mardi 1 août 2017

Crimes au musée, recueil de nouvelles


Résumé

Dix-huit nouvelles de grandes dames du noir, européennes et québécoises.

Elles écrivent des polars. De ceux que l'on dévore. Et à la demande d'un lecteur passionné, elles se sont réunies autour d'un thème séduisant : le musée comme lieu de tous les crimes.

Musée d'art moderne, d'histoire, d'anthropologie, de sciences, du tatouage, de cire, toutes les salles sont ouvertes. En y pénétrant, l'atmosphère feutrée génère une impression de calme, presque de recueillement. Le sentiment de paix semble total et pourtant, nous sommes déjà sur une scène de crime, les œuvres en présence ont été témoins de la violence, de l'horrible et du machiavélique. Crime d'honneur, meurtre passionnel, vengeance, copie meurtrière d'un tableau ou petit meurtre sans conséquence... Qu'on soit simple visiteur, touriste ou gangster aux mains rougies par le sang, tous les coups sont permis.

Avis

"Crimes au musée", le titre est prometteur. Ce que j'ai pensé au début c'est que les nouvelles pourraient toutes se ressembler. Un meurtre dans un musée ou lié à un musée, ça peut paraître assez classique voir banal.
Mais pour ce recueil de nouvelles, Richard Migneault a su s'entourer de femmes de talents ! 
Au début le choix de n'avoir demandé qu'à des femmes est surprenant mais Richard s'en explique très bien dans l'avant propos du livre. Pour la féministe que je suis, c'est quelque chose qui m'a beaucoup plu même si je dois avouer que les polars/thrillers que je lis sont essentiellement écrit par des hommes. 
Donc dans ce livre ne lire que des nouvelles écrites par des femmes et en plus par des femmes auteures que je ne connais pas pour certaines : je ne pouvais être que curieuse de voir ce que cela allait donner.

Chacune des nouvelles s'accompagne d'une petite "biographie" de l'auteure écrite par Richard Migneault. Mais ces biographies ne sont pas écrites de manière classique. Elles sont écrites par un lecteur qui aime ces auteures et qui veut nous les faire découvrir et nous donner envie de poursuivre après la lecture de ces nouvelles. Elles ne sont pas ennuyeuses mais nous font découvrir l'auteure d'une manière singulière.

Je ne vous parlerais pas de toutes les nouvelles dans cette chronique mais seulement de trois d'entre elles qui m'ont le plus marquée.

La première qui m'a marquée est celle de Karine Giebel. C'est l'histoire d'une mère de famille qui élève seule ses deux enfants. Elle a trouvée un travail dans un musée comme assistante du directeur. Mais un soir son patron aura le geste de trop...Si elle veut garder son travail et subvenir aux besoin de sa famille, elle n'a pas le choix que d'accepter...
C'est une nouvelle très forte en émotion. Dès le début c'est la claque et l'ambiance est installée. On ressent tout dans ces quelques pages. Le malaise et la colère s’installent. On se met à la place de cette mère et on la comprend. La fin est très surprenante mais libératrice.

La seconde est celle de Marie Vindy. Deux corps sont retrouvés dans une pièce au dessus d'un petit musée de l'estampe. Une fois l'identité des victimes connues, une jeune femme policière va devoir découvrir ce qui les unissait et pourquoi ils ont été tués. 
Ce qui m'a particulièrement plu dans cette nouvelle, ce sont les descriptions. Elles sont tellement précises que l'on voit les formes et l'on sent les odeurs. Le faite que la jeune policière se mets à la place des victimes apporte une manière de raisonner très intéressante.

La troisième est celle d'Ingrid Desjours. Des personnes se retrouvent enfermés dans une pièce sans savoir pourquoi. On ne connaît pas leur identité et eux semblent avoir perdu la mémoire. Ils vont décider d'essayer de s'enfuir. Mais assez vite des tensions apparaissent dans le groupe. Chacun pense être la cible et que les autres ne sont que des victimes collatérales. 
Cette nouvelle est surprenante, inquiétante et très mystérieuse. On se doute de l'identité d'un des personnages dont on a seulement le prénom. Ce qui est fort dans cette nouvelle ce sont les liens entre les personnages. La dynamique de groupe qui s'installe est parfaitement décrite et très crédible. La fin de la nouvelle nous laisse un peu sans voix mais le plus c'est qu'il y a un vrai message à la fin qui fait réfléchir.

Je pourrais encore vous parler de d'autres nouvelles comme celle de Stéphanie de Mecquenem qui rend hommage à Agatha Christie, de celle de Nathalie Hug avec cet enfant qui aidé d'un ami imaginaire va amener sa mère à commettre le pire ou bien encore de celle de Barbara Abel où seul le lecteur sait et ressort de là avec un sentiment d'injustice. 
Mais je vais vous laisser découvrir ces nouvelles, toutes différentes de part le style ou la manière d'aborder le sujet, écrites par des femmes de talents.

Ce livre est une belle manière de découvrir ou redécouvrir des femmes auteures de talents. C'est une lecture agréable et parfaite pour l'été.

Un grand merci à Richard Migneault d'avoir eu l'idée de faire ce recueil de nouvelles qui nous montre que les femmes ont autant de talent que les hommes pour écrire du noir. J'espère qu'il donnera envie aux lecteurs de continuer la lecture avec les livres de ces auteures.

Edition : Belfond - Date de parution : 8 Juin 2017 - 416 pages

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