mardi 10 octobre 2017

Mon gamin par Pascal Voisine


Résumé :

Un presque enfant et un adulte pas comme les autres
Deux destins où dansent l’amitié et l’humanité.

Cet été 1977, un été de vinyles, de chaleur et de baignades, Thierry a 14 ans et découvre la musique, les premiers émois, les montagnes russes de l’adolescence où tout est à la fois morne et intense.
Il passe ses journées avec son meilleur ami, Francis, un handicapé mental qui vit à l’hôpital psychiatrique voisin depuis toujours. Le gentil Francis adorait la mère de Thierry, et va chaque semaine poser un petit caillou sur sa tombe. Il a vu naître Thierry, qu’il appelle «  mon gamin  », et lui voue une amitié joyeuse et entière.

Mais le destin s’appuie souvent sur pas grand-chose. Un infirmier tatoué fan d’Elvis, une belle-mère trop jeune et trop jolie, une guitare à deux manches, un chat bien curieux… Et tout bascule.

Quarante ans après ce mois d’août 1977, Thierry, devenu un chanteur à succès sous le nom de Marc Alder, va enfin découvrir la vérité sur les quelques jours qui ont changé toute sa vie.

Avis :

Avant de vous donner mon avis, je tiens à remercier Net Galley et les Éditions Calmann Lévy de m'avoir permis de lire ce livre.

La première chose qui m'a attirée vers ce livre est sa couverture. C'est quelque chose auquel je suis de plus en plus sensible. Le côté "tatouage" est ce qui m'a le plus plût. Le dessin a bien sûr un rapport avec l'histoire mais je ne vous le dirais pas ! 
Autre point non négligeable qui m'a amené à lire ce livre, c'est le faite qu'ils plaisent aux libraires et entre autre à la Librairie Port Maria. Les retours sur les réseaux sociaux ont été nombreux sur ce livre.

Dans ce livre, on effectue un retour dans le passé. Suite au décès de sa belle-mère, Thierry, devenu Marc Adler, retourne dans son village de naissance. Son village lui parait avoir changé. Les années ont passés depuis son départ mais il arrive à le reconnaître. En repartant d'un café, il se retrouve nez à nez avec une ancienne connaissance, "Mains de marteau". Il lui dit qu'il sait ce qu'il s'est passé lors de cet été 1977.
Pour Thierry c'est un retour dans le passé et sur cet été bien particulier qui a changé sa vie à jamais.

Ce récit est raconté à trois voix. 

Il y a le Thierry du présent. On voit que c'est un homme à qui il est arrivé beaucoup de choses dans sa vie et que maintenant il prend un certain recul. Mais on sent aussi que ses vieux démons du passé ne sont jamais loin. C'est un homme plus réfléchi, on le voit dans une scène en particulier avec une jeune fille dans sa voiture.

Et donc il y a le Thierry du passé, celui de l'été 1977. C'est un adolescent à cette époque. On le voit grandir et mûrir. Il est quand même assez mature pour son âge. Sa relation avec sa belle-mère est ce qui va le faire changer le plus. C'est une relation très étrange et perverse. On voit très vite que cela va prendre un côté malsain pour lui. L'influence de sa belle-mère aura des conséquences....mais je vais m'arrêter là.

Dans l'ensemble, je dirais que ce personnage est assez fascinant. On le voit changer et devenir quelqu'un d'autre. J'ai beaucoup aimé quand ado, il partage avec nous ses pensées assez drôles parfois. Le faite que ce soit lui qui nous raconte l'histoire, nous donne un point de vue intéressant sur cet été et aussi sur l'époque (musique, débat sur la peine de mort...). La psychologie de ce personnage est plutôt bien traitée.

Puis nous avons le point de vue d'un autre personnage : Francis. C'est un malade mentale qui habite dans l'asile psychiatrique du village. Il devient le meilleur ami de Thierry et lui donne ce surnom "mon gamin". Il va apporter un autre point de vue sur l'événement marquant de cet été 1977. Je l'ai trouvé très touchant. Il n'est pas méchant tant qu'on est gentil avec lui. Sa relation avec Thierry est vraiment très belle. La manière dont son point de vue est retranscrit m'a beaucoup plu. Le style utilisé est vraiment à l'image du personnage de Thierry.

Le but de ce retour dans le passé va être de découvrir l'événement qui a changé à jamais la vie de Thierry. Même si il y a un événement bien particulier, on se rend compte que c'est aussi la somme de plusieurs événements qui vont amener ce personnage là où il en est aujourd'hui.
Les allers retours entre le présent et le passé sont très menés. On ne se perd, cela permet une sorte de respiration au récit. Ils permettent aussi de prendre du recul aussi par rapport à la vie de Thierry dans ce village en 1977.
Ce village est aussi un élément très intéressant. Ce n'est pas un village comme les autres. Le faite que des malades mentaux côtoient les habitants amène quelque chose de particulier. La description du village et des habitants m'a fait penser à une sorte de huis clos. On ne quitte pas le village pendant une très grande partie du récit. On croise les mêmes personnages que l'on a l'impression de connaître presque par cœur à la fin. 

Du côté de l'écriture, je n'ai pas grand chose à redire. C'est simple et efficace. Je ne me suis pas ennuyé une seule seconde. J'ai même trouvé parfois qu'il y avait un petit côté thriller tellement on est dans le suspense pour savoir qu'elle est cette événement si important. 
Il n'y a qu'un seul passage qui m'a un peu ennuyé et que je n'ai pas compris. Un personnage nous parle de l'au delà...en dire plus est difficile car ce serait en dire trop sur l'histoire. J'ai trouvé ce passage assez bizarre et je ne comprends pas ce qu'il apporte à l'histoire.

La fin du livre quand elle m'a surprise et touché. J'étais triste mais aussi révolté. Nous sommes les seuls à connaître tous les détails de cette histoire.


Je suis ressortie de cette lecture assez émue. C'est un roman que je trouve très réussie. L'auteur a su m'embarquer dans cette histoire plutôt atypique.

Édition : Calmann Lévy - Date de parution : 16 Août 2017 - 248 pages

mercredi 4 octobre 2017

Entre deux mondes par Olivier Norek


Résumé :

Fuyant un régime sanguinaire et un pays en guerre, Adam a envoyé sa femme Nora et sa fille Maya à six mille kilomètres de là, dans un endroit où elles devraient l'attendre en sécurité. Il les rejoindra bientôt, et ils organiseront leur avenir.
Mais arrivé là-bas, il ne les trouve pas. Ce qu'il découvre, en revanche, c'est un monde entre deux mondes pour damnés de la Terre entre deux vies. Dans cet univers sans loi, aucune police n'ose mettre les pieds.
Un assassin va profiter de cette situation.
Dès le premier crime, Adam décide d'intervenir. Pourquoi ? Tout simplement parce qu'il est flic, et que face à l'espoir qui s'amenuise de revoir un jour Nora et Maya, cette enquête est le seul moyen pour lui de ne pas devenir fou.

Bastien est un policier français. Il connaît cette zone de non-droit et les terreurs qu'elle engendre. Mais lorsque Adam, ce flic étranger, lui demande son aide, le temps est venu pour lui d'ouvrir les yeux sur la réalité et de faire un choix, quitte à se mettre en danger. 

Avis :

Il y a des livres que l’on attend un peu comme on attend le Père Noël. Pour ma part j’attendais celui-ci depuis que j’ai su quel serait le thème et encore plus quand j’ai eu un résumé global. Mais je l’attendais aussi car il est écrit par un auteur que j’aime tout particulièrement (je dis ça pour ceux qui ne le saurait pas encore ^^).
Parler du sujet des migrants est plutôt épineux. Je ne pense pas que n’importe quel auteur aurait pu le faire et surtout pas de n’importe quel manière sans un minimum de recherche.

Le livre commence par deux très courts chapitres qui posent les bases.
Le premier nous montre une mère et sa fille qui en tant que migrantes vont faire la traversée en bateau pour rejoindre la France. Ce début m’a fait un choc car on m’a raconté une histoire similaire. Mais même sans cela on se prend une bonne claque d’entrée de jeu.
Le second est assez étrange. On comprend assez vite que nous sommes dans la Jungle lors de la démolition. Des corps sont retrouvés et un homme sort des bois et s’en approche. Le dialogue de fin entre policiers nous laisse sans voix mais montre la réalité.

Puis nous faisons la connaissance d’Adam, militaire de l’armée libre de Syrie. On rentre directement dans l’action avec lui pour le connaître. Il a le sens de l’engagement dans le sang. Mais c’est un homme qui aime profondément sa famille et qui est prêt à tout pour la retrouver.

Plus tard dans le livre on rencontre, en France, Bastien. Ce flic arrive de Bordeaux avec sa famille à Calais. Il vient pour diriger une équipe dans un commissariat. Sa vie familiale semble compliquée avec sa femme dépressive et une ado en pleine crise. De plus il comprend vite que son nouveau poste ne va pas être facile à cause de la Jungle. Il va devoir apprendre beaucoup de choses pour agir au mieux.

Ces deux personnages, je les ai beaucoup aimé. Ils sont dévoués à leur métier et surtout ils sont profondément humains. Ils viennent de deux pays différents mais ils se ressemblent beaucoup.

Un autre personnage est très marquant dans ce livre, il s’agit de Kilani. Sans en dire trop, ce jeune garçon m'a beaucoup ému. Son histoire est bouleversante et aborde un sujet très important .

Dans ce livre on va donc parler de la Jungle de Calais. L’auteur nous en parle dans les moindres détails. Tout est très documenté et précis. On sent que l’auteur a été sur place (il y a passé quelques semaines). En plus de nous parler des lieux, l’auteur nous parle des gens qui y vivent mais aussi de ceux qui sont à l’extérieur (habitants, policiers, associations…). Il n’y aucun parti pris dans ce livre. La situation nous est montrée dans sa globalité mais aussi dans sa complexité (la position difficile des policiers qui comprennent les migrants mais veulent aussi protéger leur ville).

L’histoire dans ce livre pourrait presque être secondaire. Elle mets du temps à démarrer mais c'est nécessaire pour bien poser le contexte. On sait que dans la Jungle il y a des meurtres non élucidés mais en parallèle il y a une histoire d’espionnage.
Voilà le seul point négatif de l’histoire selon moi. Je n’ai pas compris ce que venait faire là cette histoire d’espionnage. Elle aborde une thème très délicat qui aurait mérité soit d’être l’enquête principale ou alors abordé sur un peu plus de page.

On se prend beaucoup de claques dans ce livre, on remet en question pas mal de choses...bref on se prend la réalité en pleine face.

Ce livre a pour moi valeur de document historique sur la question des migrants. En 400 pages l’auteur nous dépeint parfaitement la réalité des migrants et des policiers. Son écriture, sa plume a encore évolué pour atteindre le niveau supérieur. Les dialogues sont, comme toujours, très justes et pertinents. Ce livre m’a profondément marqué et même plus que je ne le pensais. Malgré les moments difficiles, il y a toujours une lueur d’espoir auquel on s’accroche plus que jamais. 
La fin du livre m’a bouleversée au point d’en pleurer.

Si je dis que c’est l’un de mes plus gros coup de cœur de l’année je crois que personne ne sera surpris. Mais ce n’est pas que parce que c’est mon auteur « Chouchou », c’est aussi parce que ce livre est profondément humain et criant de vérité.


J’aurais encore bien des choses à vous dire pour vous convaincre d’aller chez votre libraire vous procurer un exemplaire….Mais sachez juste que vous feriez une erreur en passant à côté de ce livre….

Édition : Michel Lafon - Date de parution : 5 Octobre 2017 - 416 pages

mardi 3 octobre 2017

Le livre que je ne voulais pas écrire par Erwan Larher


Résumé

Je suis romancier. J'invente des histoires. Des intrigues. Des personnages. Et, je l'espère, une langue. Pour dire et questionner le monde, l'humain. Il m'est arrivé une mésaventure, qui est une tuile pour le romancier qui partage ma vie : je me suis trouvé un soir parisien de Novembre au mauvais endroit au mauvais moment ; donc lui aussi.

Avis

Voilà un livre que je ne voulais pas lire....
La première fois que j'en ai entendu parler, c'était à travers un article de Baptiste Ligier cet été sur Facebook. J'avais laissé un commentaire comme quoi je n'avais pas envie de lire ce livre. Puis plusieurs personnes ont réussi à me convaincre. Certaines personnes savent pourquoi je ne voulais pas le lire et je ne m'étendrais pas trop sur le sujet.

Ce livre parle de ce qu'a vécu Erwan lors du 13 Novembre 2015 au Bataclan. Il faisait partie des victimes de ce triste soir qui a endeuillé la France entière.
Longtemps il n'a pas voulu en parler car il ne voyait pas pourquoi il le ferait. Il ne voyait pas la légitimité qu'il pouvait avoir même si il était, parmi les victimes, le seul écrivain. Mais à force d'en parler, le processus d'écriture s'est mis en route.

Ce livre est son témoignage sur ce qu'il a vécu et sur ce qu'il ressent par rapport à cet événement. 

Mais il y a aussi d'autres choses dans ce livre. 
A un moment, il se met à la place des terroristes.
C'est un passage qui est assez difficile à lire et qui l'a été à écrire je pense. Mais il réussi à faire quelque chose d'incroyable. J'ai eu l'impression qu'il cherchait à entrer dans leur tête pour les comprendre sans les excuser à un seul moment mais aussi pour leur dire le fond de sa pensée. Ces passages, en plus d'être bien écrit, sont très bien documentés. Il s'adresse même à eux comme pour essayer de faire réagir. Un passage est très intéressant, c'est celui quand un des terroristes dit qu'il faut dire à Hollande que c'est de sa faute (l'attentat) et que c'est pour venger leurs "frères" morts en Syrie. Erwan analyse cette phrase et montrent à quel point se venger sur eux (civils en France) est vain.

Dans ce livre, il laisse aussi la place à ses proches. Il a laissé la parole à certains d'entre eux pour qu'ils racontent comment ils ont vécu cette soirée et parfois les jours qui ont suivi. Ces chapitres permettent de prendre du recul et de voir l'impact de cet événement et de ce qui est arrivé à Erwan sur ses proches. L'écriture de ces chapitres est sincère et très touchante.

Erwan nous raconte aussi ce qu'il a vécu juste avant cette soirée et ce qu'il s'est passé les jours et les mois suivants. Il partage à peu près tout avec nous y compris ses réflexions. Il parle de lui, pendant un bon moment, à la deuxième personne. Cela lui permet je pense de prendre du recul. Il fait ceci aussi pour nous parler de son passé mais aussi de ce qu'il a vécu au moment des faits et après.
Une des inquiétudes d'Erwan m'a fait sourire pas parce que c'est drôle mais parce qu'au milieu de tout ça, ça montre l'importance de la moindre petite chose. Elle peut paraître étrange au début mais en faite on comprend que pour lui c'est vital. Je n'en dirais volontairement pas plus.

Au début, j'ai eu du mal à lire ce livre comme je m'y attendais. Il m'a fallut plus de temps que d'habitude pour le lire que pour d'autres livres. Certains passages, surtout au début, sont assez difficiles à lire. Mais à aucun moment on ne tombe dans le côté larmoyant. Il n'y a aucun voyeurisme dans ce livre, uniquement de la sincérité.
Ce livre est très fort et admirablement bien écrit. Je ne connaissais pas la plume d'Erwan ni Erwan lui même. J'ai eu l'impression de le connaître un peu avec ce livre. 
On est parfois surpris par certains passages face à ce qu'il s'est passé mais cela nous montre que la vie continue et qu'il faut continuer à vivre malgré les événements difficiles.

Ce livre est devenu au fur et à mesure de la lecture un coup de cœur
Vous ne pouvez pas passer à côté d'un tel témoignage. 

Ce livre a, selon moi, valeur de document historique pour comprendre l'impact de cette horrible soirée.

Édition :Quidam Éditeur  - Date de parution : 24 Août 2017 - 268 pages

vendredi 22 septembre 2017

Sous ses yeux par Ross Armstrong


Résumé :

Passionnée d'ornithologie depuis son enfance, Lily Gullick ne s'éloigne jamais de sa paire de jumelles. Depuis l'appartement qu'elle occupe avec son mari, elle ne se contente toutefois pas d'observer les oiseaux. Elle ne peut en effet s'empêcher d'espionner ses voisins, en particulier les derniers habitants d'une vieille résidence, un vestige dans ce quartier qui s'embourgeoise à vue d'œil. Alors qu'elle vient de faire connaissance d'une de ses occupantes, Jean, cette dernière est retrouvée morte dans des conditions étranges. Lily, qui croit connaître presque intimement tous ses voisins pour les avoir longuement observés, décide de mener son enquête. Celle-ci, commencée par désoeuvrement, pour fuir un mari de plus en plus lointain, une vie un peu trop déprimante, tourne vite à l'obsession. 

Avis :

Voici le premier livre que je lis pour la Team Thriller des éditions du Cherche Midi. Pendant un an, nous serons 30 à recevoir tous les thrillers de cette maison d'édition. C'est un véritable honneur pour moi d'en faire partie. Mais c'est aussi drôle car mon cousin a travaillé il y a longtemps pour cette maison d'édition. Mais parlons du livre.....

Le résumé de ce livre avait tout pour plaire. Il y avait un petit côté espionnage à observer ses voisins et donc aussi un petit côté voyeurisme limite malsain pour aller titiller le lecteur. Le contexte de cette banlieue est aussi très intéressant. C'est un sujet très actuel qui peut parler à tout le monde. Quand on vit en ville on peut faire quelques rapprochements.
Et puis il y avait ce fait déclencheur : le meurtre de Jean. On se demande comment Lily va faire pour résoudre ce meurtre sur la base des observations qu'elle a faites de ses voisins. Le danger va être présent à chaque instant. 

Ce personnage de Lily est assez intriguant au début. Elle est très discrète, elle ne communique pas beaucoup avec les autres. Elle vit dans son monde avec son mari qui ne quitte pratiquement jamais leur appartement. Mais au fur et à mesure de l'histoire, on la trouve bizarre voir même très vite folle. Elle est complément inconsciente dans son comportement. Elle va vouloir mener l'enquête seule en utilisant des moyens très dangereux. Je n'ai pas du tout réussi à m'attacher à elle car entre autre je ne le comprenais pas.
C'est elle qui raconte l'histoire. Au début, on pense qu'elle s'adresse à nous mais assez vite on comprend qu'elle s'adresse à une autre personne que l'on découvre plus tard dans le roman.

Ce qui m'amène à parler du style de l'auteur. C'est pour moi le gros point noir du livre. 
J'ai trouvé l'écriture brouillonne. Parfois on passe "du coq à l'âne" d'un paragraphe à l'autre. J'ai dû plusieurs fois revenir un peu en arrière pour comprendre ce qu'il se passait exactement. 
De plus le rythme est irrégulier. Il y a des passages dans la seconde partie du livre qui font espérer que l'on va plus s'y retrouver mais cela ne dure pas. J'ai remarqué aussi des petites incohérences dans l'histoire avec par exemple le faite que Jean et une autre femme se soient retrouvées dans une valise alors que Jean a été retrouvé dans son appartement.
Il y a aussi beaucoup de longueur qui n'apporte rien à l'histoire. On est tout le temps dans la tête de Lily. Quand on sait qui elle est, cela explique l'écriture brouillonne. Mais c'est trop présent pendant le livre, ça rend donc la lecture trop laborieuse pour accrocher.

L'histoire est séquencée en plusieurs parties. A l'intérieur de ces parties, on remarque une chronologie particulière. On comprend tout de suite qu'il y a une sorte de compte à rebours. Au début j'ai pensé qu'il était lié au tout début du livre avant la première partie. 
Ce compte à rebours est intriguant mais très décousue. Cependant cela s'explique dans le livre. Mais on est quand même perdue. La fin du compte rebours arrive tôt pour moi et quand elle arrive on est déçu. Juste après on a la révélation sur Lily. Là on se dit que l'on va entrer enfin dans quelque chose d'intéressant. Mais Lily ne change pas vraiment pour moi et donc l'intérêt pour l'histoire n'arrive toujours pas....

Il y a quand même un peu de positif dans ce livre !

La fin du livre est ce que j'ai peut être le plus aimé dans le livre. Elle donne lieu à des scènes plutôt bien écrite et presque digne de film à sensation. On est assez captivé car on se demande comment tout cela va finir pour Lily et si elle va s'en sortir. La scène dans l'immeuble est une scène que j'ai beaucoup aimée car j'arrivais très bien à la visualiser. Elle est très cinématographique.

Comme vous l'aurez compris, ce livre n'est pas un coup de cœur. C'est un premier roman avec beaucoup de choses à améliorer. Cela ne sert à rien de compliquer encore plus une histoire qui à la base est déjà bien assez riche.
Mais je serais ravie de laisser une seconde chance à cette auteure !

Édition : Cherche Midi - Date de parution : 31 Août 2017 - 408 pages

mercredi 13 septembre 2017

[Dons] par Les Auteurs du Noir



Résumé :

D’organe, de tissu, de plaquettes, de sang, le don est le plus beau cadeau que l’on puisse faire. Il est essentiel.
Combien de vies sont sauvées chaque année par un don ? Peu par rapport au nombre de patients en attente d’un greffon.
Pour cette quatrième saison, les auteurs du noir ont décidé de mettre en avant ce geste. Écrire sur les transplantations, pour ces malades en attente, pour ces vies sauvées, pour faire changer d’avis, pour être tous donneurs.
Les droits d’auteur sont majorés de 50 % et reversés intégralement à FRANCE ADOT.

Avis :

Voilà un recueil de nouvelles sur lequel vous ne pouvez pas passer à côté ! 

Avant tout, il a été écrit pour la bonne cause. Le don d'organes est une cause extrêmement importante et même vitale. C'est un sujet sur lequel les gens sont peu sensibilisés je trouve. Sans le don d'organes, du sang, de moelle osseuse ou encore de tissus humains beaucoup de gens ne pourraient pas survivre.
Et puis quand on voit qui a écrit pour ce recueil....et bien on craque ! 
Je ne connaissais pas tous les auteurs mais il y a quand même de très grands auteurs comme Franck Thilliez, Jacques Saussey ou encore Ian Manook.

Je ne vous parlerais pas de toutes les nouvelles mais seulement de mes trois préférés. Je parlerais seulement de celles qui m'ont scotchées et qui m'ont même fait verser une petite larme.

Et je vais commencer par la nouvelle de la belle Claire Favan ! 
Un petit garçon a perdu sa maman. Lui et son père ont beaucoup de mal à s'en remettre. Cette mère a fait don de ses organes. Ce fils va avoir une idée un peu folle et surtout pas très légale pour faire son deuil...
Au début j'étais surprise car ce n'est pas dans le style de Claire Favan d'écrire ce genre de nouvelle. Mais à la fin j'ai été scotché et j'en ai pleuré. C'est une histoire surprenante et extrêmement bien écrite. Ce garçon m'a bouleversé. Au début on se dit que son idée est très étrange mais quand à la fin il explique pourquoi il a fait tout ça, on a juste envie de le prendre dans nos bras et de lui dire que ça va aller. C'est la nouvelle que j'ai le plus appréciée.

Ensuite il y a la nouvelle de Bob Garcia. Je n'ai pas encore lu de livre de cet auteur mais à la fin de l'été j'ai eu la chance de le rencontrer et je vous conseille d'aller le voir tellement il est adorable !!
Une jeune femme est sur le point de mourir mais avant elle veut faire une révélation à son compagnon....
Cette nouvelle aborde un thème très intéressant qui est celui de la mémoire cellulaire. J'ai beaucoup aimé la manière dont il est abordé. Dans cette histoire j'ai trouvé cela très crédible. Mais cette histoire est assez étrange, surprenante. Cette fameuse révélation peut paraître bizarre mais quand on prend un peu recul j'ai trouvé ça très beau. L'amour qui unit ces deux personnages est magnifique et il n'a pas été forcé. Mais je ne vais pas trop en dire pour ne pas vous gâcher le plaisir.

Et puis la dernière nouvelle dont j'ai envie de vous parler est celle....d'Olivier Norek ! :)
Si je n'en avais pas parlé comme étant une de mes préférés je sais que beaucoup aurait trouvé cela très étrange ! Donc c'est en toute objectivité que je vais vous en parler. ;) 
Dans un hôpital, un enfant va faire la connaissance d'un autre enfant hospitalisé comme lui. Cette rencontre se fait en toute simplicité et très directement comme seuls les enfants savent le faire. C'est un point qui m'a beaucoup plu. L'échange entre eux est sincère et sans filtre. Mais cette rencontre est très particulière.....
Cette histoire est comme celle de Claire Favan, elle sort du style habituel de l'auteur mais c'est très réussi ! Dans cette nouvelle il y a un peu de surnaturel et j'ai trouvé cela très intéressant. Comme celle de Bob, le thème de la mémoire cellulaire est en arrière plan. La fin est très touchante et on a envie de verser notre petite larme. Mais cette fin, on ne s'y attend pas et c'est là qu'on est touché en plein cœur.

Ce recueil de nouvelle est un vrai gros coup de cœur ! C'est l'occasion de faire une bonne action et de découvrir des auteurs qu'on ne connaît pas ou que l'on n'a pas encore lu. 
Le thème du don sous toutes ses formes est abordé d'excellente manière à chaque fois. Les auteurs de ce recueil ont su susciter la curiosité sur l'impact que peut avoir le don.

Donc les amis, vous l'aurez compris, il ne faut pas passer à côté de ce livre !!!!

Édition : Atelier Mosesu - Date de parution : 14 Septembre 2017 - 173 pages

Le jour d'avant par Sorj Chalandon


Résumé :

« Venge-nous de la mine », avait écrit mon père. Ses derniers mots. Et je le lui ai promis, poings levés au ciel après sa disparition brutale. J’allais venger mon frère, mort en ouvrier. Venger mon père, parti en paysan. Venger ma mère, esseulée à jamais. J’allais punir les Houillères, et tous ces salauds qui n’avaient jamais payer pour leurs crimes.

Avis :

En temps normal, ce n'est pas un livre vers lequel je serais allé. Le résumé ne m'aurait pas attiré plus que ça. Mais ce qui m'a décidé à le lire c'est l'avis d'un auteur dont je suis fan de la plume, Paul Vacca. Et qu'elle ne fut pas ma surprise !

Ce livre est un hommage aux mineurs et plus précisément à ceux qui ont péris lors de la catastrophe de Décembre 1974.
Le frère de Michel était mineur et faisait partie de ceux qui travaillaient dans cette fosse. Ce frère est parti à la mine alors que son père ne voulait pas qu'il y aille. La famille de Michel est modeste, ce sont des fermiers. Les fils étaient destinés à succéder à leur père.
La mort de se frère, Jojo, va bouleverser cette famille. Le père va demander à Michel de se venger de la mine.
On suit donc Michel dans son passé mais aussi dans son présent. Comment va t il s'y prendre ?

Ce livre, en plus d'être un hommage à ceux qui ont perdus la vie dans ces mines, est un livre qui nous parle de cette vie dans le Nord de la France. Le début du livre pose vraiment les choses pour comprendre cette vie avec ses habitudes et la situation des gens à cette époque.
Il y a énormément de détails sur, par exemple, ce que portent les mineurs. C'est extrêmement intéressant et cela apporte beaucoup de crédit à l'histoire. C'est une vraie plongée dans ce monde.
On est au plus près de ce qui se passait à l'époque.
Les descriptions sont aussi très nombreuses sur les "rituels", la journée d'un mineur. Cela n'a rien d'ennuyant mais c'est nécessaire pour comprendre la dureté de ce métier. Cela donne même un certain rythme au livre.

Le rythme est aussi donné par l'alternance entre le passé et le présent. Ce présent pour Michel est aussi très sombre. Sa femme décède de maladie et il va devoir affronter de nouveau le deuil. Mais sa femme reste là en arrière plan, presque comme un fantôme. Comme son frère disparu, elle le hante mais pour Michel, c'est une manière de ne pas sombrer que de se rappeler les souvenirs avec eux mais aussi pour affronter le présent.

Quand cette vengeance, dont on se doute très fortement qu'elle va arriver, arrive on se demande comment cette histoire va pouvoir continuer. Elle se produit tôt dans le livre. Mais l'auteur arrive quand même à nous surprendre ! Une révélation dont on ne pouvait absolument pas se douter relance l'intérêt pour ce livre. Cela m'a scotché ! Mais après cette révélation, on remet en doute le bien fondé de cette vengeance. Ce personnage, que l'on apprécie et que l'on comprend, devient presque un inconnu. Mais un personnage dont on ne soupçonne pas l'importance va nous aider à le comprendre et à "justifier" cette vengeance. La fin du livre est magnifique. On ne sait pas ce qui va arriver à Michel mais on s'en moque presque. On sait qu'il est en paix avec lui même et c'est le plus important.

Ce livre est très humain. Ce n'est pas un coup de cœur mais c'est une excellente découverte. J'ai pris beaucoup de plaisir à le lire et à découvrir la vie des mineurs. L'auteur arrive à rendre cela très intéressant. On ne tombe pas dans la caricature, il y a beaucoup d'humilité et presque de l'admiration qui se dégage du livre pour ces mineurs. Ce lien entre le présent et le passé est très intéressant car on voit l'impact que cela a encore aujourd'hui avec ceux qui sont encore là pour en parler. C'est une partie de notre histoire que nous ne devons pas oublier.

Je ne peux que vous recommander de lire ce livre ! Pour ma part je vais continuer à découvrir la plume sublime de Sorj Chalandon.
Merci aux Editions Grasset et à Net Galley !



Edition : Grasset - Date de parution : 16 Août 2017 - 336 pages

samedi 9 septembre 2017

Au nom de la mère par Margaux Chikaoui


Résumé :

Notre héroïne est une " fille-sans-père ", miroir en creux des " filles-mères ". Histoire banale, histoire fatale : aventure extra-conjugale entre une jeune femme issue d'un milieu populaire et un puissant magistrat. Elle fera la connaissance de son père à l'adolescence, au terme d'une procédure judiciaire qu'il aura tenté à tout prix de freiner, avec la complicité de certains de ses confrères.
Voici l'enfant illégitime devenue jeune fille adoubée. La découverte de l'univers feutré d'un monde qui lui a toujours semblé inaccessible sera une épreuve dans sa construction personnelle. Elle se lance dans des études de droit. Atavisme, désir de revanche ? Reproduira-t-elle l'histoire maternelle ?
Le récit d'une candeur explosée face aux méandres d'une justice à deux vitesses.

" Que l'on juge nos parents faibles, méprisables, haïssables ou durs, ceux-ci sont notre tout. Ceux à qui l'on rêve secrètement de ressembler, ou ceux que l'on fuit pour justement éviter un mimétisme gênant. Ainsi, peu sommes-nous qui considé rons nos mères et pères, dans nos cœurs entiers et profonds, tels nos autres. "

Avis :

Voilà un roman qui n'est pas commun. Déjà ce n'est pas le genre de roman que j'ai l'habitude de lire. Puis c'est un roman qui traite d'un sujet que je n'ai pas vu dans un autre livre avant.

L'histoire est racontée par la jeune "fille sans père". Elle nous parle de son histoire mais aussi de celle de sa famille, de sa mère dans leur volonté à obtenir la reconnaissance du père.
On commence l'histoire un peu avant sa naissance. Ainsi on comprend mieux pourquoi cet homme ne veut pas de cet enfant à tout prix. La famille de la mère est composée uniquement de femme. La matriarche veut le meilleur pour ses filles. On ressent sa toute puissance. Elle agit pour son bien à elle mais aussi pour ses filles même si elle a une préférence pour Lara. Elle l'a voit comme celle qui peut lui succéder. Cela explique pourquoi elle s'implique autant dans l'histoire de Lara et de sa petite fille.
Les autres femmes du clan ont aussi leur importance. Elles vont ne faire qu'une autour de Lara et de sa fille.

Le livre se divise en deux parties.
Dans la première c'est toute l'action que vont mener ces femmes pour la reconnaissance de paternité.
On ressent très vite l'injustice. Ces femmes ne sont pas riches et elles sont gênantes pour cet homme dans la haute société. Il va user de tous les moyens possibles pour freiner la procédure.
Cette partie m'a plu car on aborde plutôt bien le côté procédure même si j'aurais aimé qu'il le soit un peu plus. Mais l'autrice montre bien le faite que selon d'où l'on vient la justice n'est pas la même pour tous.
Malheureusement on voit aussi que cette famille fait ça aussi pour l'argent. On pourrait dire que l'on tombe un peu dans la caricature mais je ne pense que ce soit entièrement le cas. Au fur et à mesure on voit que ce n'est plus exactement le seul enjeu. Cela apparaît au fur et mesure que la "fille sans père" grandit et nous le raconte.
Dans la seconde partie, notre jeune "fille sans père" est une adolescente qui va vouloir construire sa vie en essayant d'y intégrer ce père qui n'a pas été là toute son enfance. On est comme elle, on est très partagé sur ce que l'on doit ressentir. Peut elle lui faire confiance ? Comment l'intégrer dans sa vie ?
Il y a beaucoup de questions qui se posent pour elle et jusqu'à la fin on ne sait pas comment elle va gérer tout ça. Par moment j'étais un peu perdue dans son questionnement. Elle semble assez lucide mais a une attitude un peu naïve sur ce père. Elle le met un peu trop sur un piédestal. 

Ce fût une lecture très agréable. L'écriture est très simple, ça donne une certaine fluidité au texte. Le point de vue de cette "fille sans père", dont on ne connaît pas le nom, est intéressant car sur le début du livre on peut quand même prendre du recul. Elle nous raconte comment elle a vécu son enfance avec son ressenti mais aussi avec ce qu'on lui a raconté. Rien ne nous est caché.
Il y a quelques petites longueurs essentiellement dans la première partie quand elle nous parle de sa famille. De plus j'aurais aimé que cette première partie soit plus développé côté suspense de la procédure et surtout de ce que le père aurait été près à faire.

La fin du livre est très touchante voir même émouvante. Elle passe un cap et s'envole vers une nouvelle vie. Mais on comprend qu'elle a peur de reproduire le même schéma que sa mère. Le poids de son passé est toujours là mais elle fait preuve de courage pour avancer. On finit ce livre en se disant qu'elle peut être fière d'être arrivé jusque là et qu'elle aura un bel avenir.

Pour un premier ouvrage je trouve que c'est plutôt réussi. Les thèmes abordés sont très intéressants et nous pousse un peu à la réflexion.

C'est une autrice à surveiller ! 

Editions : Michalon - Date de parution : 24 Août 2017 - 155 pages

mardi 5 septembre 2017

Nulle part sur la Terre par Michael Farris Smith


Résumé :

Une femme marche seule avec une petite fille sur une route de Louisiane. Elle n'a nulle part où aller. Partie sans rien quelques années plus tôt de la ville où elle a grandi, elle revient tout aussi démunie. Elle pense avoir connu le pire. Elle se trompe.

Russel a lui aussi quitté sa ville natale, onze ans plus tôt. Pour une peine de prison qui vient tout juste d'arriver à son terme. Il retourne chez lui en pensant avoir réglé sa dette. C'est sans compter sur le désir de vengeance de ceux qui l'attendent.

Dans les paysages désolés de la campagne américaine, un meurtre va réunir ces âmes perdues, dont les vies vont bientôt ne plus tenir qu'à un fil. 

Avis :

Avant de vous parler du livre, je dois vous préciser que c'est une lecture que j'ai pu faire grâce à Net Galley et aussi grâce aux Éditions Sonatine. Merci beaucoup à eux !

Ce livre c'est l'histoire de deux personnes qui au départ ne sont pas censés se rencontrer. Tout semble les opposer. Ils n'ont pas grand chose en commun à part le faite de vouloir vivre, voir survivre. Ils ont tout les deux un passé très difficile.
L'un sort de prison pour meurtre, l'autre tente de s'en sortir avec sa petite fille.

Nous faisons d'abord la connaissance de Maben et de sa fille. Elles sont sur la route et veulent atteindre un lieu pour se reposer et essayer de commencer une nouvelle vie. On a pitié d'elles et on ressent très vite leur souffrance. Maben n'est pas une mauvaise mère, elle veut le meilleur pour sa fille même si elle doute de pouvoir lui offrir.

Ensuite nous faisons la connaissance de Russel. Il sort tout juste de prison après avoir tué un jeune homme lors d'un accident de la route un soir où il avait trop bu. Il ne lui reste plus rien à part son père et une maison que son père a gardé pour lui. Mais Russel n'est pas débarrassé de son passé. Des personnes lui en veulent encore et veulent se venger. On sent qu'il n'est pas mauvais dans le fond. Il a fait une bêtise et il a payé pour cela.

Un événement va faire se rencontrer Russel et Maben. Et à partir de là on va comprendre qu'ils ont quelque chose en commun. Ce quelque chose on ne pouvait pas l'imaginer. 
Sans en dire trop, ils vont s'aider l'un l'autre pour s'en sortir et tenter de vivre une vie tranquille en oubliant le passé.

Le livre commence doucement pour bien cerner les personnages. On alterne entre les deux histoires de manière à garder l'attention du lecteur. Cette alternance est parfaite car à la fin d'un chapitre il y a toujours un événement important qui va se passer mais on doit attendre de retrouver le personnage en question pour connaître la suite.
Il y a peu de dialogue parfois ou alors ils sont présentés d'une manière très intéressante. Les choses se disent en peu de mots parfois vu la relation de certains personnages entre eux. On est plus dans le ressenti dans personnages. C'est plus intéressant.
La psychologie des personnages est très réussie. On est vite plongé dans ce qu'ils ressentent. Ils partagent tout avec nous. On va vite dans l'empathie à certains moments de l'histoire. Malgré ce qu'ils ont fait, ils sont touchants. Il y a toujours un espoir même petit. Leur humanité n’a pas disparu.
Les histoires secondaires restent intéressante car elles s’incorporent à l’histoire de Maben et Russel. Elles sont plutôt abouties. L’une repose sur la vengeance et l’autre est difficile à définir. Elle concerne celui chargé de l’enquête. Cet homme est partagé entre son amitié avec Russel et ce qu’il lui cache.

Ce livre n’est pas un gros coup de cœur mais c’est une lecture qui m’a touché. Je l’ai lu vite avec beaucoup de plaisir. La fin du livre est particulièrement réussie car on tremble pour ces personnages. On veut le meilleur pour eux. On veut que ce passé ne les hante plus et qu’ils avancent.

C’est un livre que j’ai du mal à classer en temps que thriller mais plutôt en roman noir avec de la lumière, de l'espoir. Le rêve américain est ce que les personnages veulent mais pour l’atteindre il faut d’abord souffrir et faire la paix avec son passé pour entrevoir l’avenir.

Éditions : Sonatine - Date de parution : 24 Août 2017 - 450 pages

mardi 22 août 2017

The Girls par Emma Cline


Résumé :

Californie, fin des années 1960. Evie Boyd, quatorze ans, vit seule avec sa mère. Lorsqu’elle se dispute avec sa seule amie, Evie se tourne vers un groupe de filles dont la liberté et l’atmosphère d’abandon qui les entoure la fascinent. Séduite par l’aînée, Suzanne, elle se laisse entraîner dans une secte au leader charismatique, Russell. Leur ranch est aussi étrange que délabré, mais, aux yeux de l’adolescente, il est exotique, électrique, et elle veut à tout prix s’intégrer. Son obsession pour Suzanne grandissant, Evie ne s’aperçoit pas qu’elle s’approche inéluctablement d’une violence impensable.

Avis

On a tous une image des années 60/70 avec les hippies, une vie libre en dehors de la société. Mais cette vie peut aussi cacher des choses peu reluisantes.

Ici nous sommes en 1969 où nous suivons la jeune Evie Boyd. C'est une toute jeune adolescente de 14 ans qui vit avec sa mère dans une banlieue plutôt aisée. Comme toutes les ados, elle se cherche et à envie de nouvelle expérience pour faire plus que son âge. Mais un jour, elle va rencontrer une jeune fille qui va bouleverser sa vie. Cette jeune fille ne ressemble à aucune autre qu'elle connaît. Il souffle comme un vent de liberté dans son attitude. Evie va vouloir devenir amie avec cette jeune fille et se faire accepter de sa bande.

Cette histoire nous est racontée par Evie à l'âge adulte avec encore un peu du regard de cette jeune ado qu'elle a été. On sait dès le début du livre que ce qu'elle a vécu ne s'est pas bien terminé en partie.
Elle tente de cacher aux autres ce qu'elle a vécue en étant la plus discrète possible mais son passé est toujours présent et la hante encore.

Le livre se divise en quatre parties. On commence toujours une partie avec Evie, adulte, qui vit dans la maison d'un ami où elle va faire la connaissance du fils de son ami et de sa copine. Ils vont l'obliger à se souvenir de son passé sombre. C'est ainsi qu'elle raconte ce qu'elle a vécue même si elle ne s'adresse pas particulièrement à eux. Ces moments dans le présent serve à nous montrer comment Evie est maintenant. Ils sont secondaires et pas forcément très intéressant. Ils sont cependant une pause avec le passé d'Evie.
Son histoire est racontée de manière chronologique en grande partie. Mais elle a ajouté son opinion d'adulte qui a pris du recul par rapport à ce qu'elle a vécu dans cette "secte". Dès le début on sait comment cela se termine. Ce qui est donc intéressant c'est de comprendre comment elle en est arrivée là. 

Au début j'avoue avoir eu beaucoup de mal dans les 100 premières pages. Tout me paraissait flou et difficile à comprendre. Je ne situais pas bien l'histoire et les différents personnages. Le style d'écriture est très particulier. On saute parfois d'une scène à l'autre ou alors quelque chose arrive sans que l'on s'en rende compte. De plus l'histoire démarre très lentement. La mise en place est longue. Il n'y a que quand Evie arrive au ranch que les choses deviennent plus intéressante.
La construction des phrases est aussi très particulière et m'a dérangé au début pour comprendre ce qu'il se passait. J'ai donc parfois été obligé de relire des passages pour être sûr de bien comprendre.

L'histoire ne m'a pas passionnée plus que ça. Les personnages sont très étranges et j'ai parfois du mal à les suivre. Evie est très naïve et elle est vraiment prête à tout pour se faire accepter. On se demande pourquoi personne et surtout sa mère ne voit pas qu'il se passe quelque chose. Mais je pense que pour comprendre il faut dire que la mentalité et la manière d'être avec ses enfants n'était pas la même entre hier et aujourd'hui.

Ce livre c'est le reflet d'une époque à travers les yeux d'une adulte qui a gardé une part de son âme d'adolescente.

La secte de Russel ne ressemble pas beaucoup aux sectes dont j'ai pu entendre parler qui date de cette époque. Mais je ne nie pas qu'une secte du même genre à exister. Le côté mystique n'est pour moi pas assez appuyé. Cependant on voit très bien comment embrigadement se fait. C'est très lent mais c'est aussi très pervers. La Evie adulte nous le dit très bien quand elle analyse les gestes de Russel.

Côté ambiance ça rattrape l'ennui parfois de l'histoire. On image plutôt bien comment était ce ranch. On sent presque l'odeur et la saleté qui y régnait. Le côté sombre et caché de cette histoire nous apparaît aussi quand Evie, adulte, nous donne des détails qu'elle n'avait pas quand elle était adolescente.


Ce n'est clairement pas un coup de cœur. Mais ce livre est intéressant pour avoir une image, une vision de cette époque très particulière où les excès et les "sectes" étaient à l'oeuvre.

Editions : 10/18 - Date de parution : 17 Août 2017 - 360 pages

vendredi 18 août 2017

Le mal des ardents par Frédéric Aribit


Résumé :

Entretenir le feu sacré sous peine d'être enterré vivant.

On ne rencontre pas l'art personnifié tous les jours.
Elle est violoncelliste, elle dessine, elle peint, fait de la photo. Elle s'appelle Lou. Lorsqu'il tombe sur elle, par hasard, à Paris, c'est sa vie entière de prof de lettres désenchanté qui bascule et, subjugué par ses errances, ses fulgurances, il se lance à la poursuite de ce qu'elle incarne, comme une incandescence portée à ses limites.
Mais le merveilleux devient étrange, et l'étrange inquiétant : Lou ne dort plus, se gratte beaucoup, semble en proie à de brusques accès de folie. Un soir, prise de convulsions terribles, elle est conduite à l'hôpital où elle plonge dans un incompréhensible coma. Le diagnostic, sidérant, mène à la boulangerie où elle achète son pain.
Quel est donc ce mystérieux « mal des ardents » qu'on croyait disparu ? Quel est ce « feu sacré » qui consume l'être dans une urgence absolue ?
Il va l'apprendre par contagion. Apprendre enfin, grâce à Lou, ce qu'est cette fièvre qui ne cesse de brûler, et qui s'appelle l'art.

Avis :

Une rencontre qui arrive par hasard dans le métro. Une rencontre qui va bouleverser la vie d'un professeur de français qui mène une petite vie bien tranquille.

Cette jeune femme, Lou, est une vraie tornade. Elle ne laisse pas indifférent de part son comportement et son physique. Elle aime l'art. Elle vit l'art intensément. Elle ressent l'art comme personne.

Au début on se dit que c'est peut être dans sa nature d'être ainsi et de vivre tout à fond dans les moindres détails. Elle ressent intensément la musique et l'art. Elle en parle à merveille.
Mais au bout d'un moment on se dit qu'il y a quelque chose qui cloche chez Lou. Son comportement devient de plus en plus bizarre. Bien sûr on se rend compte de tout ça si on a n'a pas lu la quatrième de couverture.
Le professeur va d'abord être intrigué par cette femme. Mais on sent bien qu'avec la force des choses il va tomber amoureux et se passionner pour cette femme.

Toute cette première partie du livre est complètement dingue. Tout va à 200 à l'heure. On ressent la passion qui anime ces deux personnages. Il y a certains passages qui sont absolument sublimes et qui nous font aimer ces deux personnages. Les chapitres courts donnent un rythme au livre. La lecture de ce livre se fait extrêmement vite dans cette première partie. 
Quand il est question de musique, on a le droit à des passages très intenses et très beau qui nous décrive le ressenti que les personnages ont en l'écoutant. On ressent toute la profondeur des sentiments qui les traversent. 
Puis il y a les grandes envolées de Lou. Elle parle de ce qu'elle ressent par rapport à la musique ou à l'art comme personne. On sent à quel point pour elle c'est vital et tout l'amour qu'elle a pour l'art. C'est vraiment très beau et cela donne vraiment à réfléchir. Pour ma part je partage exactement son avis.

Puis arrive la scène dont il est question dans la quatrième de couverture. On se demande comment cela va se passer ensuite. Comment le personnage du prof va réussir à tenir et ce qu'il va faire pour elle ? 
Dans cette seconde partie, on apprend beaucoup de choses. Ça ressemble un peu à une enquête pour comprendre ce qui arrive à Lou et aussi l'origine lointaine de ce mal qui la ronge. On aborde plusieurs point de vue : celui de l'art, de la science mais aussi de la religion. C'est très intéressant pour comprendre ce mal et comment il a été vécu selon les époques.
Mais pour l'histoire entre Lou et le professeur, les choses sont bien différentes. Comme lui, on est un peu perdu et on est en manque des sentiments que l'on a pu vivre dans la première partie. Les choses retombe un peu. 
Au début j'ai été un peu déçue mais heureusement qu'il y a cette "enquête" de la part du professeur.


Le dernier chapitre du livre redonne une vraie bouffée à l'histoire. On voit que la passion qui anime cette histoire est encore là à travers la musique. Ce dernier chapitre nous fait vivre comme dans la première partie, la musique le plus intensément possible. 

C'est une lecture que j'ai beaucoup aimé malgré une seconde partie plus calme. Cette histoire entre les deux personnages est complètement dingue. L'auteur a une plume absolument sublime pour nous faire vivre au plus près la relation entre les deux personnages.

Éditeur : Belfond - Date de parution : 17 Août 2017 - 240 pages

lundi 14 août 2017

La petite cloche au son grêle par Paul Vacca


Résumé :

« Un soir, tu entres dans ma chambre alors que je me suis endormi. Le livre m'a échappé des mains et gît sur ma descente de lit. Tu t'en saisis, comme s'il s'agissait d'un miracle. – Mais tu lis, mon chéri ! souffles-tu en remerciement au ciel. Incrédule face à ce prodige, craignant quelque mirage, tu palpes l'objet. Non, tu ne rêves pas : ton fils lit. Intimidée, tu ouvres le livre, fascinée à ton tour... » Quand la découverte de Marcel Proust bouleverse la vie d'un garçon de 13 ans, de ses parents cafetiers et des habitants de leur petit village du Nord de la France. Des jeux innocents aux premiers émois de l'amour, de l'insouciance à la tragédie : l'histoire tendre et drôle des dernières lueurs d'une enfance colorée par le surprenant pouvoir de la littérature...

Avis :

J'ai découvert la plume de Paul Vacca avec son dernier livre "Au jour le jour". C'était un coup de cœur pour un livre vers lequel je ne pense que j'aurais été naturellement.
Après m'être renseigné sur la bibliographie de l'auteur, j'ai découvert ce livre que j'ai réussi à trouver très rapidement.
Les retours sur ce livre étaient tous très positifs donc la barre était très haut.

Dans ce livre c'est un jeune homme qui raconte son histoire à sa mère. Ce premier élément donne le ton du livre. On sent tout de suite très proche de cette histoire, on la vit au plus près. Ce jeune homme est tout de suite très touchant. Il raconte à travers ses yeux d'adulte son histoire d'enfant comme pour mieux convoquer les souvenirs et les sentiments qu'il a vécus.
Au fur et à mesure du livre, on va le voir changer et grandir avec ce qu'il va se passer. Sa relation avec sa mère est très importante dans le livre. A travers la découverte de l'oeuvre de Proust, ils vont se rapprocher et vivre des choses ensemble. Cette relation est belle et on voit à quel point leur complicité est très forte. C'est absolument bien décrit et sublime. Sa mère qui veut faire de lui un écrivain va être à fond derrière lui et va donner tout ce qu'elle peut pour qu'il continue à lire.
Son père est un peu en retrait de tout ça au début mais on sent que c'est une bonne âme.

L'oeuvre de Proust est centrale dans ce livre. Elle va inspirer la vie de ce jeune garçon dans la vie de tous les jours. J'avoue ne pas l'avoir lu mais la façon dont elle est présentée dans ce livre donne vraiment envie de s'y plonger et de découvrir cet univers et ces personnages.

Cette histoire est touchante du début à la fin. Il n'y a pas de chapitre seulement des parties. Mais le livre se lit très vite car l'écriture est absolument sublime. Elle vous enchante, elle vous emporte d'un bout à l'autre du livre.
J'ai été à la fois émue et émerveillé par cette histoire. Certains passages comme celui au début du livre avec la libraire vous font vous dire que ce livre est une vraie merveille.
On sait qu'à la fin de l'histoire quelque chose de triste va se produire donc que l'on sera forcément triste pour ce jeune homme. Mais c'est encore mieux. Ce passage est écrit de manière très subtile avec le minimum de mot et de détail pour vous donner une sacrée claque qui vous laisse sans voix.

Je suis une grande gourmande et ce livre m'a fait l'effet d'un excellent chocolat ou du meilleure bonbon que j'ai jamais mangé. C'est doux, c'est léger et on en veut encore. Ça vous emporte très loin pour vous laisser avec un plaisir immense mais aussi une grande tristesse que ce soit déjà fini.
Mais on se dit que l'on peut tout recommencer à zéro et peut être revivre la même chose.

Pour ce qui concerne la fin du livre, je l'ai adoré car on comprend pourquoi le narrateur s'adresse à sa mère. Et on finit sur une note d'espoir comme quoi le passé n'est jamais loin et que ce que l'on a vécu on peut le revivre à travers le souvenir.

Vous l'aurez sûrement compris, ce livre c'est un immense coup de cœur ! 

Si il est dans votre PAL, vous le sortez de suite et vous me direz merci après ;) 

Édition : Le Livre de Poche - Date de parution : 8 Mai 2013 - 168 pages

dimanche 13 août 2017

Écosystème par Rachel Vanier


Résumé :

Marianne et Lucas sont les anti-héros de l'entrepreneuriat. Ils ont sauté le pas de la création d'entreprise, rêve de toute une génération de banquiers fatigués et de consultants blasés qui espèrent trouver dans les start-up le sens perdu dans leurs études à rallonge. Mais pendant que leurs idoles gagnent des millions dans la Silicon Valley, eux peinent à faire décoller leur projet. Ils s'envolent donc pour San Francisco chasser des licornes dans cet eldorado technologique.

Avis :

Selon Wikipédia, une start-up est "une jeune entreprise innovante à fort potentiel de croissance qui fait souvent l'objet de levées de fonds." Dis comme ça la définition parait encore un peu abstraite.
Personnellement je n'y connais absolument rien et ce n'est pas un milieu qui m'intéresse.
Mais j'ai quand même décidé de me plonger dans ce roman qui parle de ce monde de l'entrepreneuriat à travers l'histoire de Marianne et Lucas.

On suit l'histoire de deux jeunes gens qui ont monté leur start-up et qui vont subir de nombreuses péripéties. Car oui ce monde est semé d’embûches en permanence.
Dès le début de l'histoire, ils vont être confrontés à une nouvelle choc : l'un des associés décide de les lâcher. Avec cette scène on fait connaissance avec Marianne et Lucas.
Marianne est une jeune femme pleine d'énergie et surtout déterminée à réussir. Sa start-up c'est sa vie! Elle est plutôt bornée et têtue. Elle est très souvent exaspérante mais au fond on l'admire. Malgré tout ce qu'elle va se prendre, elle reste debout. On se demande quand même comment elle fait car beaucoup aurait tout lâcher.
Lucas est un vrai geek. C'est lui l'ingénieur/développeur de la start-up. Il apparaît très en retrait pendant une bonne partie de livre. Il est plutôt discret et n'a pas une grande ambition dans la vie. C'est l'ami d'enfance de Marianne. Il pourrait gagner des millions dans une entreprise mais il se contente plutôt d'une petite vie tranquille. On s'attache très vite à lui car c'est vraiment le gars sympa avec on peut devenir très vite ami.
Ces deux amis et co-associés vont partir à la conquête de San Francisco pour essayer de prendre un nouveau départ.

Le début du livre est un peu long mais il nous permet aussi de bien comprendre le monde des start-up. On plonge la tête la première dedans. Quand on n'y connaît absolument rien cela peut être très déstabilisant car l'auteure utilise le langage de ce monde. On est donc au début totalement perdu. Mais on arrive quand même à comprendre ce qu'il se passe et quels sont les enjeux au fur et à mesure. Le livre est donc complément accessible selon moi à des gens qui n'y connaissent rien. 
L'utilisation de ce langage est nécessaire et donne une vraie crédibilité au livre. On sent que ce livre est rempli de vécu. C'est pour cela que parfois on se dit que l'on est entre la fiction et le documentaire. On apprend beaucoup dans ce livre sur ce milieu très particulier.

Le style de l'auteure m'a plu car elle arrive à nous immerger dans ce milieu. Les personnages vont tomber très bas et on se demande bien si ils vont réussir à s'en sortir. Le milieu des start-up est sans pitié surtout à San Francisco. Mais on ressent ce milieu comme eux, c'est à la fois terrifiant et totalement excitant. La psychologie des personnages est plutôt réussie. On passe des chapitres entiers soit avec l'un ou l'autre. On les voit dans les bons comme dans les mauvais moments. Cependant certains chapitres n'apportent rien à l'histoire mais plus au personnage dans son évolution.
Les citations en début de chapitres sont très bien choisies. Elles sont très inspirantes et donnent parfois une petite lueur d'espoir.

C'est une lecture qui m'a beaucoup intéressé au final. C'est très crédible et on apprend beaucoup de choses. Il y a aussi des messages très intéressant dans le livre comme sur la place des femmes dans ce milieu. Il y a tout un échange sur le sujet entre Marianne et une chef d'entreprise à ce sujet qui concilie sa vie professionnel et sa vie personnelle. Mais ce livre nous éclaire aussi sur ce qu'est la dure réalité de ce milieu. C'est à la fois sans pitié mais avec énormément de possibilité.
Le dernier chapitre nous montre que même quand on tombe au fond du trou, il y a toujours un espoir de rebondir si on s'en donne le courage.

Je conseille ce livre autant à ceux qui connaissent le milieu qu'à ceux qui n'y connaissent rien.


La moral du livre pourrait être : tout est possible à qui s'en donne les moyens et ne baisse jamais les bras !

Éditeur : Intervalles - Date de parution : 7 Juin 2017 - 288 pages

lundi 7 août 2017

Ne dis rien à papa par François-Xavier Dillard


Résumé :

L'instinct maternel est l'arme la plus puissante au monde. Surtout quand on la retourne contre ses propres enfants.


Quatre jours et quatre nuits se sont écoulés avant que la police ne retrouve la victime dans cette ferme isolée. Quatre jours et quatre nuits de cauchemars, de douleurs et de souffrances, peuplés de cris et de visons imaginaires en face de ce jardin dans lequel elle a été enterrée vivante.

Sur un autre continent, loin de cet enfer, Fanny vit avec son mari et leurs jumeaux Victor et Arno. Leur existence bien réglée serait parfaite si elle ne percevait pas, au travers des affrontements qui éclatent sans cesse entre ses enfants, chez l'un, une propension à la mélancolie et, chez l'autre un véritable penchant pour le mal. Chaque jour elle se dit qu'elle ne pourra plus supporter une nouvelle crise de violence, ces cris qui la replongent au cœur d'images qu'elle voudrait tant oublier... À n'importe quel prix...

Et lorsqu'un nouveau voisin s'installe dans la grande maison, elle souhaite offrir le portrait d'une famille parfaite. Mais chaque famille a son secret et le sien est le plus terrible qui puisse exister. 

Avis

J'avais beaucoup entendu parler de François-Xavier Dillard et de son précédent roman. J'ai lu des avis très différentes les uns des autres. En tant qu'amatrice de thriller, je me suis laissé tenter par son dernier livre.

Dans ce livre, il y a plusieurs histoires. On jongle entre le présent et le passé. Les deux ont un lien mais il est loin d'être évident avant la fin du livre.

Dans le présent nous avons Fanny et sa famille. Ce personnage est extrêmement mystérieux. On ne sait absolument rien de son passé. On sait juste qu'elle est fleuriste et qu'elle a eu du succès grâce à ses livres. On se doute très vite qu'elle cache un passé très difficile. Son personnage est vraiment centrale, elle occulte le reste de la famille...ou presque. 
Ces deux enfants, Victor et Arno, sont très étranges. On ne comprend pas vraiment le pourquoi de leur relation. On se demande pourquoi personne ne voit que quelque chose ne va pas et donc n'agit pour que cela change. Une des scènes avec eux m'a mise très mal à l'aise. Je n'ai pas compris l'intérêt de cette scène. Mais ce que l'on peut appeler une explication arrive à la toute fin du livre. 
Dans le présent on suit aussi l'enquête et le tueur avec une de ses victimes. Ce n'est pas vraiment grâce à l'enquête que l'on avance. C'est une partie qui sert juste à justifier le reste de l'histoire. Mais l'enquêteur principal est un personnage assez intéressant que l'on aurait presque aimé voir un peu plus. En ce qui concerne le tueur et sa victime, c'est le floue totale. Même si on se doute à un moment du lien entre le milieu d'où viennent les victimes et le passé, il est difficile de le rattacher au reste avant la fin du livre.

Dans le passé, on suit ce que l'on comprend être deux histoires différentes. Le premier chapitre du livre qui nous parle du passé nous mets directement dans une ambiance très sombre et violente. La violence est ce que l'on ressent dans les scènes du passé. J'ai tenté à plusieurs reprises d'assembler les pièces de ce passé pour trouver le lien. Il faut attendre les 100 dernières pages pour enfin commencer seulement à comprendre ce qui unit le présent et le passé.

La mise en place de l'histoire est très longue. Elle l'était presque trop pour moi. Je ne voyais pas où l'histoire allait aller et comment la police allait trouver le meurtrier et surtout le lien avec Fanny. 
Le faite que tout reste flou très longtemps m'a un peu agacé. J'avais l'impression que l'histoire n'avançait pas.
Cette ambiance de mystère qui règne pendant quasiment tout le livre est intéressante car on fait mille et une supposition. Mais quand tout commence à se mettre en place c'est là que la "magie" opère. La fin est très surprenante et c'est l'explosion de violence. On ne pouvait pas soupçonner une telle fin même si on avait un doute sur un des personnages. 


C'est une lecture qui au début m'a un peu ennuyé mais la fin a sauvé l'histoire. Quand le puzzle s'assemble on est saisi par l'horreur de cette histoire. L'ambiance de cette histoire s'installe au fur et à mesure et c'est le gros plus du livre pour captiver le lecteur.
Même si ce n'est clairement pas un coup de cœur, ça reste une lecture intéressante.

Éditions : Belfond - Date de parution : 15 Juin 2017 - 320 pages

mardi 1 août 2017

Crimes au musée, recueil de nouvelles


Résumé

Dix-huit nouvelles de grandes dames du noir, européennes et québécoises.

Elles écrivent des polars. De ceux que l'on dévore. Et à la demande d'un lecteur passionné, elles se sont réunies autour d'un thème séduisant : le musée comme lieu de tous les crimes.

Musée d'art moderne, d'histoire, d'anthropologie, de sciences, du tatouage, de cire, toutes les salles sont ouvertes. En y pénétrant, l'atmosphère feutrée génère une impression de calme, presque de recueillement. Le sentiment de paix semble total et pourtant, nous sommes déjà sur une scène de crime, les œuvres en présence ont été témoins de la violence, de l'horrible et du machiavélique. Crime d'honneur, meurtre passionnel, vengeance, copie meurtrière d'un tableau ou petit meurtre sans conséquence... Qu'on soit simple visiteur, touriste ou gangster aux mains rougies par le sang, tous les coups sont permis.

Avis

"Crimes au musée", le titre est prometteur. Ce que j'ai pensé au début c'est que les nouvelles pourraient toutes se ressembler. Un meurtre dans un musée ou lié à un musée, ça peut paraître assez classique voir banal.
Mais pour ce recueil de nouvelles, Richard Migneault a su s'entourer de femmes de talents ! 
Au début le choix de n'avoir demandé qu'à des femmes est surprenant mais Richard s'en explique très bien dans l'avant propos du livre. Pour la féministe que je suis, c'est quelque chose qui m'a beaucoup plu même si je dois avouer que les polars/thrillers que je lis sont essentiellement écrit par des hommes. 
Donc dans ce livre ne lire que des nouvelles écrites par des femmes et en plus par des femmes auteures que je ne connais pas pour certaines : je ne pouvais être que curieuse de voir ce que cela allait donner.

Chacune des nouvelles s'accompagne d'une petite "biographie" de l'auteure écrite par Richard Migneault. Mais ces biographies ne sont pas écrites de manière classique. Elles sont écrites par un lecteur qui aime ces auteures et qui veut nous les faire découvrir et nous donner envie de poursuivre après la lecture de ces nouvelles. Elles ne sont pas ennuyeuses mais nous font découvrir l'auteure d'une manière singulière.

Je ne vous parlerais pas de toutes les nouvelles dans cette chronique mais seulement de trois d'entre elles qui m'ont le plus marquée.

La première qui m'a marquée est celle de Karine Giebel. C'est l'histoire d'une mère de famille qui élève seule ses deux enfants. Elle a trouvée un travail dans un musée comme assistante du directeur. Mais un soir son patron aura le geste de trop...Si elle veut garder son travail et subvenir aux besoin de sa famille, elle n'a pas le choix que d'accepter...
C'est une nouvelle très forte en émotion. Dès le début c'est la claque et l'ambiance est installée. On ressent tout dans ces quelques pages. Le malaise et la colère s’installent. On se met à la place de cette mère et on la comprend. La fin est très surprenante mais libératrice.

La seconde est celle de Marie Vindy. Deux corps sont retrouvés dans une pièce au dessus d'un petit musée de l'estampe. Une fois l'identité des victimes connues, une jeune femme policière va devoir découvrir ce qui les unissait et pourquoi ils ont été tués. 
Ce qui m'a particulièrement plu dans cette nouvelle, ce sont les descriptions. Elles sont tellement précises que l'on voit les formes et l'on sent les odeurs. Le faite que la jeune policière se mets à la place des victimes apporte une manière de raisonner très intéressante.

La troisième est celle d'Ingrid Desjours. Des personnes se retrouvent enfermés dans une pièce sans savoir pourquoi. On ne connaît pas leur identité et eux semblent avoir perdu la mémoire. Ils vont décider d'essayer de s'enfuir. Mais assez vite des tensions apparaissent dans le groupe. Chacun pense être la cible et que les autres ne sont que des victimes collatérales. 
Cette nouvelle est surprenante, inquiétante et très mystérieuse. On se doute de l'identité d'un des personnages dont on a seulement le prénom. Ce qui est fort dans cette nouvelle ce sont les liens entre les personnages. La dynamique de groupe qui s'installe est parfaitement décrite et très crédible. La fin de la nouvelle nous laisse un peu sans voix mais le plus c'est qu'il y a un vrai message à la fin qui fait réfléchir.

Je pourrais encore vous parler de d'autres nouvelles comme celle de Stéphanie de Mecquenem qui rend hommage à Agatha Christie, de celle de Nathalie Hug avec cet enfant qui aidé d'un ami imaginaire va amener sa mère à commettre le pire ou bien encore de celle de Barbara Abel où seul le lecteur sait et ressort de là avec un sentiment d'injustice. 
Mais je vais vous laisser découvrir ces nouvelles, toutes différentes de part le style ou la manière d'aborder le sujet, écrites par des femmes de talents.

Ce livre est une belle manière de découvrir ou redécouvrir des femmes auteures de talents. C'est une lecture agréable et parfaite pour l'été.

Un grand merci à Richard Migneault d'avoir eu l'idée de faire ce recueil de nouvelles qui nous montre que les femmes ont autant de talent que les hommes pour écrire du noir. J'espère qu'il donnera envie aux lecteurs de continuer la lecture avec les livres de ces auteures.

Edition : Belfond - Date de parution : 8 Juin 2017 - 416 pages

jeudi 27 juillet 2017

De cauchemar et de feu par Nicolas Lebel


Résumé :

Paris, jeudi 24 mars 2016  : à quelques jours du dimanche de Pâques, le cadavre d’un homme d’une soixantaine d’années est retrouvé dans un pub parisien, une balle dans chaque genou, une troisième dans le front.
À l’autopsie, on découvre sur son corps une fresque d’entrelacs celtiques et de slogans nationalistes nord-irlandais. Trois lettres barrent ses épaules  : IRA.
Le capitaine Mehrlicht fait la grimace. Enquêter sur un groupe terroriste irlandais en plein état d’urgence ne va pas être une partie de plaisir. D’autant que ce conflit irlandais remonte un peu.

Dans ce quatrième opus, Nicolas Lebel nous entraîne sur la piste d’un un assassin pyromane, un monstre né dans les années 70 de la violence des affrontements en Irlande du Nord, qui sème incendie, chaos et mort dans son sillage, et revient aujourd’hui rallumer les feux de la discorde à travers la capitale

Avis

Ayant lu les deux premiers livres (et pas le troisième encore....) avec l'équipe de Mehrlicht, je me suis plongé avec une grande joie dans ce quatrième livre. Les deux premiers m'avaient enchantés de part l'histoire, l'écriture et surtout l'humour ! 

Dans ce nouveau livre, on se plonge dans l'histoire de l'Irlande du Nord et de la guerre entre catholiques et protestants que nous connaissons très peu en France. Ce que beaucoup connaissent de cette guerre c'est le "Bloody Sunday" à travers la chanson du groupe U2 mais aussi du film du même nom. Mais ici on va beaucoup plus loin....
Ce tueur qui sévit dans Paris est né de ce conflit. Il a été façonné depuis son enfance à travers différents événements. Mais il faudra être patient pour connaître son identité et les raisons qui le pousse à tuer.
Le livre se construit donc entre des retours dans le passé et le présent.

Notre équipe d'enquêteurs n'a pratiquement pas changé. Mehrlicht a toujours son humour qui nous ravi à chaque fois ! Certains répliques sont vraiment hilarantes. Cela permet au lecteur de souffler un peu dans cette enquête sombre et difficile. Mais au fur et à mesure on sent qu'il va passer un cap dans sa vie en général. 
Pour Dossantos et Latour, les choses ont beaucoup changés et vont changer encore dans ce livre. Ils restent cependant égal à eux même. Pour Dossantos, quand on a lu le précédent livre, on comprend qu'il n'en a pas fini avec ses anciens démons.
On les aime toujours avec leurs qualités et leurs défauts. Ils sont devenus
Quant à la stagiaire de l'équipe, elle a été pour moi très transparente. On se rend compte très vite qu'elle ne fera pas long feu dans le métier.

L'enquête est intéressante et aussi complexe. Elle reste très floue pendant longtemps. Il y a beaucoup de pistes et nos enquêteurs vont avoir beaucoup de mal à comprendre ce qui relie tous ces meurtres. Seul le lecteur sera tout. Mais il devra aussi être patient avant de connaître l'identité du tueur.
Les retours en arrière sont nécessaire pour comprendre le présent. Au début du livre, ces retours dans le passé sont parfois très dense et riche en détail. Ils m'ont un peu perdu dans le rythme de lecture tellement il y a de choses qui se sont passés. 
Ce conflit va être abordé depuis ses débuts jusqu'à maintenant. On va voir les débuts à travers les yeux d'une bande de copains qui va se prendre de plein fouets cette guerre. On va les voir grandir au milieu de ce conflit. Et à un moment chacun devra choisir son camp.... J'ai trouvé cela très intéressant pour mieux comprendre ce conflit et l'impact qu'il a pu avoir et qu'il a toujours sur ceux qui ont participé.
On peut mettre ce qui se passe en parallèle avec ce que nous vivons aujourd'hui avec le terrorisme. On  ne parle pas de l'Islam dans le livre mais du Catholicisme et de manière plus global de l'extrême auquel peut mener la religion. Ce parallèle va aussi plus loin avec l'ambiance du Paris dans lequel on est qui est celui d'aujourd'hui avec la menace terroriste et le plan vigipirate ainsi que l'état d'urgence. L'atmosphère est donc parfois lourde mais à l'image de la réalité.

Comme dans les précédents livres, l'écriture est absolument parfaite. L'humour est vraiment le plus dans ce livre.
Le petit plus qui donne à lui seul beaucoup de rythme au livre, c'est le compte à rebours présent à chaque début de chapitre. On sait ainsi qu'un gros événement se prépare pour la fin. 
Il y a cependant des moments qui m'ont paru très long comme au début du livre quand nous sommes dans le passé. La description de certaines scènes est parfois très longues et m'a un peu perdu.

On peut dire que Nicolas Lebel confirme son talent d'écrivain avec ce livre extrêmement passionnant dans lequel on apprend beaucoup. Comme les précédents c'est un coup de cœur ! On s'attache vraiment à cette équipe que l'on espère retrouver peut être pour un prochain livre.



Éditions : Marabout - Date de parution : 3 Mai 2017 - 416 pages

samedi 15 juillet 2017

Rien ne se perd par Cloé Mehdi


Résumé :

Une petite ville semblable à tant d'autres... Et puis un jour, la bavure... Un contrôle d'identité qui dégénère... Il s'appelait Saïd. Il avait quinze ans. Et il est mort... Moi, Mattia, onze ans, je ne l'ai pas connu, mais après, j'ai vu la haine, la tristesse et la folie ronger ma famille jusqu'à la dislocation... Plus tard, alors que d'étranges individus qui ressemblent à des flics rôdent autour de moi, j'ai reconnu son visage tagué sur les murs du quartier. Des tags à la peinture rouge, accompagnés de mots réclamant justice ! C'est à ce moment-là que pour faire exploser le silence, les gens du quartier vont s'en mêler, les mères, les soeurs, les amis... Alors moi, Mattia, onze ans, je ramasse les pièces du puzzle, j'essaie de comprendre et je vois que même mort, le passé n'est jamais vraiment enterré ! Et personne n'a dit que c'était juste...

Avis :

Un livre d'une jeune auteure qui a reçu autant de prix vaut la peine qu'on s'y intéresse....
Ce livre ne se passe pas dans une ville précise. Cela m'a un peu dérouté mais très rapidement ça n'a plus été le cas car on comprend que cette histoire pourrait avoir lieu dans n'importe quelle ville.
On est dans une banlieue qui pourrait très bien être celle de Paris ou de Marseille. On pourrait aussi croiser les personnages dans une de ses banlieues.

Alors où est la force de livre ? Son originalité ?

Elle réside d'abord dans le personnage que l'on suit en majeur partie : Mattia. C'est un petit garçon de 11 ans avec qui la vie a été très dure. Son père s'est suicidé en HP et sa mère l'a abandonnée pour le confier à un homme dont le passé est très troublé. Il va se retrouver confronté au poids du passé : le sien et celui de la ville dans laquelle il habite. Ce petit garçon va devoir grandir plus vite que prévu. Il fait preuve d'une très grande maturité pour son âge. Il est à la fois très attachant mais on ressent comme une forme de respect. Malgré tout ce qui lui arrive, il reste debout et il se bat. Il se retrouve face à des adultes qui ne veulent pas lui dire la vérité sur ce qu'il se passe et ce qu'il s'est passé. On va donc demeurer comme lui dans une forme d'inconnue sur ce qu'il se passe vraiment et ce qu'il s'est passé. C'est à la fois frustrant mais très intéressant. On fait mille et une hypothèses et ainsi quand on découvre la vérité, on se prend une grande claque mais on a aussi mille et une question.

Dans ce livre on aborde beaucoup de thèmes qui peuvent être polémique. L'auteur nous donne un point de vue sur ces thèmes. 
Le premier dont il est beaucoup question est la violence policière. Ce thème est très actuel et on pense forcément à des affaires récentes. Je pense qu'il ne faut pas faire une généralité sur le sujet : tous les flics ne sont pas des salauds. Avec les personnages on a le point de vue de la famille de la victime. On ne tombe pas dans l'extrême mais on est, selon moi, sur le fil en permanence. On aborde aussi le point de vue des flics mais de manière trop légère. 
Avec ce thème, on parle forcément de la justice et de l'égalité dans le traitement des affaires. Là aussi on pourrait penser que l'on tombe dans la caricature mais on est bien obligé d'avouer que les choses se passent souvent ainsi : il y a d'un côté les privilégiés, les intouchables et de l'autre ceux qui par leurs origines ne vont pas être traités de la même manière. 
Il est aussi question de l’hôpital psychiatrique. Rien de polémique ici car je pense que la manière dont cela est abordé reflète la réalité. Mattia en parle de son point de vue à lui avec ce qu'il a vécu à travers son père mais aussi avec ce qu'il vit avec la copine de son tuteur. Il a peur lui aussi d'y être confronté. C'est donc à travers le point de vue d'un enfant avec toutes ses peurs que l'on en parle.

Mais la grande force de livre, c'est pour moi son écriture. Elle est brute et très directe. Mais elle est aussi très belle. Elle transmet des émotions très fortes. Elle est aussi le reflet du point de vue de cet enfant de 11 ans à qui on ne dit pas tout. On sent la rébellion dans les mots qui grandi et qui peut tout faire exploser. Les descriptions sont très simples mais on imagine très vite le lieu et l'ambiance sombre de cette banlieue. On a envie de croire qu'il y a un peu d'espoir mais encore une fois on colle à la réalité.
Certains chapitres ne sont pas du point de vue de Mattia. C'est nécessaire pour faire avancer l'histoire. On peut ainsi faire mieux connaissance avec ceux qui entourent ce petit garçon. 

La fin du livre est brutale mais inévitable. Mais elle conclue parfaitement cette histoire terriblement actuelle. 

C'est un grand livre écrit par une toute jeune romancière qui je pense n'a pas fini de nous surprendre. C'est un livre qui donne UN point de vue mais qui pousse aussi au débat de part les thèmes abordés.
La promesse faite par les nombreux prix est tenue : c'est un roman noir d'une grande qualité.

Edition : Jigal - Date de parution : 15 Février 2017 - 296 pages