais pas lire....
La première fois que j'en ai entendu parler, c'était à travers un article de Baptiste Ligier cet été sur Facebook. J'avais laissé un commentaire comme quoi je n'avais pas envie de lire ce livre. Puis plusieurs personnes ont réussi à me convaincre. Certaines personnes savent pourquoi je ne voulais pas le lire et je ne m'étendrais pas trop sur le sujet.

Ce livre parle de ce qu'a vécu Erwan lors du 13 Novembre 2015 au Bataclan. Il faisait partie des victimes de ce triste soir qui a endeuillé la France entière.
Longtemps il n'a pas voulu en parler car il ne voyait pas pourquoi il le ferait. Il ne voyait pas la légitimité qu'il pouvait avoir même si il était, parmi les victimes, le seul écrivain. Mais à force d'en parler, le processus d'écriture s'est mis en route.

Ce livre est son témoignage sur ce qu'il a vécu et sur ce qu'il ressent par rapport à cet événement. 

Mais il y a aussi d'autres choses dans ce livre. 
A un moment, il se met à la place des terroristes.
C'est un passage qui est assez difficile à lire et qui l'a été à écrire je pense. Mais il réussi à faire quelque chose d'incroyable. J'ai eu l'impression qu'il cherchait à entrer dans leur tête pour les comprendre sans les excuser à un seul moment mais aussi pour leur dire le fond de sa pensée. Ces passages, en plus d'être bien écrit, sont très bien documentés. Il s'adresse même à eux comme pour essayer de faire réagir. Un passage est très intéressant, c'est celui quand un des terroristes dit qu'il faut dire à Hollande que c'est de sa faute (l'attentat) et que c'est pour venger leurs "frères" morts en Syrie. Erwan analyse cette phrase et montrent à quel point se venger sur eux (civils en France) est vain.

Dans ce livre, il laisse aussi la place à ses proches. Il a laissé la parole à certains d'entre eux pour qu'ils racontent comment ils ont vécu cette soirée et parfois les jours qui ont suivi. Ces chapitres permettent de prendre du recul et de voir l'impact de cet événement et de ce qui est arrivé à Erwan sur ses proches. L'écriture de ces chapitres est sincère et très touchante.

Erwan nous raconte aussi ce qu'il a vécu juste avant cette soirée et ce qu'il s'est passé les jours et les mois suivants. Il partage à peu près tout avec nous y compris ses réflexions. Il parle de lui, pendant un bon moment, à la deuxième personne. Cela lui permet je pense de prendre du recul. Il fait ceci aussi pour nous parler de son passé mais aussi de ce qu'il a vécu au moment des faits et après.
Une des inquiétudes d'Erwan m'a fait sourire pas parce que c'est drôle mais parce qu'au milieu de tout ça, ça montre l'importance de la moindre petite chose. Elle peut paraître étrange au début mais en faite on comprend que pour lui c'est vital. Je n'en dirais volontairement pas plus.

Au début, j'ai eu du mal à lire ce livre comme je m'y attendais. Il m'a fallut plus de temps que d'habitude pour le lire que pour d'autres livres. Certains passages, surtout au début, sont assez difficiles à lire. Mais à aucun moment on ne tombe dans le côté larmoyant. Il n'y a aucun voyeurisme dans ce livre, uniquement de la sincérité.
Ce livre est très fort et admirablement bien écrit. Je ne connaissais pas la plume d'Erwan ni Erwan lui même. J'ai eu l'impression de le connaître un peu avec ce livre. 
On est parfois surpris par certains passages face à ce qu'il s'est passé mais cela nous montre que la vie continue et qu'il faut continuer à vivre malgré les événements difficiles.

Ce livre est devenu au fur et à mesure de la lecture un coup de cœur
Vous ne pouvez pas passer à côté d'un tel témoignage. 

Ce livre a, selon moi, valeur de document historique pour comprendre l'impact de cette horrible soirée.

Édition :Quidam Éditeur  - Date de parution : 24 Août 2017 - 268 pages

vendredi 22 septembre 2017

Sous ses yeux par Ross Armstrong


Résumé :

Passionnée d'ornithologie depuis son enfance, Lily Gullick ne s'éloigne jamais de sa paire de jumelles. Depuis l'appartement qu'elle occupe avec son mari, elle ne se contente toutefois pas d'observer les oiseaux. Elle ne peut en effet s'empêcher d'espionner ses voisins, en particulier les derniers habitants d'une vieille résidence, un vestige dans ce quartier qui s'embourgeoise à vue d'œil. Alors qu'elle vient de faire connaissance d'une de ses occupantes, Jean, cette dernière est retrouvée morte dans des conditions étranges. Lily, qui croit connaître presque intimement tous ses voisins pour les avoir longuement observés, décide de mener son enquête. Celle-ci, commencée par désoeuvrement, pour fuir un mari de plus en plus lointain, une vie un peu trop déprimante, tourne vite à l'obsession. 

Avis :

Voici le premier livre que je lis pour la Team Thriller des éditions du Cherche Midi. Pendant un an, nous serons 30 à recevoir tous les thrillers de cette maison d'édition. C'est un véritable honneur pour moi d'en faire partie. Mais c'est aussi drôle car mon cousin a travaillé il y a longtemps pour cette maison d'édition. Mais parlons du livre.....

Le résumé de ce livre avait tout pour plaire. Il y avait un petit côté espionnage à observer ses voisins et donc aussi un petit côté voyeurisme limite malsain pour aller titiller le lecteur. Le contexte de cette banlieue est aussi très intéressant. C'est un sujet très actuel qui peut parler à tout le monde. Quand on vit en ville on peut faire quelques rapprochements.
Et puis il y avait ce fait déclencheur : le meurtre de Jean. On se demande comment Lily va faire pour résoudre ce meurtre sur la base des observations qu'elle a faites de ses voisins. Le danger va être présent à chaque instant. 

Ce personnage de Lily est assez intriguant au début. Elle est très discrète, elle ne communique pas beaucoup avec les autres. Elle vit dans son monde avec son mari qui ne quitte pratiquement jamais leur appartement. Mais au fur et à mesure de l'histoire, on la trouve bizarre voir même très vite folle. Elle est complément inconsciente dans son comportement. Elle va vouloir mener l'enquête seule en utilisant des moyens très dangereux. Je n'ai pas du tout réussi à m'attacher à elle car entre autre je ne le comprenais pas.
C'est elle qui raconte l'histoire. Au début, on pense qu'elle s'adresse à nous mais assez vite on comprend qu'elle s'adresse à une autre personne que l'on découvre plus tard dans le roman.

Ce qui m'amène à parler du style de l'auteur. C'est pour moi le gros point noir du livre. 
J'ai trouvé l'écriture brouillonne. Parfois on passe "du coq à l'âne" d'un paragraphe à l'autre. J'ai dû plusieurs fois revenir un peu en arrière pour comprendre ce qu'il se passait exactement. 
De plus le rythme est irrégulier. Il y a des passages dans la seconde partie du livre qui font espérer que l'on va plus s'y retrouver mais cela ne dure pas. J'ai remarqué aussi des petites incohérences dans l'histoire avec par exemple le faite que Jean et une autre femme se soient retrouvées dans une valise alors que Jean a été retrouvé dans son appartement.
Il y a aussi beaucoup de longueur qui n'apporte rien à l'histoire. On est tout le temps dans la tête de Lily. Quand on sait qui elle est, cela explique l'écriture brouillonne. Mais c'est trop présent pendant le livre, ça rend donc la lecture trop laborieuse pour accrocher.

L'histoire est séquencée en plusieurs parties. A l'intérieur de ces parties, on remarque une chronologie particulière. On comprend tout de suite qu'il y a une sorte de compte à rebours. Au début j'ai pensé qu'il était lié au tout début du livre avant la première partie. 
Ce compte à rebours est intriguant mais très décousue. Cependant cela s'explique dans le livre. Mais on est quand même perdue. La fin du compte rebours arrive tôt pour moi et quand elle arrive on est déçu. Juste après on a la révélation sur Lily. Là on se dit que l'on va entrer enfin dans quelque chose d'intéressant. Mais Lily ne change pas vraiment pour moi et donc l'intérêt pour l'histoire n'arrive toujours pas....

Il y a quand même un peu de positif dans ce livre !

La fin du livre est ce que j'ai peut être le plus aimé dans le livre. Elle donne lieu à des scènes plutôt bien écrite et presque digne de film à sensation. On est assez captivé car on se demande comment tout cela va finir pour Lily et si elle va s'en sortir. La scène dans l'immeuble est une scène que j'ai beaucoup aimée car j'arrivais très bien à la visualiser. Elle est très cinématographique.

Comme vous l'aurez compris, ce livre n'est pas un coup de cœur. C'est un premier roman avec beaucoup de choses à améliorer. Cela ne sert à rien de compliquer encore plus une histoire qui à la base est déjà bien assez riche.
Mais je serais ravie de laisser une seconde chance à cette auteure !

Édition : Cherche Midi - Date de parution : 31 Août 2017 - 408 pages

mercredi 13 septembre 2017

[Dons] par Les Auteurs du Noir



Résumé :

D’organe, de tissu, de plaquettes, de sang, le don est le plus beau cadeau que l’on puisse faire. Il est essentiel.
Combien de vies sont sauvées chaque année par un don ? Peu par rapport au nombre de patients en attente d’un greffon.
Pour cette quatrième saison, les auteurs du noir ont décidé de mettre en avant ce geste. Écrire sur les transplantations, pour ces malades en attente, pour ces vies sauvées, pour faire changer d’avis, pour être tous donneurs.
Les droits d’auteur sont majorés de 50 % et reversés intégralement à FRANCE ADOT.

Avis :

Voilà un recueil de nouvelles sur lequel vous ne pouvez pas passer à côté ! 

Avant tout, il a été écrit pour la bonne cause. Le don d'organes est une cause extrêmement importante et même vitale. C'est un sujet sur lequel les gens sont peu sensibilisés je trouve. Sans le don d'organes, du sang, de moelle osseuse ou encore de tissus humains beaucoup de gens ne pourraient pas survivre.
Et puis quand on voit qui a écrit pour ce recueil....et bien on craque ! 
Je ne connaissais pas tous les auteurs mais il y a quand même de très grands auteurs comme Franck Thilliez, Jacques Saussey ou encore Ian Manook.

Je ne vous parlerais pas de toutes les nouvelles mais seulement de mes trois préférés. Je parlerais seulement de celles qui m'ont scotchées et qui m'ont même fait verser une petite larme.

Et je vais commencer par la nouvelle de la belle Claire Favan ! 
Un petit garçon a perdu sa maman. Lui et son père ont beaucoup de mal à s'en remettre. Cette mère a fait don de ses organes. Ce fils va avoir une idée un peu folle et surtout pas très légale pour faire son deuil...
Au début j'étais surprise car ce n'est pas dans le style de Claire Favan d'écrire ce genre de nouvelle. Mais à la fin j'ai été scotché et j'en ai pleuré. C'est une histoire surprenante et extrêmement bien écrite. Ce garçon m'a bouleversé. Au début on se dit que son idée est très étrange mais quand à la fin il explique pourquoi il a fait tout ça, on a juste envie de le prendre dans nos bras et de lui dire que ça va aller. C'est la nouvelle que j'ai le plus appréciée.

Ensuite il y a la nouvelle de Bob Garcia. Je n'ai pas encore lu de livre de cet auteur mais à la fin de l'été j'ai eu la chance de le rencontrer et je vous conseille d'aller le voir tellement il est adorable !!
Une jeune femme est sur le point de mourir mais avant elle veut faire une révélation à son compagnon....
Cette nouvelle aborde un thème très intéressant qui est celui de la mémoire cellulaire. J'ai beaucoup aimé la manière dont il est abordé. Dans cette histoire j'ai trouvé cela très crédible. Mais cette histoire est assez étrange, surprenante. Cette fameuse révélation peut paraître bizarre mais quand on prend un peu recul j'ai trouvé ça très beau. L'amour qui unit ces deux personnages est magnifique et il n'a pas été forcé. Mais je ne vais pas trop en dire pour ne pas vous gâcher le plaisir.

Et puis la dernière nouvelle dont j'ai envie de vous parler est celle....d'Olivier Norek ! :)
Si je n'en avais pas parlé comme étant une de mes préférés je sais que beaucoup aurait trouvé cela très étrange ! Donc c'est en toute objectivité que je vais vous en parler. ;) 
Dans un hôpital, un enfant va faire la connaissance d'un autre enfant hospitalisé comme lui. Cette rencontre se fait en toute simplicité et très directement comme seuls les enfants savent le faire. C'est un point qui m'a beaucoup plu. L'échange entre eux est sincère et sans filtre. Mais cette rencontre est très particulière.....
Cette histoire est comme celle de Claire Favan, elle sort du style habituel de l'auteur mais c'est très réussi ! Dans cette nouvelle il y a un peu de surnaturel et j'ai trouvé cela très intéressant. Comme celle de Bob, le thème de la mémoire cellulaire est en arrière plan. La fin est très touchante et on a envie de verser notre petite larme. Mais cette fin, on ne s'y attend pas et c'est là qu'on est touché en plein cœur.

Ce recueil de nouvelle est un vrai gros coup de cœur ! C'est l'occasion de faire une bonne action et de découvrir des auteurs qu'on ne connaît pas ou que l'on n'a pas encore lu. 
Le thème du don sous toutes ses formes est abordé d'excellente manière à chaque fois. Les auteurs de ce recueil ont su susciter la curiosité sur l'impact que peut avoir le don.

Donc les amis, vous l'aurez compris, il ne faut pas passer à côté de ce livre !!!!

Édition : Atelier Mosesu - Date de parution : 14 Septembre 2017 - 173 pages

Le jour d'avant par Sorj Chalandon


Résumé :

« Venge-nous de la mine », avait écrit mon père. Ses derniers mots. Et je le lui ai promis, poings levés au ciel après sa disparition brutale. J’allais venger mon frère, mort en ouvrier. Venger mon père, parti en paysan. Venger ma mère, esseulée à jamais. J’allais punir les Houillères, et tous ces salauds qui n’avaient jamais payer pour leurs crimes.

Avis :

En temps normal, ce n'est pas un livre vers lequel je serais allé. Le résumé ne m'aurait pas attiré plus que ça. Mais ce qui m'a décidé à le lire c'est l'avis d'un auteur dont je suis fan de la plume, Paul Vacca. Et qu'elle ne fut pas ma surprise !

Ce livre est un hommage aux mineurs et plus précisément à ceux qui ont péris lors de la catastrophe de Décembre 1974.
Le frère de Michel était mineur et faisait partie de ceux qui travaillaient dans cette fosse. Ce frère est parti à la mine alors que son père ne voulait pas qu'il y aille. La famille de Michel est modeste, ce sont des fermiers. Les fils étaient destinés à succéder à leur père.
La mort de se frère, Jojo, va bouleverser cette famille. Le père va demander à Michel de se venger de la mine.
On suit donc Michel dans son passé mais aussi dans son présent. Comment va t il s'y prendre ?

Ce livre, en plus d'être un hommage à ceux qui ont perdus la vie dans ces mines, est un livre qui nous parle de cette vie dans le Nord de la France. Le début du livre pose vraiment les choses pour comprendre cette vie avec ses habitudes et la situation des gens à cette époque.
Il y a énormément de détails sur, par exemple, ce que portent les mineurs. C'est extrêmement intéressant et cela apporte beaucoup de crédit à l'histoire. C'est une vraie plongée dans ce monde.
On est au plus près de ce qui se passait à l'époque.
Les descriptions sont aussi très nombreuses sur les "rituels", la journée d'un mineur. Cela n'a rien d'ennuyant mais c'est nécessaire pour comprendre la dureté de ce métier. Cela donne même un certain rythme au livre.

Le rythme est aussi donné par l'alternance entre le passé et le présent. Ce présent pour Michel est aussi très sombre. Sa femme décède de maladie et il va devoir affronter de nouveau le deuil. Mais sa femme reste là en arrière plan, presque comme un fantôme. Comme son frère disparu, elle le hante mais pour Michel, c'est une manière de ne pas sombrer que de se rappeler les souvenirs avec eux mais aussi pour affronter le présent.

Quand cette vengeance, dont on se doute très fortement qu'elle va arriver, arrive on se demande comment cette histoire va pouvoir continuer. Elle se produit tôt dans le livre. Mais l'auteur arrive quand même à nous surprendre ! Une révélation dont on ne pouvait absolument pas se douter relance l'intérêt pour ce livre. Cela m'a scotché ! Mais après cette révélation, on remet en doute le bien fondé de cette vengeance. Ce personnage, que l'on apprécie et que l'on comprend, devient presque un inconnu. Mais un personnage dont on ne soupçonne pas l'importance va nous aider à le comprendre et à "justifier" cette vengeance. La fin du livre est magnifique. On ne sait pas ce qui va arriver à Michel mais on s'en moque presque. On sait qu'il est en paix avec lui même et c'est le plus important.

Ce livre est très humain. Ce n'est pas un coup de cœur mais c'est une excellente découverte. J'ai pris beaucoup de plaisir à le lire et à découvrir la vie des mineurs. L'auteur arrive à rendre cela très intéressant. On ne tombe pas dans la caricature, il y a beaucoup d'humilité et presque de l'admiration qui se dégage du livre pour ces mineurs. Ce lien entre le présent et le passé est très intéressant car on voit l'impact que cela a encore aujourd'hui avec ceux qui sont encore là pour en parler. C'est une partie de notre histoire que nous ne devons pas oublier.

Je ne peux que vous recommander de lire ce livre ! Pour ma part je vais continuer à découvrir la plume sublime de Sorj Chalandon.
Merci aux Editions Grasset et à Net Galley !



Edition : Grasset - Date de parution : 16 Août 2017 - 336 pages

samedi 9 septembre 2017

Au nom de la mère par Margaux Chikaoui


Résumé :

Notre héroïne est une " fille-sans-père ", miroir en creux des " filles-mères ". Histoire banale, histoire fatale : aventure extra-conjugale entre une jeune femme issue d'un milieu populaire et un puissant magistrat. Elle fera la connaissance de son père à l'adolescence, au terme d'une procédure judiciaire qu'il aura tenté à tout prix de freiner, avec la complicité de certains de ses confrères.
Voici l'enfant illégitime devenue jeune fille adoubée. La découverte de l'univers feutré d'un monde qui lui a toujours semblé inaccessible sera une épreuve dans sa construction personnelle. Elle se lance dans des études de droit. Atavisme, désir de revanche ? Reproduira-t-elle l'histoire maternelle ?
Le récit d'une candeur explosée face aux méandres d'une justice à deux vitesses.

" Que l'on juge nos parents faibles, méprisables, haïssables ou durs, ceux-ci sont notre tout. Ceux à qui l'on rêve secrètement de ressembler, ou ceux que l'on fuit pour justement éviter un mimétisme gênant. Ainsi, peu sommes-nous qui considé rons nos mères et pères, dans nos cœurs entiers et profonds, tels nos autres. "

Avis :

Voilà un roman qui n'est pas commun. Déjà ce n'est pas le genre de roman que j'ai l'habitude de lire. Puis c'est un roman qui traite d'un sujet que je n'ai pas vu dans un autre livre avant.

L'histoire est racontée par la jeune "fille sans père". Elle nous parle de son histoire mais aussi de celle de sa famille, de sa mère dans leur volonté à obtenir la reconnaissance du père.
On commence l'histoire un peu avant sa naissance. Ainsi on comprend mieux pourquoi cet homme ne veut pas de cet enfant à tout prix. La famille de la mère est composée uniquement de femme. La matriarche veut le meilleur pour ses filles. On ressent sa toute puissance. Elle agit pour son bien à elle mais aussi pour ses filles même si elle a une préférence pour Lara. Elle l'a voit comme celle qui peut lui succéder. Cela explique pourquoi elle s'implique autant dans l'histoire de Lara et de sa petite fille.
Les autres femmes du clan ont aussi leur importance. Elles vont ne faire qu'une autour de Lara et de sa fille.

Le livre se divise en deux parties.
Dans la première c'est toute l'action que vont mener ces femmes pour la reconnaissance de paternité.
On ressent très vite l'injustice. Ces femmes ne sont pas riches et elles sont gênantes pour cet homme dans la haute société. Il va user de tous les moyens possibles pour freiner la procédure.
Cette partie m'a plu car on aborde plutôt bien le côté procédure même si j'aurais aimé qu'il le soit un peu plus. Mais l'autrice montre bien le faite que selon d'où l'on vient la justice n'est pas la même pour tous.
Malheureusement on voit aussi que cette famille fait ça aussi pour l'argent. On pourrait dire que l'on tombe un peu dans la caricature mais je ne pense que ce soit entièrement le cas. Au fur et à mesure on voit que ce n'est plus exactement le seul enjeu. Cela apparaît au fur et mesure que la "fille sans père" grandit et nous le raconte.
Dans la seconde partie, notre jeune "fille sans père" est une adolescente qui va vouloir construire sa vie en essayant d'y intégrer ce père qui n'a pas été là toute son enfance. On est comme elle, on est très partagé sur ce que l'on doit ressentir. Peut elle lui faire confiance ? Comment l'intégrer dans sa vie ?
Il y a beaucoup de questions qui se posent pour elle et jusqu'à la fin on ne sait pas comment elle va gérer tout ça. Par moment j'étais un peu perdue dans son questionnement. Elle semble assez lucide mais a une attitude un peu naïve sur ce père. Elle le met un peu trop sur un piédestal. 

Ce fût une lecture très agréable. L'écriture est très simple, ça donne une certaine fluidité au texte. Le point de vue de cette "fille sans père", dont on ne connaît pas le nom, est intéressant car sur le début du livre on peut quand même prendre du recul. Elle nous raconte comment elle a vécu son enfance avec son ressenti mais aussi avec ce qu'on lui a raconté. Rien ne nous est caché.
Il y a quelques petites longueurs essentiellement dans la première partie quand elle nous parle de sa famille. De plus j'aurais aimé que cette première partie soit plus développé côté suspense de la procédure et surtout de ce que le père aurait été près à faire.

La fin du livre est très touchante voir même émouvante. Elle passe un cap et s'envole vers une nouvelle vie. Mais on comprend qu'elle a peur de reproduire le même schéma que sa mère. Le poids de son passé est toujours là mais elle fait preuve de courage pour avancer. On finit ce livre en se disant qu'elle peut être fière d'être arrivé jusque là et qu'elle aura un bel avenir.

Pour un premier ouvrage je trouve que c'est plutôt réussi. Les thèmes abordés sont très intéressants et nous pousse un peu à la réflexion.

C'est une autrice à surveiller ! 

Editions : Michalon - Date de parution : 24 Août 2017 - 155 pages

mardi 5 septembre 2017

Nulle part sur la Terre par Michael Farris Smith


Résumé :

Une femme marche seule avec une petite fille sur une route de Louisiane. Elle n'a nulle part où aller. Partie sans rien quelques années plus tôt de la ville où elle a grandi, elle revient tout aussi démunie. Elle pense avoir connu le pire. Elle se trompe.

Russel a lui aussi quitté sa ville natale, onze ans plus tôt. Pour une peine de prison qui vient tout juste d'arriver à son terme. Il retourne chez lui en pensant avoir réglé sa dette. C'est sans compter sur le désir de vengeance de ceux qui l'attendent.

Dans les paysages désolés de la campagne américaine, un meurtre va réunir ces âmes perdues, dont les vies vont bientôt ne plus tenir qu'à un fil. 

Avis :

Avant de vous parler du livre, je dois vous préciser que c'est une lecture que j'ai pu faire grâce à Net Galley et aussi grâce aux Éditions Sonatine. Merci beaucoup à eux !

Ce livre c'est l'histoire de deux personnes qui au départ ne sont pas censés se rencontrer. Tout semble les opposer. Ils n'ont pas grand chose en commun à part le faite de vouloir vivre, voir survivre. Ils ont tout les deux un passé très difficile.
L'un sort de prison pour meurtre, l'autre tente de s'en sortir avec sa petite fille.

Nous faisons d'abord la connaissance de Maben et de sa fille. Elles sont sur la route et veulent atteindre un lieu pour se reposer et essayer de commencer une nouvelle vie. On a pitié d'elles et on ressent très vite leur souffrance. Maben n'est pas une mauvaise mère, elle veut le meilleur pour sa fille même si elle doute de pouvoir lui offrir.

Ensuite nous faisons la connaissance de Russel. Il sort tout juste de prison après avoir tué un jeune homme lors d'un accident de la route un soir où il avait trop bu. Il ne lui reste plus rien à part son père et une maison que son père a gardé pour lui. Mais Russel n'est pas débarrassé de son passé. Des personnes lui en veulent encore et veulent se venger. On sent qu'il n'est pas mauvais dans le fond. Il a fait une bêtise et il a payé pour cela.

Un événement va faire se rencontrer Russel et Maben. Et à partir de là on va comprendre qu'ils ont quelque chose en commun. Ce quelque chose on ne pouvait pas l'imaginer. 
Sans en dire trop, ils vont s'aider l'un l'autre pour s'en sortir et tenter de vivre une vie tranquille en oubliant le passé.

Le livre commence doucement pour bien cerner les personnages. On alterne entre les deux histoires de manière à garder l'attention du lecteur. Cette alternance est parfaite car à la fin d'un chapitre il y a toujours un événement important qui va se passer mais on doit attendre de retrouver le personnage en question pour connaître la suite.
Il y a peu de dialogue parfois ou alors ils sont présentés d'une manière très intéressante. Les choses se disent en peu de mots parfois vu la relation de certains personnages entre eux. On est plus dans le ressenti dans personnages. C'est plus intéressant.
La psychologie des personnages est très réussie. On est vite plongé dans ce qu'ils ressentent. Ils partagent tout avec nous. On va vite dans l'empathie à certains moments de l'histoire. Malgré ce qu'ils ont fait, ils sont touchants. Il y a toujours un espoir même petit. Leur humanité n’a pas disparu.
Les histoires secondaires restent intéressante car elles s’incorporent à l’histoire de Maben et Russel. Elles sont plutôt abouties. L’une repose sur la vengeance et l’autre est difficile à définir. Elle concerne celui chargé de l’enquête. Cet homme est partagé entre son amitié avec Russel et ce qu’il lui cache.

Ce livre n’est pas un gros coup de cœur mais c’est une lecture qui m’a touché. Je l’ai lu vite avec beaucoup de plaisir. La fin du livre est particulièrement réussie car on tremble pour ces personnages. On veut le meilleur pour eux. On veut que ce passé ne les hante plus et qu’ils avancent.

C’est un livre que j’ai du mal à classer en temps que thriller mais plutôt en roman noir avec de la lumière, de l'espoir. Le rêve américain est ce que les personnages veulent mais pour l’atteindre il faut d’abord souffrir et faire la paix avec son passé pour entrevoir l’avenir.

Éditions : Sonatine - Date de parution : 24 Août 2017 - 450 pages

mardi 22 août 2017

The Girls par Emma Cline


Résumé :

Californie, fin des années 1960. Evie Boyd, quatorze ans, vit seule avec sa mère. Lorsqu’elle se dispute avec sa seule amie, Evie se tourne vers un groupe de filles dont la liberté et l’atmosphère d’abandon qui les entoure la fascinent. Séduite par l’aînée, Suzanne, elle se laisse entraîner dans une secte au leader charismatique, Russell. Leur ranch est aussi étrange que délabré, mais, aux yeux de l’adolescente, il est exotique, électrique, et elle veut à tout prix s’intégrer. Son obsession pour Suzanne grandissant, Evie ne s’aperçoit pas qu’elle s’approche inéluctablement d’une violence impensable.

Avis

On a tous une image des années 60/70 avec les hippies, une vie libre en dehors de la société. Mais cette vie peut aussi cacher des choses peu reluisantes.

Ici nous sommes en 1969 où nous suivons la jeune Evie Boyd. C'est une toute jeune adolescente de 14 ans qui vit avec sa mère dans une banlieue plutôt aisée. Comme toutes les ados, elle se cherche et à envie de nouvelle expérience pour faire plus que son âge. Mais un jour, elle va rencontrer une jeune fille qui va bouleverser sa vie. Cette jeune fille ne ressemble à aucune autre qu'elle connaît. Il souffle comme un vent de liberté dans son attitude. Evie va vouloir devenir amie avec cette jeune fille et se faire accepter de sa bande.

Cette histoire nous est racontée par Evie à l'âge adulte avec encore un peu du regard de cette jeune ado qu'elle a été. On sait dès le début du livre que ce qu'elle a vécu ne s'est pas bien terminé en partie.
Elle tente de cacher aux autres ce qu'elle a vécue en étant la plus discrète possible mais son passé est toujours présent et la hante encore.

Le livre se divise en quatre parties. On commence toujours une partie avec Evie, adulte, qui vit dans la maison d'un ami où elle va faire la connaissance du fils de son ami et de sa copine. Ils vont l'obliger à se souvenir de son passé sombre. C'est ainsi qu'elle raconte ce qu'elle a vécue même si elle ne s'adresse pas particulièrement à eux. Ces moments dans le présent serve à nous montrer comment Evie est maintenant. Ils sont secondaires et pas forcément très intéressant. Ils sont cependant une pause avec le passé d'Evie.
Son histoire est racontée de manière chronologique en grande partie. Mais elle a ajouté son opinion d'adulte qui a pris du recul par rapport à ce qu'elle a vécu dans cette "secte". Dès le début on sait comment cela se termine. Ce qui est donc intéressant c'est de comprendre comment elle en est arrivée là. 

Au début j'avoue avoir eu beaucoup de mal dans les 100 premières pages. Tout me paraissait flou et difficile à comprendre. Je ne situais pas bien l'histoire et les différents personnages. Le style d'écriture est très particulier. On saute parfois d'une scène à l'autre ou alors quelque chose arrive sans que l'on s'en rende compte. De plus l'histoire démarre très lentement. La mise en place est longue. Il n'y a que quand Evie arrive au ranch que les choses deviennent plus intéressante.
La construction des phrases est aussi très particulière et m'a dérangé au début pour comprendre ce qu'il se passait. J'ai donc parfois été obligé de relire des passages pour être sûr de bien comprendre.

L'histoire ne m'a pas passionnée plus que ça. Les personnages sont très étranges et j'ai parfois du mal à les suivre. Evie est très naïve et elle est vraiment prête à tout pour se faire accepter. On se demande pourquoi personne et surtout sa mère ne voit pas qu'il se passe quelque chose. Mais je pense que pour comprendre il faut dire que la mentalité et la manière d'être avec ses enfants n'était pas la même entre hier et aujourd'hui.

Ce livre c'est le reflet d'une époque à travers les yeux d'une adulte qui a gardé une part de son âme d'adolescente.

La secte de Russel ne ressemble pas beaucoup aux sectes dont j'ai pu entendre parler qui date de cette époque. Mais je ne nie pas qu'une secte du même genre à exister. Le côté mystique n'est pour moi pas assez appuyé. Cependant on voit très bien comment embrigadement se fait. C'est très lent mais c'est aussi très pervers. La Evie adulte nous le dit très bien quand elle analyse les gestes de Russel.

Côté ambiance ça rattrape l'ennui parfois de l'histoire. On image plutôt bien comment était ce ranch. On sent presque l'odeur et la saleté qui y régnait. Le côté sombre et caché de cette histoire nous apparaît aussi quand Evie, adulte, nous donne des détails qu'elle n'avait pas quand elle était adolescente.


Ce n'est clairement pas un coup de cœur. Mais ce livre est intéressant pour avoir une image, une vision de cette époque très particulière où les excès et les "sectes" étaient à l'oeuvre.

Editions : 10/18 - Date de parution : 17 Août 2017 - 360 pages

vendredi 18 août 2017

Le mal des ardents par Frédéric Aribit


Résumé :

Entretenir le feu sacré sous peine d'être enterré vivant.

On ne rencontre pas l'art personnifié tous les jours.
Elle est violoncelliste, elle dessine, elle peint, fait de la photo. Elle s'appelle Lou. Lorsqu'il tombe sur elle, par hasard, à Paris, c'est sa vie entière de prof de lettres désenchanté qui bascule et, subjugué par ses errances, ses fulgurances, il se lance à la poursuite de ce qu'elle incarne, comme une incandescence portée à ses limites.
Mais le merveilleux devient étrange, et l'étrange inquiétant : Lou ne dort plus, se gratte beaucoup, semble en proie à de brusques accès de folie. Un soir, prise de convulsions terribles, elle est conduite à l'hôpital où elle plonge dans un incompréhensible coma. Le diagnostic, sidérant, mène à la boulangerie où elle achète son pain.
Quel est donc ce mystérieux « mal des ardents » qu'on croyait disparu ? Quel est ce « feu sacré » qui consume l'être dans une urgence absolue ?
Il va l'apprendre par contagion. Apprendre enfin, grâce à Lou, ce qu'est cette fièvre qui ne cesse de brûler, et qui s'appelle l'art.

Avis :

Une rencontre qui arrive par hasard dans le métro. Une rencontre qui va bouleverser la vie d'un professeur de français qui mène une petite vie bien tranquille.

Cette jeune femme, Lou, est une vraie tornade. Elle ne laisse pas indifférent de part son comportement et son physique. Elle aime l'art. Elle vit l'art intensément. Elle ressent l'art comme personne.

Au début on se dit que c'est peut être dans sa nature d'être ainsi et de vivre tout à fond dans les moindres détails. Elle ressent intensément la musique et l'art. Elle en parle à merveille.
Mais au bout d'un moment on se dit qu'il y a quelque chose qui cloche chez Lou. Son comportement devient de plus en plus bizarre. Bien sûr on se rend compte de tout ça si on a n'a pas lu la quatrième de couverture.
Le professeur va d'abord être intrigué par cette femme. Mais on sent bien qu'avec la force des choses il va tomber amoureux et se passionner pour cette femme.

Toute cette première partie du livre est complètement dingue. Tout va à 200 à l'heure. On ressent la passion qui anime ces deux personnages. Il y a certains passages qui sont absolument sublimes et qui nous font aimer ces deux personnages. Les chapitres courts donnent un rythme au livre. La lecture de ce livre se fait extrêmement vite dans cette première partie. 
Quand il est question de musique, on a le droit à des passages très intenses et très beau qui nous décrive le ressenti que les personnages ont en l'écoutant. On ressent toute la profondeur des sentiments qui les traversent. 
Puis il y a les grandes envolées de Lou. Elle parle de ce qu'elle ressent par rapport à la musique ou à l'art comme personne. On sent à quel point pour elle c'est vital et tout l'amour qu'elle a pour l'art. C'est vraiment très beau et cela donne vraiment à réfléchir. Pour ma part je partage exactement son avis.

Puis arrive la scène dont il est question dans la quatrième de couverture. On se demande comment cela va se passer ensuite. Comment le personnage du prof va réussir à tenir et ce qu'il va faire pour elle ? 
Dans cette seconde partie, on apprend beaucoup de choses. Ça ressemble un peu à une enquête pour comprendre ce qui arrive à Lou et aussi l'origine lointaine de ce mal qui la ronge. On aborde plusieurs point de vue : celui de l'art, de la science mais aussi de la religion. C'est très intéressant pour comprendre ce mal et comment il a été vécu selon les époques.
Mais pour l'histoire entre Lou et le professeur, les choses sont bien différentes. Comme lui, on est un peu perdu et on est en manque des sentiments que l'on a pu vivre dans la première partie. Les choses retombe un peu. 
Au début j'ai été un peu déçue mais heureusement qu'il y a cette "enquête" de la part du professeur.


Le dernier chapitre du livre redonne une vraie bouffée à l'histoire. On voit que la passion qui anime cette histoire est encore là à travers la musique. Ce dernier chapitre nous fait vivre comme dans la première partie, la musique le plus intensément possible. 

C'est une lecture que j'ai beaucoup aimé malgré une seconde partie plus calme. Cette histoire entre les deux personnages est complètement dingue. L'auteur a une plume absolument sublime pour nous faire vivre au plus près la relation entre les deux personnages.

Éditeur : Belfond - Date de parution : 17 Août 2017 - 240 pages

lundi 14 août 2017

La petite cloche au son grêle par Paul Vacca


Résumé :

« Un soir, tu entres dans ma chambre alors que je me suis endormi. Le livre m'a échappé des mains et gît sur ma descente de lit. Tu t'en saisis, comme s'il s'agissait d'un miracle. – Mais tu lis, mon chéri ! souffles-tu en remerciement au ciel. Incrédule face à ce prodige, craignant quelque mirage, tu palpes l'objet. Non, tu ne rêves pas : ton fils lit. Intimidée, tu ouvres le livre, fascinée à ton tour... » Quand la découverte de Marcel Proust bouleverse la vie d'un garçon de 13 ans, de ses parents cafetiers et des habitants de leur petit village du Nord de la France. Des jeux innocents aux premiers émois de l'amour, de l'insouciance à la tragédie : l'histoire tendre et drôle des dernières lueurs d'une enfance colorée par le surprenant pouvoir de la littérature...

Avis :

J'ai découvert la plume de Paul Vacca avec son dernier livre "Au jour le jour". C'était un coup de cœur pour un livre vers lequel je ne pense que j'aurais été naturellement.
Après m'être renseigné sur la bibliographie de l'auteur, j'ai découvert ce livre que j'ai réussi à trouver très rapidement.
Les retours sur ce livre étaient tous très positifs donc la barre était très haut.

Dans ce livre c'est un jeune homme qui raconte son histoire à sa mère. Ce premier élément donne le ton du livre. On sent tout de suite très proche de cette histoire, on la vit au plus près. Ce jeune homme est tout de suite très touchant. Il raconte à travers ses yeux d'adulte son histoire d'enfant comme pour mieux convoquer les souvenirs et les sentiments qu'il a vécus.
Au fur et à mesure du livre, on va le voir changer et grandir avec ce qu'il va se passer. Sa relation avec sa mère est très importante dans le livre. A travers la découverte de l'oeuvre de Proust, ils vont se rapprocher et vivre des choses ensemble. Cette relation est belle et on voit à quel point leur complicité est très forte. C'est absolument bien décrit et sublime. Sa mère qui veut faire de lui un écrivain va être à fond derrière lui et va donner tout ce qu'elle peut pour qu'il continue à lire.
Son père est un peu en retrait de tout ça au début mais on sent que c'est une bonne âme.

L'oeuvre de Proust est centrale dans ce livre. Elle va inspirer la vie de ce jeune garçon dans la vie de tous les jours. J'avoue ne pas l'avoir lu mais la façon dont elle est présentée dans ce livre donne vraiment envie de s'y plonger et de découvrir cet univers et ces personnages.

Cette histoire est touchante du début à la fin. Il n'y a pas de chapitre seulement des parties. Mais le livre se lit très vite car l'écriture est absolument sublime. Elle vous enchante, elle vous emporte d'un bout à l'autre du livre.
J'ai été à la fois émue et émerveillé par cette histoire. Certains passages comme celui au début du livre avec la libraire vous font vous dire que ce livre est une vraie merveille.
On sait qu'à la fin de l'histoire quelque chose de triste va se produire donc que l'on sera forcément triste pour ce jeune homme. Mais c'est encore mieux. Ce passage est écrit de manière très subtile avec le minimum de mot et de détail pour vous donner une sacrée claque qui vous laisse sans voix.

Je suis une grande gourmande et ce livre m'a fait l'effet d'un excellent chocolat ou du meilleure bonbon que j'ai jamais mangé. C'est doux, c'est léger et on en veut encore. Ça vous emporte très loin pour vous laisser avec un plaisir immense mais aussi une grande tristesse que ce soit déjà fini.
Mais on se dit que l'on peut tout recommencer à zéro et peut être revivre la même chose.

Pour ce qui concerne la fin du livre, je l'ai adoré car on comprend pourquoi le narrateur s'adresse à sa mère. Et on finit sur une note d'espoir comme quoi le passé n'est jamais loin et que ce que l'on a vécu on peut le revivre à travers le souvenir.

Vous l'aurez sûrement compris, ce livre c'est un immense coup de cœur ! 

Si il est dans votre PAL, vous le sortez de suite et vous me direz merci après ;) 

Édition : Le Livre de Poche - Date de parution : 8 Mai 2013 - 168 pages