mardi 5 décembre 2017

Le mystère de Jérôme Bosch par Peter Dempf


Résumé :

2013 : Madrid. Le Prado. Le Jardin des délices, célèbre triptyque du peintre flamand Jérôme Bosch, a été vandalisé par un prêtre dominicain. Le religieux, convaincu que l'œuvre dissimule un dangereux secret susceptible de nuire à l'Église, a lancé du vitriol sur le tableau avant d'être maîtrisé par les gardiens du musée.
Restaurateur de tableaux, Michael Keie se voit confier la tâche délicate de remettre le triptyque en état. Très vite, il fait une découverte stupéfiante : à plusieurs endroits, les couches de peinture altérées laissent transparaître des symboles cachés. Avec l'aide de son collègue madrilène Antonio de Nebrija, un vieil érudit fantasque, Keie va tenter de déchiffrer ces signes étranges.
1510 : Petronius Oris arrive à Bois-le-Duc dans les Flandres pour travailler aux côtés de Jerôme Bosch. Alors que la cité est envahie par les sbires de l'Inquisition, Petronius découvre que Bosch, initié à un secret hérétique, travaille en secret à un mystérieux triptyque.

Avec ses deux enquêtes parallèles, l'une dans le présent, l'autre dans le passé, qui se font écho pour percer le secret du célèbre Jardin des délices, Peter Dempf fait preuve d'une incroyable érudition et nous offre un suspense magistral qui tient en haleine jusqu'à la dernière page.

Avis :

Deuxième livre que je lis dans le cadre de la Team Thriller des éditions du Cherche Midi.

Avant toutes choses, il faut parler de la couverture ! Voici un livre-objet comme j'aime. La jaquette donne un côté très mystérieux en ne dévoilant qu'une partie de l'image en dessous. Puis quand on l'enlève, on a le droit à un sublime tableau ! Il s'agit du panneau central du "Jardin des Délices" de Jérôme Bosch dont il est question dans ce livre.

La quatrième de couverture annonce la couleur. Nous avons ici un "thriller" historique. J'ai d'abord pensé à un livre à la "Da Vinci Code" à la lecture du résumé. Mais cela va un peu plus loin car on jongle entre deux époques différentes. Le point commun de ces deux époques est le tableau de Jérôme Bosch qui semble receler bien des secrets.

L'histoire se déroule donc entre passé et présent. Cependant le passé a une part beaucoup plus importante que le présent. C'est là que se trouvent toutes les réponses aux questions que suscite ce tableau. Le présent est là pour apporter aussi quelques respirations à l'histoire. Il sert aussi à prendre du recul sur ce passé pour mieux comprendre les enjeux derrière ce tableau. 
Alterner entre deux époques n'est pas un exercice facile pour un auteur car on peut très facilement perdre le lecteur.

Le passé est une période très riches en personnages et en actions. La plupart des personnages ont réellement existé. On les découvre à travers les yeux de Petronius Oris qui est là pour travailler avec Jérôme Bosch comme apprenti. Ce personnage va se retrouver en très peu de temps à toute une série d'événements un peu malgré lui. L'auteur nous décrit très bien l'époque et ceux qui ont vécus. J'ai trouvé cela très réaliste. On ressent bien que l'auteur a fait un très gros travail de recherche.
Dans le présent, il y a peu de choses à dire. On sent bien dès le début que le personnage du prêtre et celui de la psychologue cachent des choses. Cela nous parait évident assez vite mais pour le restaurateur (qui est le personnage que nous suivons dans le présent) cela ne parait pas aussi évident. Du coup j'ai trouvé ce personnage trop faible, trop crédule. Ce personnage est celui du livre qui est le moins bien réussi.

Ce livre est un bon page-turner. Il s'en est fallu de peu pour que je dise que c'est un coup de cœur. J'étais certaine déjà que j'allais aimer cette histoire. Le faite de baser l'histoire sur des faits historiques et d'y mettre un peu de mystère en disant qu'il referme un secret : c'est le genre de lecture que j'aime.
Je n'ai pas été perdu entre le changement d'époque. Les retours dans le présent arrivent au bon moment pour souffler et laisser un peu de suspense. Ce que j'ai trouvé intéressant car pas habituel, c'est le faite que l'on comprenne qu'entre chaque chapitre du passé ou du présent, il se passe du temps. Cela ne m'a cependant pas gêné dans ma lecture.

Au final, l'histoire se tient même si il est parfois difficile de suivre le raisonnement pour comprendre ce tableau. Il faut vraiment attendre la fin pour avoir toutes les clés pour comprendre ce qui se cache derrière ce tableau. L'auteur sait nous garder en haleine et presque nous faire croire que toute cette histoire est vraie.

Les passionnés d'art et d'histoire devraient y trouver leur compte dans ce livre. Pour ma part j'y ai trouvé exactement ce que je cherchais : du mystère, de l'action et quelques nouvelles connaissances.

Editions : Cherche Midi - Date de parution : 28 Septembre 2017 - 464 pages

mercredi 22 novembre 2017

Bronx la petite morgue par Laurent Guillaume


Résumé :

Mike Dolan sort de prison et se retrouve dans le New-York des années sombres. La grosse pomme à pourri, la ville est devenue un taudis à ciel ouvert où les cadavres se ramassent à la pelle. Entre flics véreux, truands pervers et femmes fatales, il va avoir fort à faire pour retrouver les assassins de son frère. Sa solution ? Faire exploser la ville. Mais survivra-t-il au raz de marée qu'il va provoquer ?

Avis :

Tout d'abord, je tiens à remercier Babelio et French Pulp pour m'avoir envoyé ce livre via la Masse Critique de Babelio.
Laurent Guillaume est un auteur que je connais car j'avais lu et chroniqué son livre Delta Charlie Delta. Le style de cet auteur est plutôt sombre mais il fait partie de ces auteurs de polars qui viennent du milieu de la police donc c'est un style aussi très réaliste. Le réel est aussi dans ses histoires.

Ici l'auteur s'essaye à quelque chose de nouveau. Une histoire d'une autre époque, celle des gangsters dans le Bronx dans les années 1930 (supposition). Cette époque il va la retranscrire à merveille. Dès le début on sent cette ambiance très sombre, froide, mystérieuse voir même plutôt dangereuse. On est plongé dans l'Amérique pauvre où se mélange différentes nationalités, couleur de peau et milieux sociaux.

On va suivre l'histoire de Mike Dolan. Il sort de prison après avoir été accusé entre autre de braquage. Il veut retrouver une vie normale pour pouvoir envisager un avenir meilleur. Mais son passé, avec son frère disparu, va lui revenir en pleine face assez vite. 
Dès que certains sont au courant de son retour, les ennuis vont commencer. Mike va avoir envie de savoir ce qui est réellement arrivé à son frère. Il va devoir pour cela aller voir certaines connaissances qui ne sont pas toutes amicales. De plus le "roi du Bronx", comme il se nomme, veut qu'il vienne travailler pour lui. On se doute dès le début que ce n'est pas sans arrière pensé.
Chaque personnage, dans ce livre, a une part d'ombre plus ou moins grande. La plupart des personnages sont très dangereux. Mais tous sont le reflet de l'époque : le besoin d'argent amène à faire des choses plus ou moins légales...

Mais malgré toute cette obscurité dans l'histoire, il y a quelques personnages qui amène de la lumière et qui pour Mike auront une grande importance. 
La première c'est Cora. C'est une prostituée avec qui Mika a une relation particulière. On comprend que ces deux là ont des sentiments l'un pour l'autre. Mais vu le contexte et ce qu'il va se passer, on se demande si ils vont pouvoir vivre leur histoire d'amour.
Puis il y a Madame Orchard. Sans elle Mike sera à la rue. Ce personnage de son passé va lui être presque vital. Elle va lui donner un toit. Mais leur relation va se révéler plutôt surprenante. C'est une gentille dame pleine de générosité. Elle forcerait presque l'admiration d'avoir accueilli Mike qui pourrait lui causer des ennuis de par ses activités.

L'histoire est assez rapide et j'ai eu peur qu'elle ne soit bâclée. Mais cela n'est pas le cas. La construction fait que l'on a assez d'éléments sans aller trop vite et en oubliant quelque chose. On ne se perd pas du tout. Plus arrive la fin plus les questions se bousculent. Mais même en faisant des suppositions, on est très loin d'imaginer ce qu'il va se passer et ce qui s'est passé pour le frère de Mike.

L'auteur a vraiment respecté l'époque : aussi bien côté dialogue que décor ou que personnage. On respecte vraiment le style du polar américain de l'époque. La violence est présente tout au long de l'histoire mais c'est une violence qui correspond au Bronx de l'époque. Les différents personnages présents (gangsters, flics véreux, prostituées ou drogués) renforcent ce côté sombre. L'auteur ne prend pas de pincette et il y va cache comme eux le faisaient à l'époque.

Je ne suis normalement pas une fan de ce genre de polar mais j'avoue que je me suis laissé prendre et que la lecture fut agréable. Quand arrive la fin, on en veut un peu à l'auteur au début. Mais avec du recul, on comprend que les choses ne pouvaient pas finir autrement. Malgré tout on garde espoir jusqu'à la dernière page.



Edition : French Pulp - Date de parution : 18 Avril 2017 - 264 pages

samedi 18 novembre 2017

Un funambule sur le sable par Gilles Marchand


Résumé :

Naître, grandir, aimer, enfanter : rencontrez Stradi, un jeune homme qui, malgré son handicap de naissance, mène sa vie avec un optimisme invincible.

Stradi naît avec un violon dans le crâne. Cette anomalie rare fait la joie des médecins, et la souffrance de ses parents. D'abord condamné à rester à la maison, il peut finalement aller à l'école et découvrir que les plus grandes peines de son handicap sont l'effet de la maladresse ou de l'ignorance des adultes et des enfants. Mais, à ces souffrances, il va opposer chaque jour son optimisme invincible, hérité de son père inventeur et de sa mère professeur. Et son violon, peu à peu, va se révéler être un atout qui, s'il l'empêche de se concentrer sur ses devoirs, lui permet toutes sortes d'autres choses : rêver, espérer... voire parler aux oiseaux. Un jour, il rencontre l'amour en Lélie, une jeune femme déterminée qui s'éprend de lui. Ils vont s'aimer, se quitter, se retrouver, et faire couple. Jusqu'au moment où cette fantaisie permanente de Stradi va se heurter aux nécessités de la vie adulte : avoir un travail, se tenir bien, attendre la mort dans l'ennui le plus total. Comment grandir sans se nier ? Comment s'adapter sans renoncer à soi ? Stradi devra découvrir qui il est, s'il est défini par son handicap, ou s'il peut lui échapper. Est-ce lui qui est inadapté, ou le monde qui est inadapté ? 

Avis :

Depuis son premier livre, Une bouche sans personne, j'entends beaucoup parler de Gilles Marchand. Les critiques sur ces livres sont toutes plus élogieuses les unes que les autres.
J'ai eu la chance de le rencontrer deux fois et c'est un auteur extrêmement gentil et très abordable. Mais je ne l'avais pas encore lu...Son dernier livre fait l'unanimité autour de moi. J'avais vraiment hâte de le lire mais j'ai préféré attendre un peu que les choses retombent autour de ce livre pour enfin m'y mettre.

Dans ce livre, nous suivons Stradi. Nous faisons sa connaissance à sa naissance et nous le suivons tout au long de sa vie. Mais Stradi n'est pas comme les autres, il a un violon dans la tête. Au début c'est un peu difficile à imaginer, ce qui est normal. Mais au fur et à mesure du livre, on s'y fait et il fait partie intégrante de l'histoire. Ce personnage nous émeut très rapidement. On s'y attache très vite. Son handicap le rend vulnérable mais c'est aussi un atout. Il a un regard dès son enfance, sur la vie qui est très intéressant et très mature.

La difficulté que va très vite rencontrer Stradi et qui sera présente pendant tout le livre, c'est de se faire accepter par les autres et de pouvoir vivre une vie normale ou presque. Le regard des autres est ce qui le préoccupe le plus. Mais par chance il ne sera pas le seule à être différent et cela va beaucoup l'aider pour mieux appréhender sa différence. Le regard des enfants est le plus souvent ce qu'il y a de plus difficile. Ici ce n'est pas le cas et c'est surprenant. Il n'y a pas de méchanceté trop forte. 

La relation avec les autres est ce qui va aider Stradi à grandir et à se construire. Il faut d'abord parler de celle avec sa famille. 
Avec son frère, ils ne sont pas très proches au début du livre. Ils ont une relation "normale" qui n'est ni trop proche ni difficile. Mais à la fin du livre ce lien va être être d'une grande importance pour Stradi. C'est ce qu'il y a de beau entre eux : pas besoin d'être fusionnel, ils s'aiment à leur manière avec de la bienveillance. 
Avec sa mère, la relation est celle d'une mère avec son fils : beaucoup de bienveillance, pas de jugement, juste de l'amour. 
Par contre celle avec son père est bien différente. Son père, déjà, n'est pas un père comme les autres. On le voit un peu comme un fou mais c'est quelqu'un qui vit dans son monde à lui. Il est difficile à comprendre et cerner. J'avoue que j'étais un peu perdue face à lui.
Stradi a peu d'ami mais Max est celui qui compte le plus pour lui. Max est comme Stradi il est différent. Ces deux là se comprennent et se soutiennent. Leur amitié est présente pendant tout le livre et on la suit avec plaisir. Max est un personnage plutôt attachant. C'est un fan de musique jusqu'à l’obsession. C'est une passion qui envahit sa vie et la dirige aussi. Quand il est adulte cela devient très étrange.
Et puis on ne peut pas ne pas parler de Lélie. Par contre je ne peux en dire trop sous peine de vous dévoiler une partie des événements. Lélie est le premier amour de Stradi. Cela va avoir une incidence importante pour lui car pour lui plaire il va vouloir cacher sa différence. Il va apprendre aussi à s'accepter un peu plus. Le début de cette relation est très belle et drôle, cela ressemble un peu au jeu du chat de la souris.

L'écriture de Gilles Marchand est belle, émouvante avec plein de moments très drôles et loufoques...voir un peu trop. Il y a peut être un peu de trop de situations loufoques, étranges dans la seconde partie du livre. Du coup j'ai trouvé que cela donne quelques longueurs. Mais il n'y a pas que cela. On n'est parfois un peu trop dans le descriptif de ce que ressent Stradi et du coup ça part un peu dans tous les sens. Ces deux éléments m'ont un peu perdu par moment et cassent un peu le rythme du livre.
Cependant ces moments "absurdes" m'ont un peu fait penser aux livres de Mathias Malzieu que j'aime beaucoup. Mais aussi ce côté de vouloir faire passer un message. Ici c'est sur la différence. Le thème est très bien traité. Le faite de suivre un personnage tout au long de sa vie montre bien que le regard que l'on pose sur soi évolue. 
La fin du livre est très touchante. On se doute un peu que Stradi sera confronté à un choix et qu'il ne pourra pas faire autrement. On garde espoir pour Stradi et son avenir.

Ce fut une lecture agréable et pas prise de tête. Mais contrairement à la plupart de mes copines blogueuses, ce n'est pas un coup de cœur. Il m'a manqué ce petit plus pour vraiment aimer et les quelques longueurs m'ont un peu gâché mon plaisir de lecture. Je comprends quand même ceux qui ont eu un coup de cœur avec ce livre. Je ne suis juste pas assez réceptive à ce genre de lecture.


Gilles Marchand est un auteur à suivre et je lirais avec plaisir, dès que possible, son précédent livre ;)

Édition : Aux Forges de Vulcain - Date de parution : 24 Août 2017 - 353 pages

vendredi 3 novembre 2017

Cher François par Louison

Résumé :

Ce livre est un hasard, ou presque. Mon idée de départ était d'assister à un miracle politique : celui d'une réélection que tous pensaient impossible mais à laquelle je croyais dur comme fer. J'avais tort, je n'étais peut-être pas la seule. Toujours est-il que j'ai finalement pu être le témoin, en dessin, de quelque chose de plus rare, d'un peu hors sol, et d'étonnamment plutôt joyeux malgré son nom : une fin de règne.

Avis :

Pour la première fois cette année, j'ai assisté au festival Quai des Bulles à Saint Malo. Je ne suis pas très familière du monde la BD mais en allant à ce festival je ne pouvais rêver mieux ! 

J'ai découvert Louison à travers Instagram. J'ai toujours beaucoup aimé ses dessins qui sont très percutants et toujours bien trouvé. Lors de la mort du petit Aylan, elle avait fait un dessin absolument magnifique et extrêmement émouvant.
Pour parler du style de Louison, il me fait un peu penser à celui de Mathou. Même si l'une fait de l'actu et l'autre est plus dans le quotidien, elles cherchent le plus souvent à faire rire. De plus leurs dessins sont très colorés. Tout est joyeux et lumineux !

Ce livre est le premier pour Louison. Elle parle de son expérience au sein de la Présidence de la République, sous François Hollande. Pendant son mandat elle a pu le suivre lors de plusieurs déplacements et passer des moments seule avec lui où ils ont pu échanger sur tout un tas de sujets.
On suit ce qu'elle a vécu depuis Janvier 2015 jusqu'à la fin du mandat de François Hollande. 

Elle raconte chaque déplacement auxquelles elle a pu participer en partant de son point de vue. Ce qui est le plus intéressant ce sont bien sûr les moments qu'elle passe avec le président. On voit naître entre eux une certaine complicité qui évolue au fur et à mesure des événements. Louison n'étant pas journaliste, elle ne pose pas les mêmes questions même si elle reste un peu curieuse. Elle n'est pas intrusive ou agressive comme le sont certains journalistes. Elle le respecte trop pour en arriver là. 
Elle raconte aussi comment est né ce livre qui à la base ne devait pas ressembler exactement à ça. 
Il y a à la fois de la joie et un peu de tristesse dans ce livre selon les événements. Certaines scènes sont vraiment très drôles comme celle où elle cherche sous quel pseudo enregistrer le numéro de portable de François Hollande.

Même si on n'est pas pour François Hollande, on ne peut pas s'empêcher de rire ou d'être touché par ce qu'elle nous raconte et surtout comment elle le raconte.

Avec Louison on voit un François Hollande complètement différent. Il devient plus humain, plus drôle. Le lien qui se crée entre eux est très intéressant. On sent un respect mutuel entre les deux.

Ce livre c'est donc un gros coup de cœur ! 

Pour un premier livre, c'est une réussite ! J'espère que nous aurons l’occasion de lire d'autres livres de cette jeune dessinatrice talentueuse et pétillante !!

Rencontre à Quai des Bulles 2017 avec Louison

(Moi, Bob Garcia et Louison)


Editions : Marabout "Marabulles" - Date de sortie : 18 Octobre 2017 - 144 pages

mercredi 1 novembre 2017

Une histoire des abeilles par Maja Lunde


Résumé

Un triptyque écologiste qui raconte l'amour filial à travers le destin des abeilles.
Angleterre, 1851. Père dépassé et époux frustré, William a remisé ses rêves de carrière scientifique. Cependant, la découverte de l'apiculture réveille son orgueil déchu : pour impressionner son fils, il se jure de concevoir une ruche révolutionnaire.
Ohio, 2007. George, apiculteur bourru, ne se remet pas de la nouvelle : son unique fils, converti au végétarisme, rêve de devenir écrivain. Qui va donc reprendre les rênes d'une exploitation menacée par l'inquiétante disparition des abeilles ?
Chine, 2098. Les insectes ont disparu. Comme tous ses compatriotes, Tao passe ses journées à polliniser la nature à la main. Pour son petit garçon, elle rêve d'un avenir meilleur. Mais, lorsque ce dernier est victime d'un accident, Tao doit se plonger dans les origines du plus grand désastre de l'humanité.

Avis :

La première chose qui m'a attirée vers ce livre, c'est sa couverture. Cette couleur et ce graphisme sont une vraie réussite.
C'est une lecture que j'ai eu la chance de faire grâce à NetGalley et aux Editions Les Presses de la Cité.

Dans ce livre nous avons trois histoires à trois périodes différentes. Ces périodes ont toutes un point commun : les abeilles.
A chaque période on suit un personnage différent. On alterne bien entre les différentes époques et personnages sans trop se perdre. Tout le rythme du livre est là. L'auteur arrive à tenir un certain suspense plus on avance dans l'histoire.

En 1851, en Angleterre, on suit William. Il est père de famille et tenait un magasin de semences. Avant cela il travaillait avec un professeur éminent mais pour subvenir aux besoins de sa famille il a du mettre cela de côté. Cela n'a pas été sans conséquence sur sa vie car il souhaitait avant tout devenir un grand scientifique. A cause de cela il tombe dans une profonde dépression et sa famille va en subir les conséquences. Mais un jour il retrouve goût à la vie grâce à l'apiculture.
Ce personnage est assez complexe. On le sent toujours fragile même quand il reprend goût à la vie. La relation qu'il a avec sa famille et surtout avec son fils est très instable.
Grâce à lui on découvre comment à l'époque les scientifiques ont travaillés pour comprendre les abeilles. 

En 2007, Ohio, on suit Georges. C'est un apiculteur de père en fils. Il vit avec sa femme dans une ferme. Son fils vient le voir de temps en temps. Son père espère qu'il deviendra lui aussi un apiculteur mais son fils a d'autres projets. La relation du père et du fils est au centre de cette histoire. Cela donne un caractère encore plus actuel à cette histoire. Cet homme est égoïste. Il ne vit que pour ses abeilles et espère que sa famille va le suivre. Il est donc très souvent agaçant dans ses réactions. Mais c'est un passionné, il n'a connu que cette vie avec les abeilles. On sent quand même qu'il peut évoluer car il prend conscience qu'il doit changer sa manière de faire.
Georges va être confronté aux premiers effets du changement climatique sur les abeilles. 

En 2098, en Chine, on suit Tao. Elle vit avec son mari et son fils. Ils travaillent tous les deux pour la pollinisation. Un jour lors d'une balade, son fils tombe malade. Tao et son mari ne savent pas ce qui arrive à leur fils ni où il est hospitalisé. Tao, qui rêvait d'une autre vie, va décider de tenter le tout pour le tout et partir à la recherche de son fils. En partant à la recherche de son fils, elle va découvrir ce qui arrive à son pays mais aussi comprendre pourquoi ils en sont arrivés là et par la même occasion comprendre ce qui est arrivé à son fils.
Ce personnage est celui que j'ai le plus apprécié. Malgré tout ce qui lui arrive, elle ne perd jamais espoir. Ce personnage force l'admiration.
Avec Tao, on voit les conséquences de la disparition des abeilles. Avec elle aussi, on fait un retour en arrière qui nous éclaire sur le passé et le présent qui nous sont racontés dans le livre. Elle fait le lien entre les différentes époques. L'époque de Tao est celle de la survie.

Ce livre est un conte philosophique. On suit à travers trois époques l'étude des abeilles puis les premiers effets du changement climatique sur les abeilles et enfin les conséquences direct/ la survie. Il est aussi question de la famille. A travers chaque époque on voit qu'elle est abordée de manière différente. Dans le passé et le présent, on voit qu'il est question de la succession alors que ce n'est absolument pas le cas dans le futur. Nos trois personnages sont soucieux du bien être de leur famille chacun à leur façon.
La lecture de ce livre est plutôt intéressante. Mais il y a cependant des longueurs. Les pensées des personnages sont très développées et donc leur histoire avance très lentement. Pendant une bonne partie du livre on ne sait pas trop où l'on va dans les différentes époques. Il faut de la patience pour comprendre qu'il y a des liens entre les époques.
Mais l'auteur arrive à garder notre intérêt car plus arrive la fin approche plus on comprend certaines choses qui relient les différentes époques. C'est assez surprenant mais cela donne un sens à ce livre.

Ce n'est pas un coup de cœur mais une lecture plutôt agréable avec un très beau message qui donne à réfléchir. Il plaira à ceux qui ont une sensibilité écologique et il poussera peut être certains à prendre conscience de ce qui pourrait nous arriver si on ne change pas notre comportement.

Edition : Les Presses de la Cité - Date de sortie : 17 Août 2017 - 400 pages