vendredi 18 août 2017

Le mal des ardents par Frédéric Aribit


Résumé :

Entretenir le feu sacré sous peine d'être enterré vivant.

On ne rencontre pas l'art personnifié tous les jours.
Elle est violoncelliste, elle dessine, elle peint, fait de la photo. Elle s'appelle Lou. Lorsqu'il tombe sur elle, par hasard, à Paris, c'est sa vie entière de prof de lettres désenchanté qui bascule et, subjugué par ses errances, ses fulgurances, il se lance à la poursuite de ce qu'elle incarne, comme une incandescence portée à ses limites.
Mais le merveilleux devient étrange, et l'étrange inquiétant : Lou ne dort plus, se gratte beaucoup, semble en proie à de brusques accès de folie. Un soir, prise de convulsions terribles, elle est conduite à l'hôpital où elle plonge dans un incompréhensible coma. Le diagnostic, sidérant, mène à la boulangerie où elle achète son pain.
Quel est donc ce mystérieux « mal des ardents » qu'on croyait disparu ? Quel est ce « feu sacré » qui consume l'être dans une urgence absolue ?
Il va l'apprendre par contagion. Apprendre enfin, grâce à Lou, ce qu'est cette fièvre qui ne cesse de brûler, et qui s'appelle l'art.

Avis :

Une rencontre qui arrive par hasard dans le métro. Une rencontre qui va bouleverser la vie d'un professeur de français qui mène une petite vie bien tranquille.

Cette jeune femme, Lou, est une vraie tornade. Elle ne laisse pas indifférent de part son comportement et son physique. Elle aime l'art. Elle vit l'art intensément. Elle ressent l'art comme personne.

Au début on se dit que c'est peut être dans sa nature d'être ainsi et de vivre tout à fond dans les moindres détails. Elle ressent intensément la musique et l'art. Elle en parle à merveille.
Mais au bout d'un moment on se dit qu'il y a quelque chose qui cloche chez Lou. Son comportement devient de plus en plus bizarre. Bien sûr on se rend compte de tout ça si on a n'a pas lu la quatrième de couverture.
Le professeur va d'abord être intrigué par cette femme. Mais on sent bien qu'avec la force des choses il va tomber amoureux et se passionner pour cette femme.

Toute cette première partie du livre est complètement dingue. Tout va à 200 à l'heure. On ressent la passion qui anime ces deux personnages. Il y a certains passages qui sont absolument sublimes et qui nous font aimer ces deux personnages. Les chapitres courts donnent un rythme au livre. La lecture de ce livre se fait extrêmement vite dans cette première partie. 
Quand il est question de musique, on a le droit à des passages très intenses et très beau qui nous décrive le ressenti que les personnages ont en l'écoutant. On ressent toute la profondeur des sentiments qui les traversent. 
Puis il y a les grandes envolées de Lou. Elle parle de ce qu'elle ressent par rapport à la musique ou à l'art comme personne. On sent à quel point pour elle c'est vital et tout l'amour qu'elle a pour l'art. C'est vraiment très beau et cela donne vraiment à réfléchir. Pour ma part je partage exactement son avis.

Puis arrive la scène dont il est question dans la quatrième de couverture. On se demande comment cela va se passer ensuite. Comment le personnage du prof va réussir à tenir et ce qu'il va faire pour elle ? 
Dans cette seconde partie, on apprend beaucoup de choses. Ça ressemble un peu à une enquête pour comprendre ce qui arrive à Lou et aussi l'origine lointaine de ce mal qui la ronge. On aborde plusieurs point de vue : celui de l'art, de la science mais aussi de la religion. C'est très intéressant pour comprendre ce mal et comment il a été vécu selon les époques.
Mais pour l'histoire entre Lou et le professeur, les choses sont bien différentes. Comme lui, on est un peu perdu et on est en manque des sentiments que l'on a pu vivre dans la première partie. Les choses retombe un peu. 
Au début j'ai été un peu déçue mais heureusement qu'il y a cette "enquête" de la part du professeur.


Le dernier chapitre du livre redonne une vraie bouffée à l'histoire. On voit que la passion qui anime cette histoire est encore là à travers la musique. Ce dernier chapitre nous fait vivre comme dans la première partie, la musique le plus intensément possible. 

C'est une lecture que j'ai beaucoup aimé malgré une seconde partie plus calme. Cette histoire entre les deux personnages est complètement dingue. L'auteur a une plume absolument sublime pour nous faire vivre au plus près la relation entre les deux personnages.

Éditeur : Belfond - Date de parution : 17 Août 2017 - 240 pages

lundi 14 août 2017

La petite cloche au son grêle par Paul Vacca


Résumé :

« Un soir, tu entres dans ma chambre alors que je me suis endormi. Le livre m'a échappé des mains et gît sur ma descente de lit. Tu t'en saisis, comme s'il s'agissait d'un miracle. – Mais tu lis, mon chéri ! souffles-tu en remerciement au ciel. Incrédule face à ce prodige, craignant quelque mirage, tu palpes l'objet. Non, tu ne rêves pas : ton fils lit. Intimidée, tu ouvres le livre, fascinée à ton tour... » Quand la découverte de Marcel Proust bouleverse la vie d'un garçon de 13 ans, de ses parents cafetiers et des habitants de leur petit village du Nord de la France. Des jeux innocents aux premiers émois de l'amour, de l'insouciance à la tragédie : l'histoire tendre et drôle des dernières lueurs d'une enfance colorée par le surprenant pouvoir de la littérature...

Avis :

J'ai découvert la plume de Paul Vacca avec son dernier livre "Au jour le jour". C'était un coup de cœur pour un livre vers lequel je ne pense que j'aurais été naturellement.
Après m'être renseigné sur la bibliographie de l'auteur, j'ai découvert ce livre que j'ai réussi à trouver très rapidement.
Les retours sur ce livre étaient tous très positifs donc la barre était très haut.

Dans ce livre c'est un jeune homme qui raconte son histoire à sa mère. Ce premier élément donne le ton du livre. On sent tout de suite très proche de cette histoire, on la vit au plus près. Ce jeune homme est tout de suite très touchant. Il raconte à travers ses yeux d'adulte son histoire d'enfant comme pour mieux convoquer les souvenirs et les sentiments qu'il a vécus.
Au fur et à mesure du livre, on va le voir changer et grandir avec ce qu'il va se passer. Sa relation avec sa mère est très importante dans le livre. A travers la découverte de l'oeuvre de Proust, ils vont se rapprocher et vivre des choses ensemble. Cette relation est belle et on voit à quel point leur complicité est très forte. C'est absolument bien décrit et sublime. Sa mère qui veut faire de lui un écrivain va être à fond derrière lui et va donner tout ce qu'elle peut pour qu'il continue à lire.
Son père est un peu en retrait de tout ça au début mais on sent que c'est une bonne âme.

L'oeuvre de Proust est centrale dans ce livre. Elle va inspirer la vie de ce jeune garçon dans la vie de tous les jours. J'avoue ne pas l'avoir lu mais la façon dont elle est présentée dans ce livre donne vraiment envie de s'y plonger et de découvrir cet univers et ces personnages.

Cette histoire est touchante du début à la fin. Il n'y a pas de chapitre seulement des parties. Mais le livre se lit très vite car l'écriture est absolument sublime. Elle vous enchante, elle vous emporte d'un bout à l'autre du livre.
J'ai été à la fois émue et émerveillé par cette histoire. Certains passages comme celui au début du livre avec la libraire vous font vous dire que ce livre est une vraie merveille.
On sait qu'à la fin de l'histoire quelque chose de triste va se produire donc que l'on sera forcément triste pour ce jeune homme. Mais c'est encore mieux. Ce passage est écrit de manière très subtile avec le minimum de mot et de détail pour vous donner une sacrée claque qui vous laisse sans voix.

Je suis une grande gourmande et ce livre m'a fait l'effet d'un excellent chocolat ou du meilleure bonbon que j'ai jamais mangé. C'est doux, c'est léger et on en veut encore. Ça vous emporte très loin pour vous laisser avec un plaisir immense mais aussi une grande tristesse que ce soit déjà fini.
Mais on se dit que l'on peut tout recommencer à zéro et peut être revivre la même chose.

Pour ce qui concerne la fin du livre, je l'ai adoré car on comprend pourquoi le narrateur s'adresse à sa mère. Et on finit sur une note d'espoir comme quoi le passé n'est jamais loin et que ce que l'on a vécu on peut le revivre à travers le souvenir.

Vous l'aurez sûrement compris, ce livre c'est un immense coup de cœur ! 

Si il est dans votre PAL, vous le sortez de suite et vous me direz merci après ;) 

Édition : Le Livre de Poche - Date de parution : 8 Mai 2013 - 168 pages

dimanche 13 août 2017

Écosystème par Rachel Vanier


Résumé :

Marianne et Lucas sont les anti-héros de l'entrepreneuriat. Ils ont sauté le pas de la création d'entreprise, rêve de toute une génération de banquiers fatigués et de consultants blasés qui espèrent trouver dans les start-up le sens perdu dans leurs études à rallonge. Mais pendant que leurs idoles gagnent des millions dans la Silicon Valley, eux peinent à faire décoller leur projet. Ils s'envolent donc pour San Francisco chasser des licornes dans cet eldorado technologique.

Avis :

Selon Wikipédia, une start-up est "une jeune entreprise innovante à fort potentiel de croissance qui fait souvent l'objet de levées de fonds." Dis comme ça la définition parait encore un peu abstraite.
Personnellement je n'y connais absolument rien et ce n'est pas un milieu qui m'intéresse.
Mais j'ai quand même décidé de me plonger dans ce roman qui parle de ce monde de l'entrepreneuriat à travers l'histoire de Marianne et Lucas.

On suit l'histoire de deux jeunes gens qui ont monté leur start-up et qui vont subir de nombreuses péripéties. Car oui ce monde est semé d’embûches en permanence.
Dès le début de l'histoire, ils vont être confrontés à une nouvelle choc : l'un des associés décide de les lâcher. Avec cette scène on fait connaissance avec Marianne et Lucas.
Marianne est une jeune femme pleine d'énergie et surtout déterminée à réussir. Sa start-up c'est sa vie! Elle est plutôt bornée et têtue. Elle est très souvent exaspérante mais au fond on l'admire. Malgré tout ce qu'elle va se prendre, elle reste debout. On se demande quand même comment elle fait car beaucoup aurait tout lâcher.
Lucas est un vrai geek. C'est lui l'ingénieur/développeur de la start-up. Il apparaît très en retrait pendant une bonne partie de livre. Il est plutôt discret et n'a pas une grande ambition dans la vie. C'est l'ami d'enfance de Marianne. Il pourrait gagner des millions dans une entreprise mais il se contente plutôt d'une petite vie tranquille. On s'attache très vite à lui car c'est vraiment le gars sympa avec on peut devenir très vite ami.
Ces deux amis et co-associés vont partir à la conquête de San Francisco pour essayer de prendre un nouveau départ.

Le début du livre est un peu long mais il nous permet aussi de bien comprendre le monde des start-up. On plonge la tête la première dedans. Quand on n'y connaît absolument rien cela peut être très déstabilisant car l'auteure utilise le langage de ce monde. On est donc au début totalement perdu. Mais on arrive quand même à comprendre ce qu'il se passe et quels sont les enjeux au fur et à mesure. Le livre est donc complément accessible selon moi à des gens qui n'y connaissent rien. 
L'utilisation de ce langage est nécessaire et donne une vraie crédibilité au livre. On sent que ce livre est rempli de vécu. C'est pour cela que parfois on se dit que l'on est entre la fiction et le documentaire. On apprend beaucoup dans ce livre sur ce milieu très particulier.

Le style de l'auteure m'a plu car elle arrive à nous immerger dans ce milieu. Les personnages vont tomber très bas et on se demande bien si ils vont réussir à s'en sortir. Le milieu des start-up est sans pitié surtout à San Francisco. Mais on ressent ce milieu comme eux, c'est à la fois terrifiant et totalement excitant. La psychologie des personnages est plutôt réussie. On passe des chapitres entiers soit avec l'un ou l'autre. On les voit dans les bons comme dans les mauvais moments. Cependant certains chapitres n'apportent rien à l'histoire mais plus au personnage dans son évolution.
Les citations en début de chapitres sont très bien choisies. Elles sont très inspirantes et donnent parfois une petite lueur d'espoir.

C'est une lecture qui m'a beaucoup intéressé au final. C'est très crédible et on apprend beaucoup de choses. Il y a aussi des messages très intéressant dans le livre comme sur la place des femmes dans ce milieu. Il y a tout un échange sur le sujet entre Marianne et une chef d'entreprise à ce sujet qui concilie sa vie professionnel et sa vie personnelle. Mais ce livre nous éclaire aussi sur ce qu'est la dure réalité de ce milieu. C'est à la fois sans pitié mais avec énormément de possibilité.
Le dernier chapitre nous montre que même quand on tombe au fond du trou, il y a toujours un espoir de rebondir si on s'en donne le courage.

Je conseille ce livre autant à ceux qui connaissent le milieu qu'à ceux qui n'y connaissent rien.


La moral du livre pourrait être : tout est possible à qui s'en donne les moyens et ne baisse jamais les bras !

Éditeur : Intervalles - Date de parution : 7 Juin 2017 - 288 pages

lundi 7 août 2017

Ne dis rien à papa par François-Xavier Dillard


Résumé :

L'instinct maternel est l'arme la plus puissante au monde. Surtout quand on la retourne contre ses propres enfants.


Quatre jours et quatre nuits se sont écoulés avant que la police ne retrouve la victime dans cette ferme isolée. Quatre jours et quatre nuits de cauchemars, de douleurs et de souffrances, peuplés de cris et de visons imaginaires en face de ce jardin dans lequel elle a été enterrée vivante.

Sur un autre continent, loin de cet enfer, Fanny vit avec son mari et leurs jumeaux Victor et Arno. Leur existence bien réglée serait parfaite si elle ne percevait pas, au travers des affrontements qui éclatent sans cesse entre ses enfants, chez l'un, une propension à la mélancolie et, chez l'autre un véritable penchant pour le mal. Chaque jour elle se dit qu'elle ne pourra plus supporter une nouvelle crise de violence, ces cris qui la replongent au cœur d'images qu'elle voudrait tant oublier... À n'importe quel prix...

Et lorsqu'un nouveau voisin s'installe dans la grande maison, elle souhaite offrir le portrait d'une famille parfaite. Mais chaque famille a son secret et le sien est le plus terrible qui puisse exister. 

Avis

J'avais beaucoup entendu parler de François-Xavier Dillard et de son précédent roman. J'ai lu des avis très différentes les uns des autres. En tant qu'amatrice de thriller, je me suis laissé tenter par son dernier livre.

Dans ce livre, il y a plusieurs histoires. On jongle entre le présent et le passé. Les deux ont un lien mais il est loin d'être évident avant la fin du livre.

Dans le présent nous avons Fanny et sa famille. Ce personnage est extrêmement mystérieux. On ne sait absolument rien de son passé. On sait juste qu'elle est fleuriste et qu'elle a eu du succès grâce à ses livres. On se doute très vite qu'elle cache un passé très difficile. Son personnage est vraiment centrale, elle occulte le reste de la famille...ou presque. 
Ces deux enfants, Victor et Arno, sont très étranges. On ne comprend pas vraiment le pourquoi de leur relation. On se demande pourquoi personne ne voit que quelque chose ne va pas et donc n'agit pour que cela change. Une des scènes avec eux m'a mise très mal à l'aise. Je n'ai pas compris l'intérêt de cette scène. Mais ce que l'on peut appeler une explication arrive à la toute fin du livre. 
Dans le présent on suit aussi l'enquête et le tueur avec une de ses victimes. Ce n'est pas vraiment grâce à l'enquête que l'on avance. C'est une partie qui sert juste à justifier le reste de l'histoire. Mais l'enquêteur principal est un personnage assez intéressant que l'on aurait presque aimé voir un peu plus. En ce qui concerne le tueur et sa victime, c'est le floue totale. Même si on se doute à un moment du lien entre le milieu d'où viennent les victimes et le passé, il est difficile de le rattacher au reste avant la fin du livre.

Dans le passé, on suit ce que l'on comprend être deux histoires différentes. Le premier chapitre du livre qui nous parle du passé nous mets directement dans une ambiance très sombre et violente. La violence est ce que l'on ressent dans les scènes du passé. J'ai tenté à plusieurs reprises d'assembler les pièces de ce passé pour trouver le lien. Il faut attendre les 100 dernières pages pour enfin commencer seulement à comprendre ce qui unit le présent et le passé.

La mise en place de l'histoire est très longue. Elle l'était presque trop pour moi. Je ne voyais pas où l'histoire allait aller et comment la police allait trouver le meurtrier et surtout le lien avec Fanny. 
Le faite que tout reste flou très longtemps m'a un peu agacé. J'avais l'impression que l'histoire n'avançait pas.
Cette ambiance de mystère qui règne pendant quasiment tout le livre est intéressante car on fait mille et une supposition. Mais quand tout commence à se mettre en place c'est là que la "magie" opère. La fin est très surprenante et c'est l'explosion de violence. On ne pouvait pas soupçonner une telle fin même si on avait un doute sur un des personnages. 


C'est une lecture qui au début m'a un peu ennuyé mais la fin a sauvé l'histoire. Quand le puzzle s'assemble on est saisi par l'horreur de cette histoire. L'ambiance de cette histoire s'installe au fur et à mesure et c'est le gros plus du livre pour captiver le lecteur.
Même si ce n'est clairement pas un coup de cœur, ça reste une lecture intéressante.

Éditions : Belfond - Date de parution : 15 Juin 2017 - 320 pages

mardi 1 août 2017

Crimes au musée, recueil de nouvelles


Résumé

Dix-huit nouvelles de grandes dames du noir, européennes et québécoises.

Elles écrivent des polars. De ceux que l'on dévore. Et à la demande d'un lecteur passionné, elles se sont réunies autour d'un thème séduisant : le musée comme lieu de tous les crimes.

Musée d'art moderne, d'histoire, d'anthropologie, de sciences, du tatouage, de cire, toutes les salles sont ouvertes. En y pénétrant, l'atmosphère feutrée génère une impression de calme, presque de recueillement. Le sentiment de paix semble total et pourtant, nous sommes déjà sur une scène de crime, les œuvres en présence ont été témoins de la violence, de l'horrible et du machiavélique. Crime d'honneur, meurtre passionnel, vengeance, copie meurtrière d'un tableau ou petit meurtre sans conséquence... Qu'on soit simple visiteur, touriste ou gangster aux mains rougies par le sang, tous les coups sont permis.

Avis

"Crimes au musée", le titre est prometteur. Ce que j'ai pensé au début c'est que les nouvelles pourraient toutes se ressembler. Un meurtre dans un musée ou lié à un musée, ça peut paraître assez classique voir banal.
Mais pour ce recueil de nouvelles, Richard Migneault a su s'entourer de femmes de talents ! 
Au début le choix de n'avoir demandé qu'à des femmes est surprenant mais Richard s'en explique très bien dans l'avant propos du livre. Pour la féministe que je suis, c'est quelque chose qui m'a beaucoup plu même si je dois avouer que les polars/thrillers que je lis sont essentiellement écrit par des hommes. 
Donc dans ce livre ne lire que des nouvelles écrites par des femmes et en plus par des femmes auteures que je ne connais pas pour certaines : je ne pouvais être que curieuse de voir ce que cela allait donner.

Chacune des nouvelles s'accompagne d'une petite "biographie" de l'auteure écrite par Richard Migneault. Mais ces biographies ne sont pas écrites de manière classique. Elles sont écrites par un lecteur qui aime ces auteures et qui veut nous les faire découvrir et nous donner envie de poursuivre après la lecture de ces nouvelles. Elles ne sont pas ennuyeuses mais nous font découvrir l'auteure d'une manière singulière.

Je ne vous parlerais pas de toutes les nouvelles dans cette chronique mais seulement de trois d'entre elles qui m'ont le plus marquée.

La première qui m'a marquée est celle de Karine Giebel. C'est l'histoire d'une mère de famille qui élève seule ses deux enfants. Elle a trouvée un travail dans un musée comme assistante du directeur. Mais un soir son patron aura le geste de trop...Si elle veut garder son travail et subvenir aux besoin de sa famille, elle n'a pas le choix que d'accepter...
C'est une nouvelle très forte en émotion. Dès le début c'est la claque et l'ambiance est installée. On ressent tout dans ces quelques pages. Le malaise et la colère s’installent. On se met à la place de cette mère et on la comprend. La fin est très surprenante mais libératrice.

La seconde est celle de Marie Vindy. Deux corps sont retrouvés dans une pièce au dessus d'un petit musée de l'estampe. Une fois l'identité des victimes connues, une jeune femme policière va devoir découvrir ce qui les unissait et pourquoi ils ont été tués. 
Ce qui m'a particulièrement plu dans cette nouvelle, ce sont les descriptions. Elles sont tellement précises que l'on voit les formes et l'on sent les odeurs. Le faite que la jeune policière se mets à la place des victimes apporte une manière de raisonner très intéressante.

La troisième est celle d'Ingrid Desjours. Des personnes se retrouvent enfermés dans une pièce sans savoir pourquoi. On ne connaît pas leur identité et eux semblent avoir perdu la mémoire. Ils vont décider d'essayer de s'enfuir. Mais assez vite des tensions apparaissent dans le groupe. Chacun pense être la cible et que les autres ne sont que des victimes collatérales. 
Cette nouvelle est surprenante, inquiétante et très mystérieuse. On se doute de l'identité d'un des personnages dont on a seulement le prénom. Ce qui est fort dans cette nouvelle ce sont les liens entre les personnages. La dynamique de groupe qui s'installe est parfaitement décrite et très crédible. La fin de la nouvelle nous laisse un peu sans voix mais le plus c'est qu'il y a un vrai message à la fin qui fait réfléchir.

Je pourrais encore vous parler de d'autres nouvelles comme celle de Stéphanie de Mecquenem qui rend hommage à Agatha Christie, de celle de Nathalie Hug avec cet enfant qui aidé d'un ami imaginaire va amener sa mère à commettre le pire ou bien encore de celle de Barbara Abel où seul le lecteur sait et ressort de là avec un sentiment d'injustice. 
Mais je vais vous laisser découvrir ces nouvelles, toutes différentes de part le style ou la manière d'aborder le sujet, écrites par des femmes de talents.

Ce livre est une belle manière de découvrir ou redécouvrir des femmes auteures de talents. C'est une lecture agréable et parfaite pour l'été.

Un grand merci à Richard Migneault d'avoir eu l'idée de faire ce recueil de nouvelles qui nous montre que les femmes ont autant de talent que les hommes pour écrire du noir. J'espère qu'il donnera envie aux lecteurs de continuer la lecture avec les livres de ces auteures.

Edition : Belfond - Date de parution : 8 Juin 2017 - 416 pages

jeudi 27 juillet 2017

De cauchemar et de feu par Nicolas Lebel


Résumé :

Paris, jeudi 24 mars 2016  : à quelques jours du dimanche de Pâques, le cadavre d’un homme d’une soixantaine d’années est retrouvé dans un pub parisien, une balle dans chaque genou, une troisième dans le front.
À l’autopsie, on découvre sur son corps une fresque d’entrelacs celtiques et de slogans nationalistes nord-irlandais. Trois lettres barrent ses épaules  : IRA.
Le capitaine Mehrlicht fait la grimace. Enquêter sur un groupe terroriste irlandais en plein état d’urgence ne va pas être une partie de plaisir. D’autant que ce conflit irlandais remonte un peu.

Dans ce quatrième opus, Nicolas Lebel nous entraîne sur la piste d’un un assassin pyromane, un monstre né dans les années 70 de la violence des affrontements en Irlande du Nord, qui sème incendie, chaos et mort dans son sillage, et revient aujourd’hui rallumer les feux de la discorde à travers la capitale

Avis

Ayant lu les deux premiers livres (et pas le troisième encore....) avec l'équipe de Mehrlicht, je me suis plongé avec une grande joie dans ce quatrième livre. Les deux premiers m'avaient enchantés de part l'histoire, l'écriture et surtout l'humour ! 

Dans ce nouveau livre, on se plonge dans l'histoire de l'Irlande du Nord et de la guerre entre catholiques et protestants que nous connaissons très peu en France. Ce que beaucoup connaissent de cette guerre c'est le "Bloody Sunday" à travers la chanson du groupe U2 mais aussi du film du même nom. Mais ici on va beaucoup plus loin....
Ce tueur qui sévit dans Paris est né de ce conflit. Il a été façonné depuis son enfance à travers différents événements. Mais il faudra être patient pour connaître son identité et les raisons qui le pousse à tuer.
Le livre se construit donc entre des retours dans le passé et le présent.

Notre équipe d'enquêteurs n'a pratiquement pas changé. Mehrlicht a toujours son humour qui nous ravi à chaque fois ! Certains répliques sont vraiment hilarantes. Cela permet au lecteur de souffler un peu dans cette enquête sombre et difficile. Mais au fur et à mesure on sent qu'il va passer un cap dans sa vie en général. 
Pour Dossantos et Latour, les choses ont beaucoup changés et vont changer encore dans ce livre. Ils restent cependant égal à eux même. Pour Dossantos, quand on a lu le précédent livre, on comprend qu'il n'en a pas fini avec ses anciens démons.
On les aime toujours avec leurs qualités et leurs défauts. Ils sont devenus
Quant à la stagiaire de l'équipe, elle a été pour moi très transparente. On se rend compte très vite qu'elle ne fera pas long feu dans le métier.

L'enquête est intéressante et aussi complexe. Elle reste très floue pendant longtemps. Il y a beaucoup de pistes et nos enquêteurs vont avoir beaucoup de mal à comprendre ce qui relie tous ces meurtres. Seul le lecteur sera tout. Mais il devra aussi être patient avant de connaître l'identité du tueur.
Les retours en arrière sont nécessaire pour comprendre le présent. Au début du livre, ces retours dans le passé sont parfois très dense et riche en détail. Ils m'ont un peu perdu dans le rythme de lecture tellement il y a de choses qui se sont passés. 
Ce conflit va être abordé depuis ses débuts jusqu'à maintenant. On va voir les débuts à travers les yeux d'une bande de copains qui va se prendre de plein fouets cette guerre. On va les voir grandir au milieu de ce conflit. Et à un moment chacun devra choisir son camp.... J'ai trouvé cela très intéressant pour mieux comprendre ce conflit et l'impact qu'il a pu avoir et qu'il a toujours sur ceux qui ont participé.
On peut mettre ce qui se passe en parallèle avec ce que nous vivons aujourd'hui avec le terrorisme. On  ne parle pas de l'Islam dans le livre mais du Catholicisme et de manière plus global de l'extrême auquel peut mener la religion. Ce parallèle va aussi plus loin avec l'ambiance du Paris dans lequel on est qui est celui d'aujourd'hui avec la menace terroriste et le plan vigipirate ainsi que l'état d'urgence. L'atmosphère est donc parfois lourde mais à l'image de la réalité.

Comme dans les précédents livres, l'écriture est absolument parfaite. L'humour est vraiment le plus dans ce livre.
Le petit plus qui donne à lui seul beaucoup de rythme au livre, c'est le compte à rebours présent à chaque début de chapitre. On sait ainsi qu'un gros événement se prépare pour la fin. 
Il y a cependant des moments qui m'ont paru très long comme au début du livre quand nous sommes dans le passé. La description de certaines scènes est parfois très longues et m'a un peu perdu.

On peut dire que Nicolas Lebel confirme son talent d'écrivain avec ce livre extrêmement passionnant dans lequel on apprend beaucoup. Comme les précédents c'est un coup de cœur ! On s'attache vraiment à cette équipe que l'on espère retrouver peut être pour un prochain livre.



Éditions : Marabout - Date de parution : 3 Mai 2017 - 416 pages

samedi 15 juillet 2017

Rien ne se perd par Cloé Mehdi


Résumé :

Une petite ville semblable à tant d'autres... Et puis un jour, la bavure... Un contrôle d'identité qui dégénère... Il s'appelait Saïd. Il avait quinze ans. Et il est mort... Moi, Mattia, onze ans, je ne l'ai pas connu, mais après, j'ai vu la haine, la tristesse et la folie ronger ma famille jusqu'à la dislocation... Plus tard, alors que d'étranges individus qui ressemblent à des flics rôdent autour de moi, j'ai reconnu son visage tagué sur les murs du quartier. Des tags à la peinture rouge, accompagnés de mots réclamant justice ! C'est à ce moment-là que pour faire exploser le silence, les gens du quartier vont s'en mêler, les mères, les soeurs, les amis... Alors moi, Mattia, onze ans, je ramasse les pièces du puzzle, j'essaie de comprendre et je vois que même mort, le passé n'est jamais vraiment enterré ! Et personne n'a dit que c'était juste...

Avis :

Un livre d'une jeune auteure qui a reçu autant de prix vaut la peine qu'on s'y intéresse....
Ce livre ne se passe pas dans une ville précise. Cela m'a un peu dérouté mais très rapidement ça n'a plus été le cas car on comprend que cette histoire pourrait avoir lieu dans n'importe quelle ville.
On est dans une banlieue qui pourrait très bien être celle de Paris ou de Marseille. On pourrait aussi croiser les personnages dans une de ses banlieues.

Alors où est la force de livre ? Son originalité ?

Elle réside d'abord dans le personnage que l'on suit en majeur partie : Mattia. C'est un petit garçon de 11 ans avec qui la vie a été très dure. Son père s'est suicidé en HP et sa mère l'a abandonnée pour le confier à un homme dont le passé est très troublé. Il va se retrouver confronté au poids du passé : le sien et celui de la ville dans laquelle il habite. Ce petit garçon va devoir grandir plus vite que prévu. Il fait preuve d'une très grande maturité pour son âge. Il est à la fois très attachant mais on ressent comme une forme de respect. Malgré tout ce qui lui arrive, il reste debout et il se bat. Il se retrouve face à des adultes qui ne veulent pas lui dire la vérité sur ce qu'il se passe et ce qu'il s'est passé. On va donc demeurer comme lui dans une forme d'inconnue sur ce qu'il se passe vraiment et ce qu'il s'est passé. C'est à la fois frustrant mais très intéressant. On fait mille et une hypothèses et ainsi quand on découvre la vérité, on se prend une grande claque mais on a aussi mille et une question.

Dans ce livre on aborde beaucoup de thèmes qui peuvent être polémique. L'auteur nous donne un point de vue sur ces thèmes. 
Le premier dont il est beaucoup question est la violence policière. Ce thème est très actuel et on pense forcément à des affaires récentes. Je pense qu'il ne faut pas faire une généralité sur le sujet : tous les flics ne sont pas des salauds. Avec les personnages on a le point de vue de la famille de la victime. On ne tombe pas dans l'extrême mais on est, selon moi, sur le fil en permanence. On aborde aussi le point de vue des flics mais de manière trop légère. 
Avec ce thème, on parle forcément de la justice et de l'égalité dans le traitement des affaires. Là aussi on pourrait penser que l'on tombe dans la caricature mais on est bien obligé d'avouer que les choses se passent souvent ainsi : il y a d'un côté les privilégiés, les intouchables et de l'autre ceux qui par leurs origines ne vont pas être traités de la même manière. 
Il est aussi question de l’hôpital psychiatrique. Rien de polémique ici car je pense que la manière dont cela est abordé reflète la réalité. Mattia en parle de son point de vue à lui avec ce qu'il a vécu à travers son père mais aussi avec ce qu'il vit avec la copine de son tuteur. Il a peur lui aussi d'y être confronté. C'est donc à travers le point de vue d'un enfant avec toutes ses peurs que l'on en parle.

Mais la grande force de livre, c'est pour moi son écriture. Elle est brute et très directe. Mais elle est aussi très belle. Elle transmet des émotions très fortes. Elle est aussi le reflet du point de vue de cet enfant de 11 ans à qui on ne dit pas tout. On sent la rébellion dans les mots qui grandi et qui peut tout faire exploser. Les descriptions sont très simples mais on imagine très vite le lieu et l'ambiance sombre de cette banlieue. On a envie de croire qu'il y a un peu d'espoir mais encore une fois on colle à la réalité.
Certains chapitres ne sont pas du point de vue de Mattia. C'est nécessaire pour faire avancer l'histoire. On peut ainsi faire mieux connaissance avec ceux qui entourent ce petit garçon. 

La fin du livre est brutale mais inévitable. Mais elle conclue parfaitement cette histoire terriblement actuelle. 

C'est un grand livre écrit par une toute jeune romancière qui je pense n'a pas fini de nous surprendre. C'est un livre qui donne UN point de vue mais qui pousse aussi au débat de part les thèmes abordés.
La promesse faite par les nombreux prix est tenue : c'est un roman noir d'une grande qualité.

Edition : Jigal - Date de parution : 15 Février 2017 - 296 pages

jeudi 6 juillet 2017

Au jour le jour de Paul Vacca


Résumé :

Espérant trouver un nouveau souffle, Eugène Sue, feuilletoniste à succès, décide de s'aventurer dans les bas-fonds de la capitale, travesti en ouvrier. À quelques encablures seulement des beaux quartiers, il découvre, ébahi, la réalité poisseuse des faubourgs. Un monde nouveau s'ouvre à lui, baroque et hanté : celui de la pauvreté et du crime. De cette immersion naissent Les Mystères de Paris. Un succès miraculeux qui hypnotise la France entière, de l'ouvrier au ministre, et dont la rédaction quotidienne devient une aventure virevoltante mêlant dans un délicieux vertige la réalité à la fiction...
Au Jour le Jour rend un hommage complice à ce genre populaire et addictif qui s'inventait alors, plus d'un siècle avant les séries télévisées ! Il révèle aussi l'étonnante puissance de la littérature à changer nos vies et à réinventer le monde... même quand elle s'écrit au jour le jour.

Avis

Ce livre est une plongée dans le Paris d'avant la révolution au début des années 1840. Nous suivons le personnage d'Eugène Sue qui a réellement existé. On va faire sa connaissance dès son retour de l'armée mais surtout de sa grande ascension en tant que feuilletoniste à succès de l'époque et dans l'écriture de son roman à succès Les Mystères de Paris. Mais pour vivre la vie qu'il souhaite, il devra aller contre l'avis de son père qui préfère qu'il devienne comme lui un très grand médecin. Il veut se sentir vivant et vivre un peu une vie de bohème pour trouver sa place dans la société. Pour arriver à vivre cette vie il va devoir le faire sans que sa famille ne le sache.

Il va être amené à découvrir le roman feuilleton (très en vogue à l'époque) et il va vouloir s'y essayer. Grâce à ça il va découvrir une autre facette de sa ville qu'il aime tant. Ainsi il fera des rencontres qui vont changer sa vie et sa façon de voir les choses.
On voit ce personnage évoluer tout au long du livre. Au début il nous parait un peu hautin et en même temps complètement fou. Il part dans tout les sens tellement il veut vivre de nouvelles choses et surtout les vivre pleinement. Mais au fur et à mesure qu'il découvre les bas fonds de Paris, il semble changer et prendre conscience de la chance qu'il a de ne pas avoir à vivre dans le besoin malgré les quelques problèmes financiers qu'il a. Il en devient même attachant comme d'autres personnages de ce livre.

L'ambiance de ce Paris d'autrefois est très bien retranscrite. Que l'on soit dans la riche bourgeoisie ou dans les quartiers mal famés, on imagine très bien le décor et même les odeurs. On ne tombe jamais dans la caricature pour les personnages du livre. On se rend vraiment compte de ce qu'il se passait à l'époque selon la situation sociale. Vers la fin du livre, on voit qu'Eugène ne peut plus rester sans rien faire par rapport à ce qu'il voit et entend. Il se sert de la parole qu'il a pour prendre position et inciter au changement. J'ai trouvé que ce passage avait un côté très actuel même si il est question d'une époque et que les conditions de vie ne sont pas exactement les mêmes.

Les deux gros points positifs du livre, selon moi, sont : l'écriture et la construction de l'histoire. Ces deux éléments donnent un rythme au livre qui en fait un page turner. L'écriture est absolument divine. Dès le début j'ai été séduite. Il y a un côté poétique et même chantant. Quand Eugène est dans les bas fonds de Paris, l'auteur utilise le parlé de l'époque. Cela donne beaucoup crédibilité au récit mais aussi une certaine musicalité que j'ai adoré.
L'histoire est aussi construite comme un roman feuilleton. Quand on finit un chapitre ou une partie il se passe souvent un événement qui fait que l'on veut connaitre la suite rapidement. L'action y est aussi pour quelque chose. Le narrateur s'adresse par moment à nous et ainsi on se sent impliqué dans cette histoire, on vit les choses avec les personnages et surtout avec Eugène.

Ce livre est drôle, intelligent et c'est un vrai tourbillon d'émotion et de poésie. Ce n'est pas un coup de cœur mais j'ai passé un excellent moment de lecture. Ce roman devrait plaire à tout les passionnés d'Histoire et à celles et ceux qui veulent en connaitre un peu plus sur cette époque.

Édition : Belfond - Date de parution : 2 Février - 384 pages

samedi 17 juin 2017

Ceux qui savent par Julien Messemackers


Résumé :

Alexandre, jeune veuf au bout du rouleau, n’a qu’un seul espoir : celui de voir guérir sa fille, Hélène, atteinte d’une maladie orpheline depuis l’âge de 6 ans. Lorsque Frederick Stern, chercheur renommé, fait irruption dans leur vie en proposant de sauver l’adolescente, Alexandre croit à un miracle. À l’institut Stern, tout semble idyllique : Hélène suit un traitement révolutionnaire et découvre l’intensité du premier amour avec Simon, un jeune patient troublant. Mais le rêve tourne au cauchemar quand Alexandre entrevoit les véritables agissements du scientifique. Alors qu'il veut prendre la fuite avec sa fille pour la protéger, il ne se doute pas de l'engrenage qu'il va déclencher...

Avis :

Découvrir un premier roman est toujours quelque chose d'unique. On part souvent du principe qu'il y aura quelques points négatifs mais on peut aussi être très surpris. Ici même si c'est un premier roman, l'auteur est un scénariste. On s'attend donc à une certaine maîtrise du rythme et de la construction de l'histoire.

Dès le premier chapitre on découvre le personnage d'Alexandre. C'est un père de famille, veuf et surtout très perturbé. On comprend qu'il a quelques problèmes avec la boisson. Mais ce que l'on comprend surtout c'est qu'il aime plus que tout sa fille, Hélène. Il est vraiment près à tout pour elle, pour lui plaire et aussi la guérir. Sa fille c'est sa bouée de sauvetage pour cet ancien pilote de course. Malgré le faite qu'il peut s'emporter facilement, chaque parent ne pourra que le comprendre dans les actes qu'il accomplira dans ce livre.
Hélène, sa fille, est une ado typique. Elle est atteinte d'une maladie très grave. Malgré les épreuves difficile qu'elle a du traverser, elle tient debout. Elle montre un côté très mature parfois. Son père, malgré ses défauts, elle l'aime et veut rester avec.
Les liens entre le père et la fille sont très touchants. On a envie qu'ils s'en sortent et que tout finisse bien pour eux.
Autour de ces deux personnages, on peut parler du professeur Magnan. C'est celui qui soigne Hélène. Il est très proche de la jeune fille. On comprend que lui aussi pourrait faire n'importe quoi pour Hélène. Mais contrairement à Alexandre, cet homme a des failles qui vont l'en empêcher en partie.

Le personnage le plus inquiétant de ce livre est, sans nul doute, le professeur Stern. Avec lui tout semble beaucoup trop parfait. Il arrive presque comme un ange dans la vie d'Alexandre et Hélène. Il va savoir les manipuler pour qu'ils acceptent le traitement. Dans le chapitre qui précède l'arrivée d'Alexandre, on le découvre grâce à l'interview d'une journaliste. Cela nous donne une idée très générale du personnage. Ensuite des retours en arrière vont avoir lieu et on va comprendre pourquoi on en arrive là avec lui et surtout le pourquoi de ce qu'il fait.

Le dernier personnage dont on peut parler est Simon. C'est un ado qu'Hélène va rencontrer à l'Institut. Ils vont se rapprocher et se lier plus que d'amitié. Ils deviennent attachants. On comprend que Simon n'est pas là par hasard. Mais il va falloir du temps pour savoir qui il est. Le seul reproche que je peux faire sur ce personnage, c'est qu'il est beaucoup trop naïf. Dans certaines situations c'était même parfois agaçant. Du coup cela a rejaillit sur Hélène qui est pourtant une jeune fille qui a de la ressource.

La mise en place de l'histoire va prendre environ une centaine de pages. Cela m'a paru un peu long mais aussi nécessaire pour bien comprendre Hélène et Alexandre. L'arrivée à l'Institut va installer au fur et à mesure des doutes du faite que tout semble trop beau. Mais quand un événement va survenir à propos d'Hélène, on comprend qu'à partir de là les choses vont s’accélérer. A partir du moment où ils vont fuir, l'action est rudement menée. Certaines scènes sont dignes d'un film à sensation. C'est là que l'on voit le talent de scénariste de l'auteur.
Le livre prend un nouveau souffle quand on va commencer à avoir des chapitres sur le professeur Stern. L'auteur se sert d'événements réels en les détournant à peine pour les incorporer à l'histoire. J'ai trouvé cela extrêmement bien réussi car il sème ainsi presque le doute. On se dit que cela pourrait être vrai et donc cela renforce la crédibilité de l'histoire.
L'intérêt du livre redémarre aussi quand les personnages vont être séparés. On se dit que tout est possible pour eux et surtout le pire. On fait plein d'hypothèses, on pense voir les choses arriver mais on se trompe souvent. La tension devient de plus en plus palpable. 
Cependant il y a un moment qui m'a semblé un peu loupé. On comprend dans un chapitre ce qu'Alexandre a fait et dans le suivant on retrouve Alexandre et on découvre comment il en est arrivé là. Ce passage gâche un peu le suspense.

Le livre aborde le thème de la génétique. Il pose beaucoup de questions à travers ce qu'il nous montre. On voit que cela pourrait dériver très vite si on ne mettait pas un peu de contrôle dans tout ça. On est un peu partagé sur la question à la fin du livre. On voit que cela pourrait aidé des milliers de personnes mais aussi conduire à des dérives très dangereuses qui pourraient bouleverser le monde.
Le thème est cependant bien abordé sans devenir trop technique et abstrait. On voit bien les deux côtés, avantages et inconvénients. Comme dit précédemment, il est aussi abordé à travers des événements qui ont existé et cela renforce la crédibilité.

Pour un premier roman, je trouve ce livre plutôt réussi. L'écriture est fluide et la construction est bien menée. Il se lit très bien et par moment on n'arrive pas à le lâcher parfois. Les personnages sont tous très intéressants malgré leur défauts à la limite du supportable parfois (naïveté de certains). 

La fin du livre n'est pas entièrement fermée et on aime à imaginer la suite possible...

Éditeur : Anne Carrière - Date de parution : 1er Juin - 315 pages

samedi 3 juin 2017

Nous, les déviants par C.J Skuse


Résumé :
Quand Ella Newhall avait seize ans, elle appartenait à une bande qui s’était donné le nom des « Cinq sans peur ». Max, Corey, Fallon, Zane et elle passaient leurs vacances à faire du vélo, explorer l’île de la baie et frissonner en écoutant les histoires terrifiantes que leur racontait Jessica. Et puis Jessica est morte renversée par un bus qui roulait trop vite.
Quatre ans plus tard, Max est devenu un fils à papa fainéant et camé. Corey déprime dans son coin, prisonnier de ses pensées morbides. Fallon est enceinte de huit mois, à la suite d’une aventure d’un soir. Et Zane est devenu le voyou du coin. Ella, à présent plus connue sous le surnom « le Volcan », poursuit sous les encouragements de la presse locale le rêve d’une médaille olympique sur les pistes de course. Il est bien loin, le temps où ils étaient « sans peur ». La seule chose qu’ils partagent encore est une envie dévorante de revanche. Inspirée par les histoires d’horreur que leur racontait Jessica, la bande se reforme, et ses membres décident de se venger de tous ceux qu’ils estiment coupables d’avoir gâché leur adolescence. Ils vont découvrir que le vieux proverbe dit vrai : « Quand tu décides de te venger, creuse deux tombes, une pour ton ennemi et une pour toi. »

Avis

Avant de parler du livre, un mot sur la couverture. Je trouve que les éditions La Belle Colère ont de sublimes couvertures qui au touché sont très agréable. C'est la première fois que je lis un livre de cette collection.

Ce livre c'est l'histoire d'une bande d'amis que le temps a changé mais a aussi séparé comme cela arrive souvent. 
On commence le livre avec un premier chapitre très énigmatique. On ne sait pas de suite qui nous parle et ce qu'il a fait exactement mais on sait qu'il s'est passé quelque chose de très grave. 
Ensuite on a une phrase en italique. Il y en a quasiment entre chaque chapitre. J'ai fait plein de suppositions sur qui parle à Ella (on comprend vite qu'il s'agit d'elle dans le premier chapitre) mais je me suis complètement trompé. Ella, le personnage principal, va donc raconter son histoire à un personnage pour que l'on comprendre par quoi elle est passé.
Ella est une jeune femme sportive. Elle est pressentie pour être une championne olympique. C'est une jeune femme au fort caractère mais qui cache une blessure. Elle est en couple avec Max depuis très longtemps. Leur relation a des hauts et surtout des bas. Max veut passer à l'étape supérieure mais pour Ella s'est compliqué. Le pourquoi de cette difficulté est très important dans l'histoire. Je l'ai trouvé très attachante malgré ses blessures. On a envie de la prendre dans nos bras et de l'aider. Elle change sous nos yeux.
Max est un homme qui vient d'une riche famille. Il a un comportement parfois étrange. Il semble ne pas comprendre Ella. Je l'ai trouvé très agaçant par moment. On le voit s'enfoncer de plus en plus et il s'approche dangereusement de la limite.
Ils vont renouer contact avec deux autres membres du groupe de leur enfance : Corey et Fallon. Ces deux là sont au début étrange. On sent que intellectuellement ils ne sont pas au même niveau de Ella et Max mais ils n'en sont pas moins intelligents à leur manière. Je les ai trouvé très attachants rapidement.

Ensemble ils vont vouloir se venger d'abord pour s'entraider entre eux mais le passé va les rattraper et les secrets ne vont pas pouvoir rester longtemps enfouis.

Dans ce livre il est dont question d'amitié en grande partie. La dynamique de groupe est parfaitement retranscrite par l'auteur. On va avoir des références à leur passé pour comprendre d'où ils viennent et le pourquoi de maintenant. Pour cela le personnage de Jessica va apparaître. C'était la sœur de Max décédé dans des conditions tragiques et un peu énigmatiques.
On parle aussi de vengeance. Avec le groupe, elle est cruelle et va très loin. On peut trouver ça choquant au début mais très vite on les comprend et on est d'accord avec eux. On se dit que les gens qui la subissent l'ont mérité. Cette vengeance les rapproche. Elle va surtout donner à Ella un exutoire à sa colère. Derrière sa colère il y a un secret. Et ce secret va nous être dévoilé au fur et à mesure du livre à partir de la moitié.
A partir de là le livre devient très addictive. Il l'est avant de par l'action qui est rudement mené mais quand le secret se dévoile on se demande déjà comment Ella va gérer cela et comment cela va se terminer. On imagine beaucoup de chose mais on n'est pas préparé à une telle fin...
La fin m'a faite pleurer d'abord de tristesse. J'étais choqué, surprise car je ne m'attendais pas à cela. J'ai même trouvé cela injuste au début mais ensuite on se dit que grâce à ça des gens ont pu être aidé d'une certaine manière. C'est pour cela qu'ensuite on pleure de joie car on est heureux de ce qu'il va se passer pour des membres du groupe auquel finalement on s'est attaché.

Ce livre est servie par une écriture sublime qui retranscrit parfaitement les émotions d'Ella et aussi des ses amis. On est parfois agacé par ce qu'il se passe mais on est aussi touché. Il y a des passages très drôle et d'autres où on tremble pour ce petit groupe d'amis. Je ne pensais pas me laisser embarqué dans ce livre mais on s'attache à cette bande d'amis et on veut savoir jusqu'où ils vont aller. 


Ce livre est devenu un vrai coup de cœur ! Je ne pensais pas être autant embarqué dans cette histoire et passer par tout un tas d'émotion.

Edition : La Belle Colère - Date de parution : 24 Mai 2017 - 380 pages


samedi 27 mai 2017

Une mère par Alejandro Palomas


Résumé

Barcelone, 31 décembre. Amalia et son fils Fernando s'affairent en attendant leurs invités. En ce dîner de la Saint-Sylvestre, Amalia, 65 ans, va enfin réunir ceux qu'elle aime. Ses deux filles, Silvia et Emma ; Olga, la compagne d'Emma, et l'oncle Eduardo, tous seront là cette année. Un septième couvert est dressé, celui des absents.

Chacun semble arriver avec beaucoup à dire, ou, au contraire, tout à cacher. Parviendront-ils à passer un dîner sans remous ?
Entre excitation, tendresse et frictions, rien ne se passera comme prévu. 

Avis :

Qui n'a pas redouté un repas de famille quand entre les membres il y a parfois des tensions et que tout peut déraper ? Qui n'a pas peur de ces repas où des choses difficiles peuvent être dite ?

Dans ce livre nous sommes le 31 Décembre et la famille de Fernando se réunit chez Amalia, la mère. Cette famille a connu pas mal de moments difficiles.
La mère, Amalia, a quitté son mari et vit désormais seule. Son mari était très dur avec elle, il l'a rabaissait sans cesse. C'était un véritable arnaqueur qui a fait beaucoup de mal à chacun de ses enfants de par son comportement.
Le fils, Fernando, qui raconte cette histoire, a vécu une séparation douloureuse du jour au lendemain avec son compagnon. Il l'a quitté en lui offrant un chien, Max. Il va vivre une véritable remise en question d'absolument tout. Il va être encore plus proche de sa mère qu'il va beaucoup aider.
Nous avons enfin les sœurs : Silvia et Emma. Silvia est une femme indépendante à qui tout semble réussir. Mais très vite on va se rendre compte que ce n'est qu'une apparence. Sa mère l'agace énormément mais elle ne peut pas s'empêcher de l'aider. Silvia est une femme qui veut tout contrôler et qui ne supporte pas ce qui ne va pas dans son sens et qui est trop différent.
Emma, elle s'est tout l'inverse. Elle affiche une nature désinvolte. Elle vit avec Olga qui a le don particulier d'agacer sa soeur Silvia. Elle a décider avec Olga de changer de vie du tout au tout. Mais on sent assez vite qu'elle cache une grande souffrance. C'est ce qu'elle a en commun avec Silvia mais pour des raisons différentes, elles cachent comme elles peuvent des événements traumatiques qu'elles ont vécues l'une et l'autre.
Puis nous avons l'oncle Eduardo. Il est très drôle, fantasque. C'est un personnage qui apporte de la joie dans cette famille. Il ne vient qu'au moment des repas de fête.

Ce repas de famille ne va pas être comme les autres. Des vérités vont être dites et cela va changer cette famille à jamais. On apprend à les connaître tout au long du livre. Il y a donc au début des moments un peu flou qui sont vite éclairés par des retours en arrière. Par moment cependant on se perd un peu avec ces allers-retours. Cela peut s'expliquer par le style de l'écriture. L'écriture est intéressante : elle est à la fois maîtrisé et à l'image de ce repas. Mais parfois ça part dans tout les sens et il faut être concentré pour ne pas perdre le fil.
Mais il y a du rythme dans ce livre. Un chapitre se finit parfois par une révélation mais il faudra attendre une petite explication pour connaître la suite.
Ce qui est particulièrement maîtrisé c'est la psychologie des personnages. C'est l'élément essentiel dans ce livre pour bien comprendre les relations et les dynamiques dans cette famille pas du tout atypique. Les personnages comme celui de la mère sont très touchants et aussi agaçants. Malgré toutes les bourdes qu'elle arrive à faire, on se rend compte qu'elle est un élément essentiel dans cette famille.
Mais il y a le personnage de l'oncle qui est un peu "raté", je suis resté sur ma faim avec lui et il ne m'a pas paru très crédible. Le personnage d'Olga est parfois un peu dans la caricature.
Ceux qui nous importent le plus (Emma, Silvia, Fernando et Amalia) sont réussis à mon sens et crédibles.
Il y a des moments très drôles dans ce livre mais aussi très émouvants. La fin est très bien réussi et apporte une belle conclusion à ce repas du nouvel an.

Ce livre donne à réfléchir sur les relations que nous pouvons avoir dans notre propre famille mais aussi sur nous même et notre vie dans les moments difficiles.

C'est aussi un coup de cœur de la librairie Port Maria !
http://lespetitsmotsdeslibraires.fr/2017/04/15/une-mere/

Édition : Cherche Midi - Date de parution : 16 Mars 2017 - 320 pages

vendredi 12 mai 2017

Café ! Un garçon s'il vous plaît ! par Agnès Abécassis


Résumé
Tout commence par un bon café. Il suffit de demander.
Sauf quand on se goure dans la formule… vous avez commandé un garçon ?
En voici un sur un plateau, se dit Lutèce, en retrouvant la trace de son premier amour. Mais le temps aura-t-il su préserver la fraîcheur de leurs souvenirs ?
Et puis arrive Tom, le flic tendre. Quand Régine le trompe et qu’il le découvre, par dépit, il la trompe aussi. Avant de réaliser qu’elle n’avait pas fauté…
Ava, c’est l’artiste qui aime traîner dans les cafés pour y chercher l’inspiration.
Un jour, on lui commande le portrait d’une actrice célèbre. L’occasion pour se carrière de décoller ! Mais rien ne se passe comme prévu, et elle qui pensait boire du petit lait risque de devoir attendre un peu avant de sabrer le champagne.
Une histoire pleine de rires, de larmes, de chocolat et d’un soupçon de crème.
Leur point commun à tous ? L’amour est réellement leur tasse de thé.

Avis

Un nouveau livre d'Agnès Abécassis, c'est la promesse, pour moi, de passer un très bon moment. Je suis à peu près certaine que pendant 300 pages je vais pouvoir oublier les soucis du quotidien et me plonger dans la vie de personnage très intéressant.
Si vous avez lu son précédent livre, "Le tendre baiser du tyrannosaure", vous retrouverez dans celui ci certains des personnages mais aussi des nouveaux.

Nous suivons principalement l'histoire de trois personnages : Tom, Lutèce et Ava. Mais on s'intéresse aussi aux personnages autour d'eux car ces trois personnages ont quelques points communs entre eux.

Tout d'abord parlons de Tom. Il est flic et il est depuis quelques temps en couple avec Régine qui est une amie d'Ava. La première scène avec lui est vraiment très drôle. On le retrouve dans une boite de nuit avec Régine qui se fait draguer par un petit minet et Tom devient très jaloux et s'interpose. Tom possède un très fort caractère mais c'est un flic au cœur tendre. Il aime profondément Régine et se voit bien finir ses jours avec elle. Mais Tom va subitement changer d'attitude. On ne comprend pas pourquoi au début quand on a pas lu la 4ème de couv'. Ce n'est pas l'histoire que j'ai préféré car elle est présenté de façon un peu confuse. Cependant la fin de cette histoire est palpitante et très émouvante ! 

Nous avons ensuite Lutèce. C'est une grand-mère avec un très fort caractère ! Elle reste très active et a un humour incroyable ! On s'attache très vite à elle et à son style. Son histoire est vraiment très belle. Elle va retrouver son amour de jeunesse et découvrir quelque chose à ce sujet. On passe par les mêmes émotions qu'elle avec ce qui va lui arriver. C'est peut être la partie du livre que j'ai le plus adoré car je n'avais jamais vu une histoire pareil avant. La fin est aussi très émouvante mais on est sincèrement heureux pour elle.

Et enfin il y a Ava ! C'est un personnage que l'on connaît quand on a lu le précédent livre. Ici on voit qu'elle a beaucoup évolué et qu'elle fait enfin ce qu'elle aime : peindre. Grâce à une commande bien particulière, elle espère connaître enfin la consécration pour pouvoir enfin vivre de son art. Mais comme on s'en doute assez vite rien ne va être facile pour Ava. 
Avec Ava on retrouve ses deux autres copines : Perla et Régine ainsi que les enfants. Ce petit groupe va partir pour un voyage qui va être semé d’embûches. On va beaucoup rire comme le sketch pour l’hôtel.

Dans ce livre, on passe par tout un tas d'émotions. On va rire, pleurer et aussi frissonner !
La fin de certains chapitres nous laisse parfois sans voix et éprouve notre patience. Ainsi on est captiver pendant tout le livre. Il faut quand même attendre un moment avant que les différents histoires décollent un peu mais ainsi les personnages sont bien mis en place. 
On pourrait croire que dans ce genre de livre on tombe facilement dans les clichés mais c'est là qu'est tout le talent d'Agnès Abécassis ! Ce livre n'a rien de mièvre avec la romance cucul. On a des personnages très bien construits auxquelles on s'attache sans s'en rendre compte au début. L'auteure maîtrise bien la psychologie des personnages.

C'est le genre de livre qui fait du bien ! Énormément de bien ! C'est même le genre de livre qui devrait être remboursé par la sécurité sociale ! On sort de là avec le sourire et on se sent bien même si on a un petit pincement au cœur de quitter cette joyeuse bande de personnages.

Éditeur : Le Livre de Poche - Date de parution : 10 Mai 2017 - 384 pages 

mardi 9 mai 2017

Sharko par Franck Thilliez


Résumé :

" Sharko comparait toujours les premiers jours d'une enquête à une partie de chasse.
Ils étaient la meute de chiens stimulés par les cors, qui s'élancent à la poursuite du gibier.
À la différence près que, cette fois, le gibier, c'était eux. "


Eux, c'est Lucie Henebelle et Franck Sharko, flics aux 36 quai des Orfèvres, unis à la ville comme à la scène, parents de deux petits garçons.
Lucie n'a pas eu le choix : en dehors de toute procédure légale, dans une cave perdue en banlieue sud de Paris, elle a tué un homme. Que Franck ignore pourquoi elle se trouvait là à ce moment précis importe peu : pour protéger Lucie, il a maquillé la scène de crime. Une scène désormais digne d'être confiée au 36, car l'homme abattu n'avait semble-t-il rien d'un citoyen ordinaire et il a fallu lui inventer une mort à sa mesure.
Lucie, Franck et leur équipe vont donc récupérer l'enquête et s'enfoncer dans les brumes de plus en plus épaisses de la noirceur humaine. Cette enquête autour du meurtre qu'à deux ils ont commis pourrait bien sonner le glas de leur intégrité, de leur équilibre, et souffler comme un château de cartes le fragile édifice qu'ils s'étaient efforcés de bâtir.

Avis :

Un nouveau livre de Franck Thilliez c'est toujours un moment très attendu. Et en plus retrouver le duo Sharko/Hennebelle c'est encore plus intéressant.

Le livre commence par prologue très fort. Il est très fort en émotion et nous laisse avec plein de questions. Puis nous commençons par retrouvé Lucie qui rend visite à sa tante qui a perdu son mari quelques temps avant. En faisant du tri elle a découvert que son mari, qui travaillait dans la police, n'a pas pu se résoudre à partir en laissant une enquête en cours. La tante demande à Lucie de continuer cette enquête car son mari était sur une piste qui semblait sérieuse mais il était le seul à le croire. Au moment où Lucie accepte, on a le sentiment que les choses vont mal se passer surtout quand on connait le personnage de Lucie et les risques qu'elle peut prendre.
C'est ainsi que le livre va commencer par un événement très grave qui pourrait mettre en péril Lucie et Sharko. Ils vont devoir enquêter sur un meurtre dont l'auteur est Lucie. Ils vont devoir éloigner leurs collègues le plus possible et leur cacher beaucoup de choses. Mais en enquêtant sur la personne qu'a tué Lucie, ils vont très vite se rendre compte que cette personne était lié à des choses pas très nettes....

On va donc se plonger dans une enquête très sombre avec comme thème principal le sang. Mais nous allons aussi être sur le fil en permanence car un rien pourrait mettre à jour le secret de Lucie et Sharko... La tension est donc constante dans ce livre et elle connait parfois quelques pics qui nous font trembler. 

Retrouver Lucie et Sharko c'est un vrai bonheur. Ce couple ressemble presque à n'importe quel couple en apparence. 
Mais on sent qu'ils ont changer et surtout Sharko. On le sent plus fatigué et plus tourmenté. On se demande même si il prend encore du plaisir à faire son métier. Cette histoire va lui mettre un sacré coup. Il tient énormément à Lucie et aux jumeaux. On le sent vraiment près à tout pour sauver sa famille. 
Lucie, elle, apparaît très fragile dans ce livre mais aussi assez forte pour donner le change face aux autres. Elle aussi semble prête à tout pour sauver sa famille et surtout Sharko. Elle s'est encore mise en péril et elle se sent très coupable. On a peur pour elle pendant le livre, peur qu'elle craque au moindre faux pas.
Puis il y a Nicolas. Pour lui on a peur mais on le hait aussi. Il est encore extrêmement marqué par la mort de sa femme. Il est moitié alcoolique et surtout il se drogue. Cela agit beaucoup sur son comportement et sur son rapport aux autres. Mais ainsi il fait preuve de perspicacité. C'est un peu grâce à lui que l'enquête avance car il prend beaucoup de liberté par rapport aux règles. Il va lui aussi se mettre en danger.


Dans ce livre on sent que tout est possible pour les personnages. On a peur à chaque instant pour eux. On se dit vite qu'il pourrait arriver un grand malheur pour l'un d'entre eux. Et tout cela repose sur une histoire très forte, intrigante et passionnante ! Tout cette histoire autour du sang est très souvent glaçante. On parle du sang sous toutes ses formes et même sous certaines que l'on ne connaissait sans doute pas comme le bio-art. Plus l'enquête avance, plus elle semble se complexifier. On a peur de se perdre par moment mais on arrive cependant à bien suivre. 
L'auteur nous montre qu'il maîtrise à la perfection le sujet grâce à de nombreuses recherches. On apprend énormément sur le sang mais parfois les détails vont un peu trop loin et là ça commence a être difficile de suivre. On est loin de se douter des multiples façons dont le sang peut être utilisé. Le fait le plus surprenant et que j'ai beaucoup aimé c'est de savoir ce qu'il se passe après un simple don dans un centre.
Comme souvent avec Franck Thilliez, la fin va à 100 à l'heure ! Là c'est le cas car il faut vraiment attendre la fin du livre pour avoir réponse à toutes les questions. Cela donne donc une fin très surprenante auquel on ne s'attend pas du tout. 

Ce livre est donc très réussi et cela n'est pas une surprise ! Mr Thilliez signe là un très grand polar qui nous marquera par son histoire mais aussi par la part de vérité de cette histoire....

Edition : Fleuve Editions - Date de parution : 11 Mai 2017 - 576 pages 

mardi 2 mai 2017

Mon Midi Mon Minuit par Anna McPartlin

Résumé :
À la suite d'un drame, le monde d'Emma, jusque-là rempli de promesses, s'effondre. La jeune femme plonge dans le désespoir. Ses amis font alors bloc autour d'elle pour tenter de lui redonner le goût de vivre...

Comment survivre à la perte et au chagrin ?
Quel courage l'existence peut-elle parfois exiger de nous ?

Avis :

Depuis longtemps, j'entends parler de cette auteure, Anna McPartlin. Le célèbre libraire Gérard Collard en dit beaucoup de bien. Son précédent livre "Les derniers jours de Rabbit Hayes" a été un vrai carton. Avant de donner mon avis, je tiens à féliciter celui ou celle qui s'est occupé de la couverture des deux livres car elles sont particulièrement réussies !

Dans ce livre nous allons suivre Emma principalement et sa bande d'amis. Dès le début du livre, un événement dramatique va venir bouleversé l'équilibre de cette bande d'amis de toujours.
On s'attache assez vite à eux dès le début du livre. Ils aiment la vie et partager des bons moments ensemble.
Nous avons donc Emma qui va nous raconter son histoire. Elle est professeur dans un collège. Elle aime son travail et ses élèves. L'un d'entre eux, Declan, va être important pour elle. Même si il est secondaire, on est heureux de la relation de confiance qu'ils ont ensemble. Emma vit avec son compagnon John qui poursuit encore ses études de psycho. Elle connaît son compagnon depuis toujours. Ils sont fait pour vivre ensemble. Ils sont attachants tellement ils sont sincères l'un envers l'autre.
Nous suivons aussi le frère d'Emma, Nigel. C'est un prêtre. Il ne fait  pas vraiment partie du groupe mais il est très présent dans le livre. Son histoire m'a beaucoup intéressé. Il va vivre beaucoup de tourment dans le livre.
Nous avons ensuite Clodagh ou Clo pour les intimes. Elle travaille dans la communication en tant qu'attachée de presse. Sa vie est compliqué. Elle a un problème ou plutôt elle n'a pas de chance avec les hommes. C'est un personnage très pétillant qui m'a beaucoup amusé. On sent que c'est une amie sur qui on peut vraiment compter.
Dans le même style que Clo, nous avons Sean. Il enchaîne les conquêtes ! C'est le meilleur ami de John. Mais on comprend dès le début du livre qu'il a un faible pour un des membres du groupe.
Nous avons enfin un couple : Anne et Richard. Ils sont un peu différent du reste du groupe. C'est un couple très aisé qui fait partie de la bourgeoisie. On s'y attache beaucoup moins qu'aux autres. Dans ce groupe ils passent pour le couple un peu modèle. Mais les choses vont être compliquées pour eux dans le livre. Leur couple sera en danger.

Suivre cette bande d'amis et les voir continuer à vivre malgré le choc qu'ils vont vivre au début du livre nous entraîne dans une vraie tornade d'émotion. On va rire et on va pleurer avec eux. On est témoin de chaque moment même les plus intime. On ressent leurs doutes, leur joie et leur peine. Tout ceci sans jamais tomber dans le patos.
On s'attache très vite à eux et on ne s'ennuie pas une seule seconde. Et les personnages secondaires sont aussi importants et attachants pour certains. Le personnage de Declan (un élève d'Emma) et de Doreen (la voisine d'Emma) sont vraiment excellent. Ce sont des gens que l'on aimerait croiser dans la vie.
L'écriture est absolument superbe. On anticipe souvent ce qu'il peut ou va se passer mais cela n’enlève pas le charme de ce livre. L'auteur maîtrise très bien la relation de groupe. C'est ce qui fait que l'on ne s'ennuie pas et qu'on sent que l'on fait partie de cette histoire. On espère que l'histoire va bien se terminer et l'auteur nous fait peur jusqu'au bout. On imagine vraiment le pire quand on voit par quoi les personnages passent tout au long du livre. Mais elle est très réussite et nous éclaire sur un point du livre que l'on croit savoir depuis le début.

En dire plus sur ce livre serait vous gâcher le plaisir de la lecture et de la découverte de ce par quoi ils vont devoir passer.
C'est un très beau livre sur l'amitié qui montre que c'est dans les moments difficiles que les liens entre les amis se resserrent.



Éditeur : Cherche Midi - Date de parution : 6 Avril 2017 - 400 pages

mercredi 26 avril 2017

Récidive par Sonja Delzongle


Résumé

Saint-Malo, hiver 2014. Du haut des remparts, sorti de prison, Erwan Kardec contemple la mer en savourant sa liberté. Il y a trente ans, il a tué sa femme à mains nues, devant leur fille, Hanah. Jamais il n’aurait été démasqué si la fillette n’avait eu le courage de le dénoncer. Malade, nourri d’une profonde haine, il n’aura de cesse de la retrouver avant de mourir.

À New York, au même moment, Hanah, qui a appris la libération de l’assassin de sa mère, est hantée par le serment qu’il lui a fait de se venger. De cauchemars en insomnies, son angoisse croît de jour en jour. Pourquoi a-t-il tué sa mère? Quand surgira-t-il? Quels sont ces appels anonymes?

La confrontation est inévitable.

Quand on est traqué, mieux vaut-il se cacher, ou regarder la mort dans les yeux?

Avis :

Ce livre est le troisième de Sonja Delzongle avec son personnage Hanah Baxter, profileuse qui vit aux États-Unis mais qui est d'origine française.

On commence le livre par un chapitre extrêmement intrigant sur le naufrage du Hilda, un voilier qui venait de Southampton et qui devait aller à Saint Malo. C'est une histoire vraie qui s'est passé en 1905. Mais pour les besoins du livre certains détails ont été rajoutés pour rendre cette histoire plus intriguant.

Ensuite nous retrouvons enfin Hanah mais dans le couloir de la mort. Un détenu qui est sur le point d'être exécuté a demandé à la voir. Cette rencontre est absolument effrayante et Hanah va en ressortir très secouée.
En même temps Hanah apprend que son père va sortir de prison soit disant au départ pour "bonne conduite". Elle craint donc qu'il ne la retrouve pour se venger. On apprend ainsi qu'Hanah est responsable de l'emprisonnement de son père pour le meurtre de sa mère. Ceci va entre autre réveiller une vieille douleur dans le dos de Hanah aux origines, au départ, mystérieuses.

Dans ce livre nous allons donc en apprendre énormément sur Hanah et son passé. C'est la base de l'histoire entre autre. Ce que l'on va apprendre est très surprenant mais il faudra beaucoup de patience jusqu'aux dernières pages du livre....
C'était un vrai plaisir de la retrouver. Elle est parfois très étrange mais je l'aime bien et je m'identifie par un côté à elle. Elle est très torturée dans ce livre mais elle fait preuve de beaucoup de courage face aux épreuves qu'elle va devoir traverser.

En parallèle nous allons suivre le père d'Hanah, Erwan Kardec. On le suit dès sa sortie de prison. Ce personnage est absolument terrifiant. On hait ce personnage dès le début et on comprend qu'il est toujours très dangereux même si il est très affaibli. Son but est, comme Hanah nous le dit, de retrouver sa fille et de se venger.
Puis nous avons un autre personnage, Yvan Maurice. Il est capitaine de BR de Saint Malo comme son père avant lui. J'ai beaucoup aimé l'histoire de ce personnage car elle s'ancre à merveille dans l'actualité. Yvan est homosexuel et en couple avec Alexandre qui est légiste et avec qui il lui arrive de travailler. Cette histoire permet donc d'aborder la manière dont peut être vécu le faite d'être homosexuel dans ce milieu. On ne tombe pas dans la caricature à aucun moment. Yvan partage avec nous tout ce qu'il ressent et comme il le vit. Cela donne un point de vue extrêmement intéressant et qui donne à réfléchir.

Le rythme du livre s'installe doucement de chapitre en chapitre. L'alternance entre les différentes histoires et les différents points de vue est maîtrisée à merveille. Cela donne parfois beaucoup de suspense ! Certains chapitres ont une fin ou donnent une info qui nous font dire "OMG !!!" ou encore "WHAT THE FUCK !!!???". Le suspense et la tension sont parfois très intense et nous font vivre de sacré moment.
Au début du livre, on anticipe un peu sur ce qu'il va se passer entre Hanah et son père mais l'auteur joue beaucoup avec nous à ce sujet. Elle installe très souvent un doute dans les certitudes que l'on peut avoir tout au long du livre. Cela va accroître la tension constante dans le livre. 
Les sujets abordés dans le livre, l'homosexualité ou la relation père-fille ou père-fils, donne à réfléchir et sont mis en avant de manière à ce que l'on soit touché d'une manière ou d'une autre. Ces sujets sont vraiment très bien abordés sans jamais tomber dans le cliché ou la facilité.
La psychologie des personnages est maîtrisée à la perfection. Le côté technique de l'enquête est, à mon sens, respecté et j'aime ça. Ce que j'aime aussi c'est que l'on soit avec des gendarmes et non comme d'habitude avec la police. C'est pour moi une nouveauté que j'ai trouvé très intéressante car les rapports sont un peu différents étant donné que ce sont des militaires.


Ce troisième livre avec Hanah Baxter est une vraie réussite et confirme bien tout le talent de Sonja Delzongle dont la plume est encore meilleure que dans les précédents.

Éditeur : Éditions Denoël - Date de parution : 6 Avril 2017 - 416 pages

mardi 18 avril 2017

La pension de la Via Saffi par Valerio Varesi


Résumé
À quelques jours de Noël, alors que la morsure du froid envahit Parme, Ghitta Tagliavini,
la vieille propriétaire d'une pension du centre-ville est retrouvée assassinée dans son appartement. L'enquête est confiée au commissaire Soneri mais cette affaire fait resurgir un drame enfoui : c'est dans cette pension pour étudiants de la via Saffi qu'il rencontra jadis sa femme, Ada, tragiquement disparue peu après leur mariage.

En s'enfonçant dans le brouillard épais comme on traverserait un miroir, Soneri va découvrir un univers bien plus sordide que ses souvenirs. L'aimable logeuse se révèle être une femme sans scrupules, enrichie par la pratique d'avortements clandestins et derrière la modeste pension, se cache en réalité un monde vivant de haine et de chantage, frayant avec le cynisme de cercles politiques corrompus.

Pour trouver l'assassin, le commissaire devra se confronter à l'épreuve du temps et à la vérité sur la vie et la mort d'Ada. Car qui est cet homme qui pose à côté d'elle sur cette photographie jaunie ? 

Avis :
Une enquête à la veille des fêtes de Noël, dans une Italie très brumeuse par le temps mais aussi par l'atmosphère qui y règne c'est le décor de ce nouveau livre de Valerio Varesi avec le commissaire Soneri. 

Tout commence avec un crime assez banal, celui d'une vieille femme qui tient une pension. Sauf que cette vieille femme est liée au passé du commissaire. Il a séjourné chez elle quand il était étudiant et c'est là qu'il a rencontré sa défunte épouse, Ada. C'est donc un retour dans le passé que va devoir effectuer Soneri. Son passé va le hanter tout au long du livre car il est persuadé que le meurtre de Ghitta est lié à celui ci. Mais il va découvrir que la pension comme le quartier a beaucoup changé depuis ses années d'études. Il va aussi découvrir que Ghitta se livrait à quelques activités qui flirtaient avec la ligne rouge voir même qui la franchissait.

Il sera question d'argent mais aussi de politique dans ce livre. On se replonge dans une période sombre de l'Italie avec les groupuscules extrémistes de gauche mais aussi de droite. Il sera aussi question des politiciens actuels qui se livrent à des échanges de pots de vin avec d'autres personnalités importantes de la ville.

D'une simple histoire de meurtre va découler des histoires beaucoup plus complexes. La pension, comme le quartier, renferme beaucoup de secrets qui vont être découverts au fur et à mesure de cette enquête qui va en partie échapper au commissaire Soneri. Il est parfois difficile de s'y retrouver et d'arriver à suivre le raisonnement de Soneri mais le rythme lent de l'enquête nous aide à garder une compréhension générale de ce qu'il se passe.

On suit ce qu'il se passe en étant dans la poche de l'enquêteur voir même je dirais plutôt dans sa tête. Il partage avec nous ce qu'il se ressent : ses doutes, ses souvenirs et ses inquiétudes. Cette enquête va la ramener dans son passé car il va découvrir que sa défunte femme lui a caché certaines choses qui pourraient bien l'aider dans son enquête. 
Ce commissaire est très solitaire et très sombre. Il a aussi une manière bien à lui pour mener son enquête à bien : il marche à l'instinct mais surtout il marche ! C'est ainsi qu'il arrive à résoudre son enquête.
Avec lui on va découvrir l'Italie comme jamais. On se promène dans toutes les rues, les places, des bâtiments mais aussi dans une église ! On va littéralement se plonger dans l'ambiance de l'Italie en cette veille de fêtes de fin d'année où tout est très sombre et brumeux.

L'écriture est absolument magnifique et très agréable à lire. Les passages descriptifs des lieux et de l'ambiance ne sont pas pour autant ennuyants. Il apporte un rythme au livre qui fait que l'enquête avance doucement. 
Jusqu'à la toute fin du livre, il est difficile de faire des suppositions ce qui fait que le fin est en partie surprenant mais aussi attendue.
C'est une lecture qui m'a changé des autres polars où tout va très vite. Ici il faut savoir prendre le temps pour connaître la fin de l'histoire. 
Le gros plus de livre pour moi est qu'on ressort de cette lecture en ayant appris des choses sur l'Histoire de ce pays.


Ce livre est la suite du livre "Le fleuve des brumes" mais il peut se lire séparément.

Éditeur : Agullo - Date de parution : 23 Mars 2017 - 320 pages

mercredi 12 avril 2017

Je ne sais pas dire je t'aime par Nicolas Robin


Résumé
Paris, tu l'aimes ou tu la quittes.
C'est une injonction quotidienne pour celui (ou celle) qui se retrouve la joue écrasée contre la vitre d'un métro bondé, qui slalome entre les traces d'urine et les crottes de pigeons, qui se fait bousculer sur le trottoir par un type mal dégrossi à qui il déboîterait bien une clavicule.
Dans ce tohu-bohu parisien, Francine déterre un passé longtemps enseveli devant un guichet de mairie, Juliette espère un jour vendre autre chose que des chaussures à des gens qui puent des pieds, Joachim devient célèbre malgré lui en se faisant larguer en direct à la télé, Ben assiste à la décrépitude de son couple qui s'enlise dans l'ennui au fil des jours.
Un chassé-croisé plein d'humour et de tendresse dans lequel chacun cherche son salut et espère entendre parler de sentiments, au cœur d'une ville épicentre de l'amour, où il est parfois difficile de se dire je t'aime.
À tous les éclopés du cœur, les grands pudiques, les éternels passionnés, ce roman est pour vous. 

Avis :
Le premier livre de Nicolas Robin avait eu beaucoup de succès grâce (entre autre) à la chronique de Gérard Collard. J'avais adoré son premier roman que j'avais trouvé très touchant et très humain. J'attendais donc son nouveau roman avec une très grande impatience !

Dans ce livre, nous allons suivre quatre personnages dans le Paris d'aujourd'hui à la veille des élections présidentielles. Tous ces personnages ont un point commun : ce sont tous des éclopés de l'amour.

Tout d'abord, il y a Francine. Elle est à la retraite, mariée et elle veut partir avec son mari en Floride pour une seconde lune de miel. Au moment de faire son passeport, elle fait une découverte qui va la ramener à son enfance. A travers ce personnage, l'auteur va se servir de l'Histoire pour parler d'un sujet tabou de la Seconde Guerre Mondiale. Malheureusement pour Francine il sera difficile de trouver les réponses aux questions qu'elle se pose mais elle va essayer de pardonner à sa mère.

Nous avons ensuite Ben. Il vit en couple avec un homme qui ne fait rien de ses journées. Son couple bat de l'aile et Ben ne peut plus supporter cette situation. Il rêve de revivre le sentiment amoureux qui est là au début d'une histoire. Il a désespérément besoin d'affection et de vivre une vraie histoire de couple.

Ensuite il y a Joachim. Son histoire commence très fort. Il était en couple avec une femme, Mélissa, qui va décider de le larguer en direct à la télévision. Il va se retrouver, du jour au lendemain, star du petit écran et va très mal le vivre. Il va trouver refuge chez quelqu'un avec qui il n'avait quasiment plus de contact. Ils vont renouer contact par la force des choses. Une scène de cette histoire m'a énormément émue car le personnage de Joachim va faire preuve d'une générosité qu'on ne soupçonne pas chez lui. Joachim va complètement changer avec tout ce qui va lui arriver.

Et enfin nous avons Juliette. C'est une trentenaire, célibataire qui vend de la chaussure de marque allemande. Sa vie ne lui convient plus, elle s'ennuie et elle voudrait que cela change : elle veut rencontrer le grand amour ! Elle est très copine avec une prostituée qui est travaille au pied de son immeuble. Le personnage de Goldie est très vite attachant. C'est une femme qui déborde d'amour et qui malgré la vie qu'elle mène garde toujours le sourire et est pleine de bonté.
Juliette, c'est mon personnage coup de cœur de ce livre. Je me suis pleinement identifiée à elle et à ce qu'elle vit. Un passage avec sa psychologue m'a donné une grande claque et c'est le passage qui fait que Juliette se réveille et va décider de changer.

Ce livre est plein d'émotions. On regarde avec empathie les personnages évoluer chacun dans leur vie respective. La psychologie des personnages est maîtrisée à la perfection par l'auteur. On finit par s'attacher très fortement à eux. L'écriture est absolument parfaite. Une chose que je redoutais, vu le nombre de personnages que nous suivons, c'est de se perdre dans l'histoire mais la construction est parfaite avec des chapitres courts qui donnent du rythme.
Certains passages sont extrêmement forts et très juste. L'auteur vient nous bousculer car on se sent forcément touché par l'un des personnages. Ils sont tous très différents mais je suis sûr que l'on connaît forcément quelqu'un qui leur ressemble ou alors l'un d'entre eux nous ressemble un peu. 
Le faite de mettre leurs histoires en parallèle avec l'élection présidentielle est habillement mené. A travers cela il pose la question du choix et de ce que l'on veut pour notre avenir. C'est une question qui colle parfaitement à l'actualité.
La fin du livre est une vraie merveille et surtout elle est très surprenante. J'ai refermé ce livre en larmes mais le cœur léger et plein d'espoir avec un petit sourire. Il m'a fallu attendre quelques heures pour écrire cette chronique tellement ce livre m'a touché.

Je vous recommande vivement de le lire juste pour vous faire du bien et pour oublier le temps de ces pages tous les soucis du quotidien. Si, comme moi, vous avez du mal à faire confiance à l'autre, avec les sentiments ou encore que vous voulez du changement dans votre vie : ce livre peut vous aider (je l'espère !) à prendre confiance en vous et à vous lancer ! 

MEGA GIGA GROS COUP DE CŒUR !!!!!!

P.S : pensez à prendre des mouchoirs ;)

Éditeur : Éditions Anne Carrière - Date de parution : 13 Avril 2017 - 249 pages